Livre 150e , p.166 à 370


Livre 150e de Princeville, Volume 1 , par Claude Raymond (suite)

 

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L'implication municipale sous diverses formes

Depuis toujours, dans la mesure de ses moyens, la Municipalité a tenté de mettre en place des conditions favorables à l'implantation d'entrepri­ses. Rappelons-nous la location en 1872, à des conditions des plus avan­tageuses du Collège commercial à un groupe d'investisseurs désireux d'y établir une manufacture de chaussures. Et ce n'est là qu'un geste parmi d'autres. En fait, cette volonté de par­ticiper au développement industriel s'est constamment manifestée, entre autres, sous forme de subventions, de souscriptions au capital, d'exemption de taxes et de prêts industriels.

En 1905, par exemple, le conseil votait une somme de 15 000 $ pour aider au démarrage d'entreprises. Ces fonds ont-­ils effectivement été utilisés à ce moment? Apparemment non; l'intention n'en est pas moins là. À preuve, quelques années plus tard, la Manufacture de chaises de Nadeau et Boisclair touchera pendant plusieurs années un « bonus municipal » parce qu'elle maintient un minimum de 25 emplois.

Dans un autre ordre, Princeville et Princeville paroisse n'ont hésité à souscrire au capital de l'Abattoir coopératif. Il reste que ce que Von voit le plus souvent au début c'est l'«exemp­tion de taxe » que la municipalité accorde pour des périodes variant de cinq à vingt ans. L'Abattoir est de ces entreprises qui en ont bénéficié.

En 1919, les choses vont changer. La loi va interdire aux municipalités de venir en aide aux établissements industriels ou commerciaux. Aussi, faudra-il atten­dre 1955 avant de revoir une initiative du genre. Cette fois, le fait témoigne d'autant de la volonté du conseil de venir en aide aux entreprises qu'il s'agit d'un traitement de faveur qu'il vient d'arracher au gouvernement relative­ment à l'établissement d'un fonds indus­triel dix ans avant la plupart des muni­cipalités du Québec. Voici comment tout ça s'est passé.

Depuis 1919, aucune municipalité ne peut venir en aide à ses industries. Cependant à partir de 1941 plusieurs font pression sur le gouvernement pour obtenir une loi spéciale afin d'y arriver. Soixante et onze municipalités, dont Princeville, y parviendront avant que ne soit promulguée la Loi des fonds industriels en 1961 qui offre cet avantage à tout le monde. Laissons l'ex-secrétaire de la municipalité, M. Cloutier, nous faire le récit des événements :

Tout ça est arrivé en même temps que l'implantation de la taxe de vente qui forçait la municipalité à s'entendre avec Victoriaville sur le partage de ladite taxe. Comme les autres municipalités des environs, nous n'étions pas d'accord avec la formule proposée par cette dernière On s'est donc rendu à Québec pour trouver une solution avec le ministre; c'était Daniel Jonhson père. Le maire Jutras, qui tenait mordicus à sa formule de partage, a fini par gagner. C'est là que M. Jonhson nous a dit que nous ne repartirions pas les mains vides et qu'il nous accordait le fonds industriel que nous demandions depuis longtemps et qu'on nous avait refusé jusque-là18.

Du coup, la municipalité obtenait l'au­torisation de constituer un fonds industriel de 75 000 $. L'idée de celui-ci avait surgi quand l'industriel Paul de Villers, appuyé par Lionel Baril, avait sollicité l'aide municipale pour main­tenir son entreprise de contreplaqué; ce qui lui fut accordé :

Ce règlement prévoit l'em­prunt de la dite somme de 32 500 $ pour l'achat d'une par­tie de la manufacture de Paul De Villers & Fils inc. pour la revendre à Lumber Product & Export Ltd 19.

La Loi des fonds industriels a été rem­placée en 1984 par la Loi sur les immeubles industriels municipaux dont se prévaut Princeville. Globalement, depuis cette date, la municipalité fixe par règlement le montant qu'elle peut dépenser pour l'acquisition d'im­meubles à des fins industrielles.

 

 

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de le constater la lecture des trois encadrés suivants : « L'im­plication municipale sous diverses formes “, « La création du parc industriel » et « Un commissaire industriel “.

La création d'un fonds industriel en 1955 et l'établissement d'un parc industriel quelque dix années plus tard n'en rappellent pas moins cette détermination. Du reste, inscrites dans la foulée de l'es­sor nouveau qui prévaut à ce moment, ces deux initiatives mar­quent un tournant du développement industriel dans la mesure où elles favorisent l'implantation d'une infrastructure jusque-là inexis­tante.

Les développements depuis l'avènement du parc industriel jusqu'à nos jours

En 1966, on comptait à Princeville une quinzaine d'entreprises industrielles. Trente ans plus tard, soit en 1996, le relevé de la Corporation de développement économique de l'Érable (CDEE) en dénombre 49 qui emploient plus de 2000 personnes, un sommet inégalé.

Fait à signaler, 36 de ces entreprises ont été ouvertes après 1980 et près d'une vingtaine (19) après 1990. Autrement dit, dans les seize dernières années, le parc industriel s'est pratiquement renouvelé au grand complet. En outre, parmi les entreprises en place en 1996, seulement quelques-unes ont franchi le cap des 50 ans. Parmi celles-ci : la doyenne Olymel, dont les origines remontent en 1915 avec la fondation de l'Abattoir, la Société Coopérative Agricole (1944), spécialisée en quincaillerie et dans la vente de grains, la Menuiserie Desharnais (1945), d'abord établie comme fabricant de portes et châssis et, enfin, les Tricots Duval if Raymond (1944).

Cela dit, l'examen des relevés industriels des trente dernières années démontre que l'industrie princevilloise a aussi connu ses creux. Ainsi, comme bien d'autres, la récession des années 1980 l'a malmenée, moins cependant que ce que l'on cons­tate à l'échelle du Québec à ce moment. Par contre, elle sera davantage secouée au début des années 1990.

Ainsi, entre 1989 et 1990, pas moins de 500 emplois seront perdus. Ce qui se passe, c'est que le secteur des embarcations de plaisance est en difficulté et perd deux de ses piliers : Peterborough (67 emplois) et Prince Fib (Bateaux Sunray) qui embauchaient 186 personnes. Le meuble est aussi frappé de plein fouet. Du coup, quand sonne la fermeture de Meubles Princeville, nous assistons  (suite page 170)

 

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La création du parc industriel

La première fois que la Ville a eu recours à un emprunt dans le cadre du fonds industriel, c'était pour porter assistance à une entre­prise fragilisée, en l'occurrence Paul de Villers & fils. Elle rappliquera en 1965 quand elle souhaite emprunter 50 000 $ pour l'implan­tation d'un parc industriel.

Plus exactement, le projet se présente en septembre 1965. À ce moment, le conseil annonce que M. Louis Houde, représentant du ministère de l'Industrie et du Commerce, « viendra rencontrer les membres du conseil pour discuter de l'opportunité de la création d'un parc industriel ». Un mois plus tard, soit à la séance du 21 octobre, on apprend qu'il ne manque plus pour procéder que l'approbation de la Commission municipale du Québec qui doit approuver l'achat du terrain requis. En janvier de l'année suivante, on obtiendra ladite appro­bation.

Au début, comme le rapporte l'ex ­secrétaire-trésorier André Cloutier, on avait d'abord pensé implanter le parc industriel au nord de la municipalité. Cette idée était apparue dans le cadre de l'implantation de la « Coopérative agricole de Granby» dans le secteur. On suggéra également son aménage­ment au sud du boulevard Baril où, de l'avis de M. Cloutier, le développe­ment résidentiel était davantage problématique. À la fin, cependant, on opta pour l'emplacement actuel au nord du boulevard Baril. On procéda à l'achat des premiers terrains. Évidemment, depuis cette date, le ter­ritoire a été agrandi à maintes repri­ses. Mais aucun de ces agrandisse­ments du parc industriel n'a fait couler autant d'encre, n'a fait autant de bruit, que celui mettant en cause le lot 13C. Le lot « 13C », qui représente grosso modo le triangle formé par le boulevard Carignan Ouest, le boulevard Industriel et la rue Boulet, était à l'intérieur des limites de la paroisse, d'où une partie du problème. Mais, ce n'est pas à celle-ci que l'on doit la polémique qui s'ensuivit. En réalité, la compli­cation venait du fait que le territoire visé était situé en « zone verte », c'est-à-dire protéger par le décret délimitant la zone agricole de Princeville. Or, pour y agrandir le parc industriel, il fallait obtenir au préalable le dézonage dudit lot, ce qui n'allait pas de soi.

Cela dit, l'histoire s'enclenche au début des années 1980 quand l'espace réservé à l'implantation d'industries dans le secteur sud-ouest de Princeville ne suffit plus. II faut procéder à un agrandissement. L'expansion du côté des espaces adja­cents (le lot 13C) semble une avenue toute tracée. Toutefois, il s'agit d'un

territoire situé en zone verte, comme on vient de le voir, et, au surplus, dans la municipalité voisine.

Pour contourner le problème, le conseil en place, dirigé par la maire Regina Saint-Hilaire, envisage le développement d'un nouveau pôle industriel dans le secteur nord-est, à proximité de l'usine REMEQ, 391 rue Saint-Jean-Baptiste Nord où justement, à l'origine, on prévoyait le parc. Mais les manufacturiers du secteur sud-ouest ne sont pas d'ac­cord : ils désirent rien de moins que l'annexion et le dézonage du lot 13C. Voilà, tous les éléments sont en place, la saga du lot 13C peut commencer. Une saga qui oppose d'un côté un groupe de promoteurs ayant à leur tête J. Maurice Talbot, ex-maire, et de l'autre, toute une armée d'opposants : le conseil de la Paroisse, celui de la Ville, la maire Regina Côté Saint-Hilaire, l'Union des producteurs agricoles (UPA) et la Commission de protection du ter­ritoire agricole du Québec (CPTAQ). Les promoteurs industriels sont les premiers à poser un geste. Dans un premier temps, ceux-ci obtiennent une promesse de vente de Jean­-Marie Girouard, propriétaire du lot convoité, en faveur de la Corporation de développement économique des Bois-Francs ou de la Ville de Princeville, ladite

 

 

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promesse spécifiant le nom des deux acheteurs potentiels. Quatre jours plus tard (juin 1983), le groupe dépose devant le conseil, lors d’une séance spéciale, une requête signée par 21 promoteurs et industriels 20. Le groupe désire que le lot 13C soit dézoné pour permettre l'expansion du parc indus­triel. Le conseil refuse en pro­posant aux signataires de s'adres­ser eux-mêmes à la CPTAQ.

À la séance du 5 juillet, c'est au tour du propriétaire du lot d'intervenir. M. Girouard demande que son terrain soit annexé à la Ville. Quelques semaines plus tard, son à la séance du 6 septembre, le conseil de Princeville décide plutôt d'attendre la réponse de la CPTAQ avant de se prononcer sur le règlement d'annexion.

Puis surviennent les élections de novembre 1983 qui opposeront l'ex-maire Talbot et la maire, Mme Côté Saint-Hilaire. L'enjeu de la campagne est clair : le site désigné pour l'expansion du parc industriel. La lutte sera vive. Finalement, Mme Côté Saint-Hilaire perdra par une faible marge, ce qui l'incitera à demander un recomptage qui aura effectivement lieu. Rien n'y fit. Les résultats sont confirmés, le sort en est jeté. Aussitôt élu, le maire Talbot intervient et à la séance du 18 novembre 1983, on adopte le règlement numéro 379-83 décrétant l'annexion, sans condition, du lot 13C.

Si la Paroisse ne s'oppose pas à ce moment (séance du 21 novembre 1983A le maire Fernand Rivard indique tout de même qu'il « ne trouve pas normal que la munici­palité donne du terrain et perde des taxes sans rien obtenir en contre partie ». C'est une première brèche. Celle-ci s'agrandira à la séance du 12 novembre 1984 quand, à la veille des audiences publiques organisées par la Commission des affaires municipales sur le projet d'annexion, le conseil de la Paroisse demande un moratoire.

Le 5 février 1985, le ministre des Affaires municipales informe le con­seil de Princeville que la Commission est favorable à l'an­nexion du lot 13C. Il ne rendra toutefois sa décision qu'après celle de la CPTAQ. Le conseil de la paroisse, à la suite d'une résolution en date du 3 juin 1985, intervient donc auprès de l'organisme pour lui exprimer sa ferme opposition.

En fin de compte, le dossier reviendra devant la CPTAQ à trois reprises (dont 2 échecs en juillet 1985 et en avril 1986) avant de recevoir, en octobre 1986, un avis favorable autorisant un dézonage partiel. C'est gagné, le reste sui­vra peu de temps après. Auparavant, le maire Talbot avait savouré une première victoire soit celle de l'annexion acceptée le 19 juillet 1986 (parution Gazette offi­cielle). Désormais, ne reste plus qu'à conclure l'achat des terrains dont les titres sont passés aux mains des « Placements Jean-Luc Boulet inc. » (contrat notarié le 3 octobre 1986 devant Hervé Boudreau) pour satisfaire l'ancien propriétaire et donner à la Ville le temps d'attendre une décision favorable de la CPTAQ. Cette dernière était un préalable à la transaction.

La bataille aura donc duré trois ans. Trois ans de rebondissements et de luttes très vives entre les antago­nistes. Pour tout dire, l'annexion du lot 13C aura été « le » dossier de l'époque.

 

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ni plus ni moins qu'à l'extinction du complexe industriel fondé par Lionel Baril et qui gravitait, à l'origine, autour de Princeville Furniture alias la Manufacture de chaises. Le secteur du textile n'y échappera pas non plus en perdant au cours de cette période une centaine d'emplois.

La structure industrielle à l'aube des années 2000

Au reste, si le parc industriel s'est pratiquement renouvelé au cours des dernières années, on est en droit, à l'aube des années 2000, de se demander ce qu'est devenu le tissu indus­triel en tant que tel.

Pour commencer, le bois et le vêtement ne comptent plus que pour 20 % des emplois industriels générés. C'est un changement radical. Le nautisme, par ailleurs, qu'on voit apparaître en 1954, a fait des gains appréciables après avoir été menacé au plus haut point. En 1996, il représen­tait 21 % du marché de l'emploi industriel. Au-delà, le fait marquant qu'il faudra retenir est l'importance qu'a pris le secteur de l'alimentation depuis la création de l'Abattoir coopératif en 1915. Désormais, près de 40 % de la main­-d'oeuvre industrielle de Princeville travaille dans le secteur de l'alimentation.

 

Un commissaire industriel

P armi            les          gestes   posés    par          la Municipalité pour favoriser l'im­plantation d'entreprises, notons la nomination d'un commissaire indus­triel et l'adhésion à des organismes de promotion, en l'occurrence la Corporation de développement économique des Bois-Francs (CDEBF) et la Corporation de développement économique de l'Érable (CDEE).

Cela dit, le premier commissaire indus­triel pourrait bien être cet agent de pro­motion que la municipalité acceptait de rétribuer en 1915 en fonction des entre­prises qu'il amenait sur le territoire. Cependant, compte tenu que ce dernier faisait davantage figure de prospecteur intéressé à tirer profit de l'implantation d'entreprises, n'importe où au Québec, il ne serait pas sérieux de le considérer en tant que tel. En réalité, le premier commissaire indus­triel a été nommé par le conseil de Princeville en janvier 1966.

L'homme était tout désigné. À lui seul il possédait plus de la moitié des indus­tries de l'endroit. Quant au reste, il demeurait en grande partie lié de près ou de loin à leur implantation. Le choix est donc tout aussi incontour­nable qu'indiscutable : le conseil nomme Lionel Baril.

Considérant que M. Baril n'a pas atten­du sa nomination pour contribuer à l'é­panouissement industriel de Princeville, on pourrait croire qu'il s'agit tout sim­plement d'une nomination ayant pour but d'exprimer la reconnaissance. Sans doute y a-t-il un peu de ça. Toutefois, comme d'autres nominations la sui­vront, celle de Louis-David Paré, entre autres, il faut également y voir l'inten­tion bien arrêtée du conseil municipal d'organiser au mieux le développe­ment industriel, un peu dans la même veine que la création du fonds indus­triel et l'établissement du parc industriel. Cela dit, un an après la nomination de Lionel Baril, la municipalité est invitée à joindre les rangs du Conseil économique des Bois-Francs. Elle refusera. En fait, la première adhésion du genre que nous ayons repérée remonte à 1978, quand la Ville devient membre de la Corporation de développement économique des Bois-Francs. Elle y restera associée jusqu'en 1986. À cette date, se trou­vant « insatisfaite du rôle et du travail que la Corporation a fait pour les industries de Princeville[...] en com­paraison avec la participation finan­cière que la ville a versée (PVM, 3 novembre 1986), elle choisit de se retirer. Éventuellement, elle nom­mera Mario Juaire, l'actuel secrétaire­-trésorier de la Ville, au poste de com­missaire industriel à temps partiel. Puis, en décembre 1991, elle s'as­sociera à la Corporation de développement économique de l'Érable.

Mise à part son appartenance à la CDEE, la Ville a également adhéré à l'Association touristique du Coeur du Québec et est membre de « Tourisme Érable » depuis 1993.

 

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C'est une raison de plus pour saluer le travail d'un homme à qui la population doit énormément :

Émile Bélanger. Rappelons que c'est lui qui a pris en main en 1976 une entreprise menacée de fermeture et qui en a fait une industrie rentable et dynamique, au surplus, une industrie qu'on ne peut en aucune manière dissocier de la prospérité de la municipalité depuis sa fondation.

Un dernier mot avant de conclure sur l'histoire industrielle. L'activité des dernières années a été des plus efferves­centes, ce qui a permis à la municipalité de rafler le titre de « Ville industrielle de l'année en Mauricie - Bois-Francs », décerné par l'Association des manufacturiers du Québec en 1994. À ce titre, pour encourager encore davantage le mouvement, la Ville s'est engagée à poursuivre la diversi­fication de son tissu industriel.

Cette philosophie a ainsi favorisé l'émergence de nouvelles entreprises telles : Guitabec (1996), un fabricant de guitares qui emploie plus de 90 personnes et Intral (1993), un fabricant de fil « aluminium-acier » utilisé par Hydro-Québec. Dans ce dernier cas, la venue de l'entreprise pourrait marquer le début d'une ère nouvelle pour la petite municipalité. Intral, comme l'expliquait le maire André Pellerin au moment de l'annonce de sa création en septembre 1993, « c'est beaucoup plus qu'une trentaine d'emplois. C'est avant tout une technologie de haute pointe qui permettra non seulement le développe­ment de l'entreprise mais également celui des entreprises environnantes ».

Et le commerce

Pendant ce temps, le commerce est demeuré florissant sur le territoire des deux municipalités. Ainsi, en 1997, date du dernier relevé disponible21, on dénombrait tout près d'une centaine d'entreprises qui couvraient la plupart des services et produits dont a besoin la population. On comptait, entre autres, deux épiceries dont une particulièrement importante, deux quincailleries, trois bars, un complexe hôtelier, cinq restaurants, un golf et deux pharmacies. Si l'on ne retrouve plus d'avocat et d'architecte, on compte néanmoins un notaire et deux cliniques médicales.

 

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L'agriculture

En début de chapitre, nous avons glissé un mot sur l'agri­culture pour mentionner que c'est précisément l'ambition de cultiver la terre qui a amené les premiers colons sur le territoire. À ce titre, l'économie agricole a donc été la pre­mière à s'imposer. Depuis, elle a traversé différentes épo­ques que l'on pourrait identifier de la façon suivante : l'agri­culture de subsistance, l'agriculture marchande et la pro­duction agricole.

L'agriculture de subsistance se maintiendra jusqu'au début du XXe, siècle. Elle consiste à cultiver la terre et à entretenir un cheptel dans le but de se nourrir. Le profil des fermes de l'époque s'accole donc à cette réalité. Le cultivateur élève un peu de tout (moutons, vaches, cochons, poules...) et cultive un peu de tout (blé, avoine, orge, seigle...). On fait sa terre l'été :

on éroche, on essouche à force de bras. Tous s'y mettent, les parents comme les enfants.

Portrait en 1871

La lecture du recensement de 1871 nous fournit un excellent portrait de l'époque. D'abord, on dénombre, à ce moment, 243 propriétaires. L'ensemble de ceux-ci occupent 25 633 arpents de terre dont près de 9716 sont en terre améliorée et 3498 en pâturage.

Ils y cultivent les grains, les « racines (patates, carottes, bet­teraves), le tabac et le lin. Du côté des grains, en termes de volume la culture de l'avoine est la plus importante. Elle représente plus de 70 % de la culture. En fait, tout le monde

 

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s'adonne à la culture de l'avoine. II en est de même pour le blé, dans un moindre volume toutefois, celui-ci ne dépassant guère les 15 % du volume total des grains cultivés. Cela dit, plus de la moitié des cultivateurs de l'époque cultivent les pois, le sarrasin, le blé d'Inde, le lin et le chanvre. Un sur quatre s'adonne à la culture de l'orge et plus de 36 %, à la culture du tabac. Enfin, tout le monde produit des patates.

Du côté du cheptel, il est intéressant de constater qu'à l'ori­gine l'élevage du mouton était omniprésent sur le territoire. Plus précisément, on dénombrait 2496 sujets pour un cheptel total de 4854 têtes. Viennent ensuite par ordre d'importance, le cochon (669 sujets), la vache laitière (630), les autres bovins (572), les chevaux et poulains (351) et le boeuf de travail (136). Nous n'avons pu observer de données relatives à la volaille, mais il est évident que chaque cultivateur à cette époque a son poulailler, dont l'entretien est souvent le lot des enfants.

Dans un autre ordre, l'entretien du cheptel a permis, toujours selon le recensement de 1871, d'abattre aux fins de boucherie 612 moutons, 537 cochons et 99 sujets autres. Selon ce qu'indique le recensement, un certain nombre de ces animaux auraient pu être abattus en vue de l'exportation au-delà des limites de la municipalité. Malheureusement, il ne nous a pas été possible de vérifier si tel a été le cas et, si oui, dans quelle proportion. Ce qu'on peut dire, c'est que dès le début du siè­cle, on a effectivement dirigé des sujets sur le marché extérieur. À ce moment, le bétail était expédié par train :

Les animaux à vendre en vie arrivaient en marchant à pleine rue depuis les paroisses voisines pour être chargés dans les chars de freigt [sic] ajourés. Les enfants suivaient les animaux jusqu'à leur arrivée dans le clos près de la voie ferrée où plusieurs chars les attendaient 22.

Enfin l'activité économique agricole en 1871 a permis de pro­duire 33 000 livres de beurre, 4926 livres de laine, 115 livres de miel, 8738 verges de flanelle et autres chiffons de laine et 5704 verges de toile. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, à cette date, il n'y a qu'une minorité de cultivateurs qui s'adonnent à la production du sucre d'érable.

On traitait un peu de four­rure, entre autres, à partir du rat musqué dont 249 ;

ont été abattus en 1871, du renard, du vison, de la martre et d'espèces autres non précisées mais pour lesquelles on indique que 154 bêtes ont été abattues.

` L'agriculture marchande en voie de s'imposer

Au début du XXe siècle, la majorité des cultivateurs s'en tiennent encore au modèle traditionnel. Toutefois, l'agriculture marchande est en voie de s'imposer. Ainsi, diverses

 

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spécialités pointent à l'horizon. II faut dire que la guerre de 1914-1918 a incité les cultivateurs à pro­duire pour le marché et à améliorer leur façon de faire. L'éducation des coopératives et la législation ont aussi contribué à l'épanouissement de cette men­talité tout comme la propagande en ce sens des cer­cles agricoles et des agronomes.

À Princeville, les cultivateurs sont, en outre, amenés à réfléchir sur la question à partir d'exemples qu'ils ont sous les yeux : la porcherie expérimentale construite par l'Abattoir en 1917 23 pour développer des lignées de reproducteurs et la ferme avicole dirigée apparem­ment par le frère Liguori.

 

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II y a également les conférences que donne, entre autres, le pre­mier agronome du comté M. Henri Lauzière (1918-1929). C'est à ce moment que l'on a commencé à parler de drainage, de chaulage, de fer­tilisation et d'amélioration de semence. Du coup, peu, à peu on délaissera l'élevage et la production multiple. Le proces­sus ne s'opérera toutefois pas radicalement. II faudra un cer­tain temps, comme en témoignent les exemples d'Alphonse Baillargeon « (voir encadré De 1947 à 1966 à travers trois exemples ») et d'Antonio Sévigny avant que l'on aban­donne la production diversifiée et que l'on se concentre dans une spécialité ou une autre.

D'hier à aujourd'hui

Autrefois, on pouvait acheter une vache pour 8 à 10 dollars. Aujourd'hui, en bas de 2000 $, la chose ne paraît guère possible. Sans compter qu'il ne semble plus y avoir de limite quant au prix que peut atteindre un sujet, certains s'étant vendus dernièrement dans la région pour plus de 100 000 $.

Le volume produit n'a plus rien de comparable également. Au début du siècle, une bonne laitière produisait 22 à 23 kilos de lait par jour (50 livres). La production actuelle varie entre 55 et

60 kilos. En ce sens, un peu avant la guerre, suivant les témoignages recueillis, la « paie de lait représentait environ un dollar aux quinze jours par productrice, soit un revenu moyen annuel inférieur à 2000 $. En 1996, une bonne ferme laitière génère, sans trop de mal, des revenus supérieurs à 150 000 $ à partir d'une production dépassant les 275 000 kilos.

Au fil du temps, l'équipement a égale­ment beaucoup changé, à commencer par les bâtiments. Ainsi, au début du siècle, une étable était fabriquée de pièces de bois rond, équarries et déposées l'une sur l'autre avec de l'étoupe et du mortier entre chacune des pièces. Le nombre de fenêtres était limité. Le plafond ne dépassait guère 2,5 mètres (7 à 8 pieds). Quant au plancher, avant que le ciment ne fasse son entrée, dans les années 1930, on le construisait d'épinette rouge qui laissait filtrer le purin et s'imprégnait de son odeur. Enfin, comme il n'est pas ques­tion d'électricité, on ne parle à ce moment ni de trayeuses ni d'écureurs automatiques.

 

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À ce titre, tout disposait les cultivateurs de l'endroit à la production porcine. La présence de l'Abattoir et de la porcherie expérimentale située à proximité avait tout d'un incitatif majeur. Aussi, certains se laissèrent courtiser. Malgré tout, la production porcine n'arriva pas à s'im­poser et disparut à la fin des années 1960 avant d'apparaître à nouveau au recensement de 1996 où l'on note la présence de 1350 sujets.

L'aviculture n'a guère suscité plus d'in­térêt bien que, de toute évidence, elle se soit toujours pratiquée sur le territoire. Le premier producteur agricole à en avoir fait une spécialité semble avoir été André Desharnais qui, en 1973,

 

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entretenait 6000 pondeuses dans le dixième rang Ouest. Son exemple n'a cependant pas été suivi. Et en 1996, son fils Donald, qui a pris la relève, demeure le seul producteur avicole de la municipalité.

Pour tout dire, seule la production laitière s'est imposée comme spécialité à Stanfold, et ce encore davantage à par­tir de 1935 sous l'influence de l'agronome Hector Béliveau. M. Béliveau ne parlait que de Holstein; c'était « sa » race. À son avis, aucune ne rapportait plus d'argent à son propriétaire. C'était à ses yeux la meilleure laitière, celle qui « fai­sait vivre son cultivateur ». Aussi, incitait-il les producteurs à assainir leurs troupeaux. Selon ce que racontent les agriculteurs qui l'ont connu, dont M. Baillargeon, l'a­gronome Béliveau suivait son monde comme ses propres enfants. II n'hésitait pas à sermonner les délinquants et il « bousculait » pour que chacun conduise bien sa ferme. Sa compagne des derniers jours, Pauline Gingras, dira de lui : « II fallait que les cultivateurs qui lui demandaient conseil les suivent, sinon ils ne pouvaient revenir à la maison ». D'après ce qu'il nous a été donné d'entendre au cours de nos entrevues cependant, ils sont nombreux ceux qui les ont suivis et qui attribuent une bonne part de leur succès à l'agronome.

 

État de la situation en 1961

En 1961, alors que s'est résolument enclenché le mouvement de spécialisa­tion, voici, selon Statis­tique Canada, à quoi ressemblait le tableau.

On dénombrait d'abord 173 fermes qui occupaient une superficie totale de 32 067 acres. Plus de 13 000 de celles-ci étaient en culture, en grande par­tie pour foin (4475) et pour l'avoine (3389). Le

 

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cheptel regroupait quant à lui 5543 sujets dont 3126 vaches laitières, 1809 porcs, 16 993 poules et poulets et 52 moutons. Fait à noter, le processus de mécanisation est loin d'être terminé à ce moment. Ainsi, pour ces 173 fermes, on dénombre 149 tracteurs, soit moins de véhicules qu'il n'y a d'installations, 10 moissonneuses-batteuses et 40 presses ramasseuses à foin. L’une d'entre elles, par ailleurs, ne dispose toujours pas de l'électricité.

1991 : une industrie qui génère des revenus de plus de 12 millions $

Entre le recensement de 1961 et celui de 1991, le nombre d'entreprises agricoles sur le terri­toire de la paroisse n'a cessé de diminuer, pas­sant de 173 à 107 exploitations dont 89 en cul­ture. L'importance de ce secteur d'activité n'en a pas moins progressé totalisant un actif de 38,9 millions de dollars et générant des revenus annuels de 12,5 millions de dollars.

La très grande majorité des entreprises réper­toriées, soit 65, oeuvraient en production laitière à partir d'un cheptel de 2971 vaches. La production d'animaux de boucherie occupait, par ailleurs, 15 exploitations agricoles. On note aussi 7 fermes déclarantes s'adonnant à la cul­ture. Pour le reste, on parle de « fermes déclarantes à spécialités diverses »..

Enfin, 4916 hectares sur 9363 possédés étaient en culture. On parle ici de la culture du foin cultivé (2350 hectares), de la luzerne (963 hectares), de l'orge (848 hectares), du maïs (261 hectares) et de l'avoine (203 hectares).

 

Réduction du nombre de fermes

E n 1941, un peu avant que ne s'accélère réellement la modernisation des exploitations agricoles, on dénombrait sur le territoire de Princeville et de Princeville paroisse 231 unités, soit 222 dans la paroisse et 9 au village.

À partir de cette date toutefois, leur nombre ne cessera de diminuer pour descendre sous la barre des 100 unités dans le recensement de 1996. En fait, l'hémorragie va surtout se faire sentir au cours des années 1960 et au début des années 1970 alors que le territoire perdra 65 installations, soit 37,5 % du nombre total à ce moment.

Dans les quinze ans qui vont suivre, c'est-à-dire de 1976 à 1991, la situation se stabilisera avec la perte nette d'une seule ferme. Cependant, l'effritement du parc agricole a repris depuis et en 1996, selon le recensement de Statistique Canada, il ne resterait plus sur le territoire que 95 installations.

 

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Pas facile de conserver le lait

La conservation du lait, avant l'avènement de l'électricité, n'avait rien de simple. On utilisait le puits (la solution la moins efficace) au fond duquel on déposait les bidons ou bien on le plaçait dans la cabane à glace. II s'agissait, en fait, d'un abri bourré de bran de scie où l'on empilait la glace que l'on avait faite pendant l'hiver. Incidemment, Paul-Arthur Baillargeon, 80 ans, ex-agriculteur, se rappelle que faire de la glace n'était pas chose simple non plus :

Nous faisions de la glace en janvier et février. II y en avait qui étaient équipés de scies pour ça. On faisait des blocs de 2 pieds carrés et dépendamment de l'épaisseur de la glace sur la rivière, de 10 à 20 pouces d'épais. 24

 


 

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De 1947 à 1966 à travers trois exemples

 

Au cours des années qui suivront la Deuxième Guerre mondiale, l'a­griculture québécoise va connaître une véritable mutation. Sa population qui formait près de 20 % de la population totale en 1951 passe à 5,6 % à la fin de 1971. La ferme traditionnelle disparaît définitivement pour faire place à de véritables entreprises spécialisées. Bref, le producteur agricole prend la relève du cultivateur.

Pour illustrer cette transition, nous vous présentons ici le cas de trois entreprises agricoles de Princeville paroisse qui se sont distinguées au cours de cette péri­ode dans le cadre du concours « Mérite agricole ». En l'occurrence, il s'agit de MM. Alphonse Baillargeon (1947), Antonio Sévigny (1962) et Paul-Arthur Baillargeon (1966).

Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés.

 

P.181 Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés.

P.182 et 183 Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés.

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Abrégé historique d'industries diverses

Les notes historiques que nous reproduisons ici ne sont pas le résultat d'une recherche spécifique, mais plutôt le fruit d'informations rencontrées en marge de la préparation du chapitre économique. En effet, nous aurions trouvé dommage de les ignorer compte tenu de leur pertinence. II faudra donc retenir qu'il ne s'agit pas d'une liste exhaustive d'entreprises et encore moins d'une liste triée sur le volet.

Abattoir  (Voir : « L'Abattoir, ou l'apparition d'un nouveau secteur d'ac­tivité " au chapitre « La vie économique “.)

P.186 Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés de mon site.

Ameublement Princeville (Voir : Princeville Furniture)

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La section Duval & Raymond a été déplacé sur la page Tricots

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P.194 Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés de mon site.

Owens Illinois (Voir: Commonwealth Plywood)

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P.199 Les textes ont été déplacés dans les pages appropriés de mon site.

 

 

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Au fil des événements

Introduction

Nous abordons maintenant l'organisation religieuse sur le territoire. Dans un premier temps, nous retracerons le fil des événements d'hier à aujourd'hui. Nous expliquerons à ce titre l'implantation hâtive de la structure religieuse à Princeville et à Princeville paroisse, puis nous passerons en revue les événements marquants de cette histoire dont la construction de la première chapelle, l'incendie de l'église, sa reconstruc­tion, l'avènement de la salle paroissiale et l'aménagement du nouveau cimetière.

Dans un second temps, nous traiterons, à travers diverses préoccupations, de l'influence de l'Église dans le milieu. Puis nous terminerons avec quelques notes biographiques sur cha­cun des curés.

La croix de chemin

Nous n'allons pas faire le portrait sociologique des colons qui ont ouvert le territoire. II n'empêche qu'il est essentiel de garder à l'esprit que ceux-ci portent en eux une tradition religieuse pro­fondément ancrée. D'autant que pour ces hommes et ces femmes, désorganisés civilement en même temps que menacés d'assimilation par les Anglais, l'Église deviendra d'une part, le seul réconfort moral possible et, d'autre part, une réponse à leur besoin inné de regroupement et de solidarité.

La conquête de terres nouvelles va encourager cette tradition dans la mesure où, isolés tant physiquement que moralement et soumis à l'âpreté de la tâche, les premiers colons auront plus que jamais besoin de ce réconfort et de cette solidarité. Aussi, iront-ils les chercher là où ils ont l'habitude de les pren­dre : dans la pratique religieuse. Ce qui explique que dès les premiers jours, on observe diverses manifestations à cet effet. Celles-ci se passent d'abord en l'absence d'un prêtre. En effet, avec seulement quelques colons, il est encore trop tôt pour parler d'établir une mission. Aussi, ceux et celles qui sont sur place se regroupent-ils autour d'une croix érigée à un endroit ou à un autre.

Au mois de juillet 1827, les braves colons de Blandford, se voyant privés de toute assistance religieuse les dimanches et les fêtes, plantèrent une croix sur le bord de la rivière Nicolet [...] '.

Le dimanche surtout était pour eux un jour d'ennui profond et de souvenirs qui devenaient tristes par la comparaison qu'ils faisaient du passé avec leur situation présente. Un grand nombre d'entre eux se réu­nissaient ce jour-là, au pied de la croix. C'était là qu'ils venaient déposer leurs peines et chercher une consolation à leurs souffrances'.

Le territoire est d'abord visité par des missionnaires

L'Église, déjà fort bien structurée à l'époque, a vite fait d'assigner aux nouveaux colons une ressource ecclésiastique. C'est ici que l'on parle de missionnaire. Le missionnaire est en fait un curé ou un vicaire provenant d'une paroisse du long du fleuve et à qui l'évêque, en l'occurrence celui du diocèse de Québec auquel appartient Stanfold à ce moment, demande de visiter les colons établis sur les terres nouvelles. Ici, un détail mérite d'être souligné : le qualificatif même employé pour désigner ces prêtres. Au pied de la lettre, un missionnaire est celui que l'on charge d'une mission. En matière de religion, toutefois, on ajoute à cette définition des connotations d'éloignement : un mission­naire est celui qui va prêcher en territoire éloigné. Aussi, mieux que tout autre, le terme employé témoigne-t-il, sinon de l'éloignement des Bois-Francs, du moins de la difficulté d'y accéder. Le premier curé désigné par l'évêque pour agir à titre de mis­sionnaire des Bois-Francs a été le curé de Gentilly, M. Gabriel Courtin. Celui-ci fit sa première visite le 28 février 1828, soit

 

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trois ans après l'arrivée de Charles Héon à Saint-Louis. C'est justement chez ce dernier qu'il s'arrêtera d'abord pour dire la messe. Maintenant, avant que l'on érige canoniquement la paroisse de Saint-Eusèbe-de-Stanfold, huit autres missionnaires prendront le relais : J. Déziel (1831), Thomas Pepin (1832), Michel Carrier (183Z-1836), Olivier Larue (1837-1840), Denis Marcoux (1840), Clovis Gagnon (1840-7844), Charles-Édouard Bélanger (1844-1845) et Édouard Dufour (1845-1848).

II y aura deux types de missionnaires : d'abord ceux qui oeu­vrent dans une paroisse du bord du fleuve et qui, occasion­nellement, rendent visite aux colons des Bois-Francs; puis, il y a les missionnaires résidents, c'est-à-dire qui habitent quelque part sur le territoire. Les six premiers cités plus haut, à l'ex­ception de Thomas Pepin, curé de Saint-Pierre-les-Becquets, étaient attachés à la paroisse de Gentilly. Quant au septième, Clovis Gagnon, il deviendra le premier missionnaire résident.

Installé à la mission de Somerset, le missionnaire Gagnon devait desservir Blandford, Stanfold, Arthabaska et Warwick. Autrement dit, c'était le seul prêtre pour cet immense territoire. II en fut ainsi jusqu'en octobre 1844, alors qu'on sépara en deux la mission de­venue trop populeuse. Désormais, la mission de Somerset n'allait plus regrouper que les dessertes de Blandford et de Stanfold. Du coup, le curé Gagnon prit la direction de Saint-Norbert tandis que Charles-Édouard Bélanger (voir encadré « Charles-Édouard Bélanger (1813 845) ») le remplaça à Somerset.

Essentiellement, le missionnaire devait visiter les colons et dis­penser les sacrements. II pouvait se déplacer à cheval mais, la plupart du temps, ses déplacements se faisaient à pied.

II [Clovis Gagnon] était obligé d'aller porter les secours de son ministère à des malades tantôt à Saint-Jules de Bulstrode [aujourd'hui Saint-Valère], tantôt à Saint-­Louis-de-Blandford, tantôt à la rivière Nicolet, tantôt dans les cantons d'Arthabaska et de Warwick. II lui fallait parcourir une étendue de plus de douze lieues, à travers la forêt et dans des chemins pour ainsi dire impossibles [...]. M. Clovis Gagnon a été considéré dans son temps comme le plus grand, le plus intrépide et le plus infatigable marcheur que nos cantons aient jamais porté'.

Comme nous l'avons mentionné, à l'arrivée des premiers mis­sionnaires, il n'existe ni chapelle ni église; le prêtre chante la messe à divers endroits. À Stanfold, avant la construction de la chapelle, on a ainsi célébré l'office chez Pierre Prince, à proximité de l'église actuelle (1996), chez Joseph Verville, sur le 16e lot du 9e rang Ouest, et chez Pierre Landry Bercasse, sur le 5e lot du 12e rang Est.

Six ans après Saint-Louis-de-Blandford et deux après l'arrivée d'Édouard Leclerc, Stanfold accueille son premier missionnaire (8 mars 1834) : le curé de Gentilly, Michel Carrier. Entre autres choses, celui-ci bénit la fosse de Laurent Héon décédé en 1833. - Bien que la chose eût été intéressante, nous ne sommes pas arrivé à situer avec exactitude l'emplacement de ladite fosse. Cependant, selon ce qu'en a raconté le curé Baillargeon dans son récit cité par Mailhot, il y a tout lieu de croire qu'il s'agissait du petit cimetière dans le 12e rang Est - .

De la première chapelle à la paroisse canonique

Quelques mois avant que ne soit nommé M. Bélanger, les paroissiens de Stanfold présentèrent une requête à l'évêque pour obtenir l'autorisation de construire. Comme il était de cou­tume à l'époque, le prélat mandata aussitôt un représentant, Louis Proulx, curé de Saint-Antoine-deTilly, pour visiter les lieux et lui faire rapport. Finalement, le 4 avril 1845, l'évêque acquiesça à la demande. L'été suivant la chapelle fut érigée.

Entre-temps (le 30 avril 1845), les paroissiens adressèrent une nouvelle requête à l'évêque demandant, cette fois, l'érection de la paroisse :

Ce considéré Monseigneur, ils vous supplient de vouloir bien ériger canoniquement en paroisse sous l'invocation de Saint-Eusèbe le territoire ci-dessus désigné se proposant, après avoir obtenu de votre Grandeur le décret ecclésiastique [...] de s'adresser à messieurs les commissaires pour mettre en opération

 

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dans le district de Trois-Rivières l'ordonnance de la 2e Victoria, ch. 29 afin de procurer à leur dite nouvelle paroisse une existence civile[...] 4.

Le mandat d'étudier la question fut à nouveau remis au curé Proulx. Les choses tardèrent cependant à bouger. Ainsi, le curé ne convoqua les paroissiens qu'à la fin de 1847 et les rencontra en janvier 1848. Suivant le rapport qu'il fit de la rencontre à l'archevêque, il se montrait favorable à ce que l'on consente à leur demande. C'est ainsi que la paroisse Saint-Eusèbe-de­ Stanfold fut canoniquement érigée par décret le 11 juillet 1848 5. À ce moment, ses limites empruntent celles de tout le canton avec au sud-ouest la Grande Ligne (route 162), au nord-est les limites de Somerset (Plessisville paroisse), au nord-ouest la ri­vière Bécancour et au sud-est la séparation d'avec le canton d'Arthabaska correspondant, en 1996, à un segment de la route 116. Ces limites, mises à part les altérations engendrées par les démembrements civils, furent modifiées à trois reprises. Une première fois, en 1870, quand les paroissiens de l'ex­trémité ouest du douzième rang passent à la paroisse Sainte­-Victoire; une seconde fois, en 1874, à la faveur de l'érection canonique de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes; et enfin, une troisième fois, après que les propriétaires du secteur Bellevue (l'extrémité est des rangs 4, 5, 6 et 7) eurent déposé une requête pour être rattachés à la paroisse Saint-Calixte, requête accordée par décret en 1909.

Antoine Racine, nommé le 4 octobre 1848, fut le premier curé de Saint-Eusèbe. II arrivait alors de la Malbaie où il était vicaire. Le premier registre conservé dans les archives de la cure remonte, quant à lui, au 8 janvier 1849. Enfin, le premier acte officiel a été enregistré le lendemain6,  soit le 9 janvier.

Que détient la Fabrique en 1848?

Lorsque le curé Racine prend à charge la nouvelle paroisse de

Saint-Eusèbe, celle-ci dispose d'un patrimoine paroissial bien modeste : une chapelle, un presbytère inachevé et un cimetière plus ou moins moribond.

 

4 Requête à Mgr Signay, archevêque de Québec, demandant l'érection en paroisse du Township de Stanfold, 30 avril 1845. Document conservé aux archives de l'évêché de Nicolet.

5 Le nom d'Eusèbe a été retenu, selon ce que raconte Charles-Édouard Mailhot dans le tome II de son histoire des Bois-Francs, en l'honneur de Louis-Eusèbe Richard (1817 - 1876), marchand de Stanfold apparemment fort apprécié de ses concitoyens. Sa dépouille repose dans l'église. Quant à saint Eusèbe, il s'agit de saint Eusèbe de Verceil qui mourut en exil en 371 après avoir combattu contre les ariens.

6 L'information qui suit est offerte à titre de piste de recherche pour les amateurs de généalogie et ne tient pas compte des réaménagements de greffes qui auraient pu intervenir jusqu'à aujourd'hui. Le curé Baillargeon, cité par Mailhot, note dans sa présentation que les différents actes relatifs à Stanfold en mars 1834 et décembre 1839 sont contenus dans les registres de Gentilly ou au greffe de Trois-Rivières. De janvier 1840 à octobre 1848, ces actes se retrouveraient dans les registres de Somerset ou au greffe d'Arthabaska.      Le premier registre de Stanfold a été déposé au greffe d'Arthabaska et date du 9 octobre 1848. Enfin le curé précise que les registres des Bois-Francs pour la période se situant entre 1840 et 1844 ont été déposés au greffe d'Arthabaska. Source : Mailhot, op. cit., tome I, p. 230.

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La section chapelle, cimetière et presbytère ont été déplacés à la page approprié de mon site

Un dernier mot sur l'état de la situation en 1848, soit au moment de l'érection de la paroisse. Quand arrive le curé Racine, quelque 211 familles habitent le territoire et occupent autant de terres. Globalement, celles-ci regroupent environ 2000 âmes 9.

Des débuts plutôt lents

La nomination du premier curé ne modifiera pas radicalement le cours des choses, d'autant que ce dernier doit également desservir Saint-Louis ce qui a l'heure d'indisposer les paroissiens de Stanfold. Ceux-ci se sentent, comme en fait foi une requête adressée à l'évêque en 1856, trop souvent privés de leur curé. On n'en posera pas moins un certain nombre de gestes qui vont graduellement permettre à la paroisse de se développer.

On commença d'abord par mettre en place un corps de mar­guilliers comme l'ordonnait le décret de Mgr Signay en date

 

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du 28 octobre 1848. On tint l'élection le 12 du mois suivant. Huit personnes, tous des hommes -, furent élues. Les trois qui obtinrent le plus de votes furent proclamés « marguilliers de l'oeuvre ». Ce sont, dans l'ordre : Louis Richard, Léon Thibodeau et Pierre Richard. À noter que ces mentions de pre­mier, deuxième et troisième ont une valeur hiérarchique. Les autres élus, désignés comme étant les « anciens marguilliers » furent : François Pratte, Moïse Rhault, Rémi Grenier, Gilbert Lema-Poudrier et Amable Sicard.

L'élection tenue, le nouveau conseil se pencha sur les objets divers que la Fabrique devait acquérir pour le culte. À ce titre, on convint d'emprunter 20 livres (80 $) à l'archevêché. Du même coup, pour rembourser cette somme et procurer des revenus à la paroisse, on décida de la vente des bancs. En gros, selon ce qu'on peut lire dans le journal des délibérations en date du 23 novembre 1862, les choses sont relativement simples ici. Les bancs sont d'abord mis en vente aux enchères et doivent être payés comptant. L'acheteur ne peut en acquérir plus de deux. Quant à la concession, elle tient pour la vie de l'acquéreur ou de sa veuve « à moins qu'il ne plaise à l'un ou l'autre de le remettre à la fin de chaque année ». Bien entendu, l'acheteur ne peut modifier ou altérer le banc dont il prend possession.

Cela dit, en janvier 1849, on procéda à la bénédiction de la première cloche de Stanfold : « Julie-Esther ». Puis, en mars, on érigea solennellement le chemin de la croix. Voilà qui résume à peu de chose près les premiers jalons de la paroisse Saint-Eusèbe-de-Stanfold. À partir d'ici, avant que ne se produise un événement digne de mention, il faudra attendre en 1859, alors que les paroissiens adresseront une requête à l'évêque dans le but de construire une église. Entre-temps, cependant, le curé Racine aura quitté (1851). Pierre-Léon Lahaye l'aura remplacé pour quelques mois. Incidemment, sa nomination arrive peu de temps avant que l'on érige le diocèse de Trois-Rivières, le 8 juin 1852 11. Or, comme le curé Lahaye souhaite demeurer rattaché au diocèse de Québec, il quitte Princeville. II est immédiate­ment remplacé par Narcisse Pelletier.

 

On veut construire une église

En septembre 1859, quelques jours seulement après la se­conde visite de l'évêque (il était venu une première fois en juil­let 1855), les paroissiens adressent une nouvelle requête au prélat. Cette fois, on veut construire une église et une sacristie en brique. On demande donc aux commissaires civils la per­mission de faire une élection de syndics. C'est à eux, en effet, qu'incombera la planification et le suivi du projet. Leur influence est grande et va bien au-delà de celle du curé, comme nous permet de le constater cette note tirée du cahier des délibérations de l'automne 1860 et signée par le curé Narcisse Pelletier :

Attestation pour la postérité

Je, soussigné, curé de la paroisse de Saint-Eusèbe-de­ Stanfold, certifie par la présente que [?] contre mon gré et ma volonté que l'église maintenant en cons­truction a été placée [?] de travers. J'ai fait toutes les instances auprès des syndics pour bâtir par depuis [sic] la chapelle actuelle ou sur le terrain qui se trou­ve en avant [...]. Mais les syndics dans leur [?] se sont opposés, disant qu'il ne reste pas assez d'espace devant l'église. Par esprit de parti et pour contrarier le Curé, la majorité des syndics ont jugé à propos de la placer ainsi de travers[...] . Voyant leur parti pris et sachant que je ne gagnerais rien vis-à-vis de quelques syndics, et surtout de maître Léon Thibodeau qui gouverne les autres, j'ai été forcé d'approuver cette position afin d'en finir avec eux, car j'étais fatigué des tracasseries [...].

Le projet progressa rondement et un an plus tard, soit le 25 septembre 1860, le curé de la paroisse Notre-Dame de Québec, Joseph Auclair, procéda à la bénédiction solennelle de la pierre angulaire. Assistaient également à la cérémonie, mise à part la population, le premier curé de Stanfold, Antoine Racine, et les curés des paroisses environnantes dont ceux de Saint-Christophe, Saint-Calixte et Saint-Médard de Warwick.

 

10      La première marguillière à Princeville a été Mme Lucienne Labrecque élue en 1987.

11   À l'origine, Stanfold faisait effectivement partie du diocèse de Québec. La paroisse passa dans celui de Trois-Rivières lors de son érection en 1852 et dans celui de Nicolet en 1885 quand celui-ci fut érigé.

 

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L'église, un peu plus grande que la chapelle avec ses 665 mètres carrés de superficie, offrait en façade un clocher de 48 mètres de haut où l'on suspendit deux cloches : la « Marie-­Lucille-Caroline » qui pesait 375 kilos en juillet 1864 et la « Charles­-Lucie-Louise-Hermine » bénite en juin 1871 et dont le poids atteignait 345 kilos. Aucune mention quant à la « Julie-Esther », la cloche de la première chapelle. De toute évidence et selon ce qu'on peut lire dans le rapport paroissial du curé Baril en 1870, elle n'est pas du nouveau clocher. Autre imprécision, il nous a été impossible de savoir si le carillon de trois cloches qu'on installera en mai 1890 va remplacer la « Marie-Lucille­-Caroline »  et la « Charles-Lucie-Louise-Hermine ».

L'organisation définitive

Avant que l'on ne procède à la bénédiction de l'église, les paroissiens auront adressé trois nouvelles requêtes à l'évêque pour compléter l'organisation paroissiale. D'abord en 1860, ils demanderont la permission d'agrandir leur cimetière, ce qui leur sera accordé en novembre de la même année. Puis il demanderont de construire un nouveau presbytère. Ici encore l'évêque consentira (15 novembre 1861).

Incidemment, ce qu'il y a de particulier avec le presbytère, c'est que l'opération était financée par le curé Pelletier. En réalité, ce dernier avançait les fonds pendant que la fabrique s'en­gageait à le rembourser. Elle comptait le faire à partir du pro­duit de la vente de l'ancien presbytère et de la vieille chapelle de même qu'à partir du produit de la quête annuelle de l'Enfant-Jésus, et ce “ jusqu'à parfait paiement “.

Selon le cahier des délibérations, le curé Pelletier a effective­ment été remboursé; on ne sait toutefois pas ce qu'il advint réellement de l'ancienne chapelle. Dans ses notes parois­siales, en 1870, le curé mentionne qu'on « veut bâtir une salle publique avec la vieille chapelle “. II se questionne, en outre, sur son déplacement. Mais on ne constate pas de décision. Par ailleurs, un peu moins de quinze ans plus tard, on relève dans une note tirée du cahier des délibérations du 14 septem­bre 1884, qu'on va la déplacer pour agrandir le cimetière. Puis on perd sa trace.

Quoi qu'il en soit, la dernière requête adressée à l'évêque avant la bénédiction de l'église est celle qui viendra véritable­ment compléter l'organisation paroissiale : la nomination d'un curé permanent et exclusif qui permettrait aux paroissiens d'assister à la messe tous les dimanches. L'évêque acquiescera, mais il n'en faudra pas moins attendre la nomination du curé de Saint-Louis à l'automne de 1862 avant que la décision ne prenne véritablement effet.

Cela dit, au moment de l'inauguration officielle de l'église, le 4 février 1863, la paroisse a donc complété son organisation et jouit désormais d'une structure lui permettant de répondre aux besoins de ses ouailles. À partir d'ici, les événements qui marqueront son histoire ne seront évidemment pas sans intérêt, mais n'ajouteront rien à l'essentiel. Fait à noter, toute cette période d'organisation intensive s'inscrit sous la cure du curé Pelletier qui demeurera en poste jusqu'à sa mort le 13 juil­let 1874.

Dans les années qui vont suivre, on note surtout le rem­placement des curés. D'abord Charles-Flavien Baillargeon qui prend la relève de Narcisse Pelletier en 1874, puis Thomas-Alexis Desaulniers qui remplace ce dernier en 1886. Enfin, en 1907, François-Édouard Baril prend le relais du curé Desaulniers. Auparavant, la Fabrique était parvenue à liquider toutes ses dettes et on avait accueilli (1884), grâce aux efforts du curé Baillargeon dans le dossier, les Soeurs de l'Assomption qui acceptaient de prendre la charge d'un couvent. La paroisse Saint-Eusèbe­de-Stanfold entre donc de plain-pied dans le XXe siècle. À ce moment, il s'écoulera un peu plus d'une décennie avant que ne la frappe une catastrophe.

L'incendie de l'église

Voici ce qu'on pouvait lire dans le journal La Presse du 4 mars 1911 sous le titre « Destruction d'une église “ :

La paroisse de Saint-Eusèbe-de-Stanfold a été bien éprouvée hier après-midi. Vers cinq heures, un incendie s'est déclaré dans l'église qui a été détruite

 

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de fond en comble. Cet incendie semble avoir été allumé par la fournaise. M. le curé Édouard Baril a pu sauver les Saintes Espèces et quelques ornements, mais tout le reste est actuellement en amas de cendre. Ce fut avec beaucoup de difficulté et à la suite d'un tra­vail héroïque de la part des paroissiens, que le pres­bytère a été sauvé. Les pertes sont de soixante milles dollars et les assurances de trente milles dollars.

L'ampleur du désastre était sans commune mesure pour la petite communauté. Malgré tout, celle-ci ne tarda pas à réa­gir. Dès le lendemain, on déménagea les Saintes Espèces et les ornements récupérés à la salle du conseil pour les offices religieux. Puis, quelques jours plus tard, soit le 19 mars, on adressa une requête à l'évêque :

L'humble requête de la majorité des habitants francs­tenanciers de la paroisse de Saint-Eusèbe-de-Stanfold, comté et district d'Arthabaska, représente respectueusement à votre grandeur :

Que l'église de ladite paroisse a été détruite par un incendie le 3 mars 1911, ils sentent vivement le pres­sant besoin d'en avoir une nouvelle; que la sacristie attenant à ladite église ayant aussi été détruite par le même incendie, il est pareillement urgent d'en avoir une nouvelle. C'est pourquoi vos suppliants prient votre grandeur de leur permettre de bâtir une nou­velle église en pierre en tel lieu qu'elle voudra bien désigner et sur telles dimensions qu'il lui plaira de déterminer. Et vos suppliants ne cesseront de prier.

 

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Tableau de la paroisse en 1870 (d'après le curé Narcisse Pelletier)

Le rapport que produisait annuelle­ment le curé à la suite de sa visite paroissiale révèle nombre d'informa­tions sur les préoccupations du clergé de l'époque de même que sur l'ensem­ble des moeurs et coutumes. Les rap­ports du curé Narcisse Pelletier sont particulièrement éloquents à ce titre. Aussi, pour en donner un aperçu, repro­duisons-nous celui de septembre 1870.

Saint-Eusèbe-de-Stanfold

Rapport de M. le Curé sur l'état de la paroisse à la visite pastorale des 27 - 28 - 29 septembre 1870

Remarques sur la paroisse de Saint­Eusèbe-de-Stanfold

II y a dans la paroisse environ 2306 âmes et 350 familles. II y a, année commune, douze à quinze mariages, 108 baptêmes et 40 sépultures. Un petit nombre de familles laissent la paroisse tous les ans pour les États­Unis pour revenir après quelques années, ainsi que des jeunes gens, en plus grand nombre.

État religieux de la paroisse

II y a environ 2292 catholiques, une famille protestante. Il y a environ 1500 communiants et 806 non-commu­niants. N'ont point fait de Pâques cette

année, environ 20; n'ont point été à la confesse, 16. Ne fréquentent pas l'église régulièrement, 3. Les diman­ches et les fêtes sont assez bien observés. Les enfants fréquentent assez bien le catéchisme, excepté un petit nombre.

Nous avons dans la paroisse « La pro­pagation de la Foi “, « la Sainte Enfance “, la Société de la Croix . « L'Archiconfrérie de la Vierge - existe depuis longtemps. Les sacrements sont généralement fréquentés par les deux tiers des fidèles qui communient assez souvent. II se dépense 6000 petites hosties par année.

II y a 3 auberges dans le village malgré tous les efforts que j'ai faits pour les réprimer et après avoir été cinq ans sans en avoir. II n'y a point de désor­dres notables dans ces auberges. Cependant, elles pourraient être mieux tenues; car il paraît qu'on vend le dimanche quelques fois. Je ne connais pas de vendeurs de boisson sans licence. Quelques jeunes gens fréquentent quelque fois ces auberges. II y a eu quatre à cinq ivrognes nota­bles; mais ça va mieux. II y a encore quelque fois des réunions et danses, mais peu de fréquentations inutiles.

II n'y a point eu de naissance illégitime

depuis plusieurs années. Point de pécheurs publics et scandaleux. II n'y a qu'un usurier dans la paroisse. Éducation

Un collège commercial peu fréquenté faute de moyen pour un grand nombre et aussi pour le peu de confiance qu'il inspire qui résulte de la mauvaise administration. Tant que cette maison restera entre les mains d'une corpora­tion laïque et que le curé ne pourra en avoir le contrôle, je pense que ça n'ira jamais bien.

II y a sept autres écoles tenues par des maîtres, fréquentées par environ 567 élèves catholiques, 318 garçons, 149 filles. Un bon nombre de parents négli­gent d'envoyer leurs enfants à l'école et leur font perdre leur temps d'école pour la moindre raison.

Temporel de la paroisse et de la Fabrique

La dîme donne, année commune, en­viron 100 minots de blé, 100 minots d'avoine, 12 minots de seigle, 30 minots d'orge, 30 minots de pois, 50 minots de sarrasin, le tout vaut £ 150 (plus ou moins 600 $). Le casuel se monte à peu près à f 15 livres. Le revenu de la Fabrique, bancs, casuel  £ 195. La

 

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fabrique doit pour la décoration intérieure de l'église £1600 payables par £100 par année sans intérêt. La Fabrique ne paie aucun intérêt et ne doit nulle part ailleurs excepté quelques petits comptes courants pour les dépenses annuelles. Les syndics de l'église doivent à la Fabrique £250.

Il est dû par arrérages à hypothèque sur les anciens bancs de la vieille chapelle environ £30 et sur le casuel environ £25 dont une bonne partie sera perdue par la négligence des mar­guilliers à faire payer. Tous les mar­guilliers ont rendu leurs comptes. L'église et le presbytère sont assurés à l'assurance mutuelle .

Effets principaux de la Fabrique

La Fabrique possède 3 ciboires, 3 ca­lices, 4 missels, 2 paires de burettes, grand nombre de chasubles et aubes et beaucoup de linges, 3 chapes, un dais, une cloche de 825 Ibs, 3 poêles, 2 con­fessionnaux, 12 grilles, 6 étoles pas­torales, 2 draps mortuaires. La paroisse est érigée civilement depuis 1856 (sic). Les [registres] datent depuis 1849 sous M. Racine 1 Il curé résident (*). L'église a été construite en 1860. Sa valeur £5300 [plus ou moins 22 000 $]. Longueur 129 pieds, largeur 51 pieds, hauteur 32 pieds, mesures anglaises. Sacristie, 40 pieds sur 30. Presbytère 49 par 36. Le presbytère est estimé

£600 pour l'as­surance, l'église [?] 9000. Le ter­rain de l'église contient 7 1/2 arpents.

Il y a à peu près 100 maisons dans le village. Les premiers mis-sionnaires [sic] sont MM. Carrier, Larue, Marcoux, G a g n o n , Bélanger, Dufour, Racine, Lahaye, Pelletier.

Il y a encore trop de luxe dans la paroisse pour ses moyens et des modes de chapeaux qui ne conviennent pas à des chré­tiennes. Un cer­tain nombre négligent de payer leurs

dettes, surtout à l'église. La dîme est généralement assez bien payée excepté un petit nombre. Peu de per­sonnes peuvent observer le jeûne en raison de leur travail et de leur santé, même l'abstinence surtout les

hommes qui sont presque tous dans la forêt l'hiver. »

Le curé Racine est effectivement le premier curé résident sauf qu'il partage son temps entre Stanfold et Saint-Louis. Aussi, le curé Pelletier est-il le premier véritable curé résident exclusif.

 

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Ladite requête portait la signature de 170 personnes, tous des hommes. Le prélat désigna le vicaire général, Mgr Onil Milot, pour rencontrer les paroissiens et faire rapport. L'autorisation vint rapidement. On décida alors d'accorder le mandat de reconstruction à une firme spécialisée. Le choix s'arrêta sur la Compagnie Louis Caron et fils de Nicolet. Sans que nous n'ayons vu de documents à cet effet, on peut penser que le choix de la firme n'était qu'une simple formalité, les architectes Caron étant les architectes désignés de l'évêque pour construire les nouvelles églises du diocèse. En outre, on savait bien de qui il s'agissait à Stanfold (voir encadré « Louis Caron, père et fils... »).

II fallut trois ans pour parachever la construction de cet immense monument qui, encore aujourd'hui, fait l'orgueil de la population. Sans élaborer sur son architecture, nous en si­gnalerons néanmoins quelques aspects. Pour le reste, nous ne

pouvons que recommander vivement l'étude d'Alexis Gagné, Les églises de Princeville, dont un exemplaire a été déposé à la bibliothèque municipale de même qu'au presbytère. Nombre des informations qui suivent sont d'ailleurs tirées de cette étude. Ceci dit, l'église présente une superficie d'un peu moins de 1100 mètres carrés soit 55 mètres de long par 19,5 mètres de large. Ses deux clochers s'élèvent à 58,5 mètres du sol. La charpente est d'épinette. Le solage intérieur est en pierres de course; celui de l'extérieur en pierres des champs. Fait intéres­sant, les pierres de la première église ont été utilisées dans la confection du solage. Quant aux pierres de la maçonnerie, taillées spécialement pour l'église, elles proviennent de Saint­Marc. L'ébénisterie est l'oeuvre de Fidélé Cloutier de Laurierville qui se maria à Princeville et y résida un certain temps.

 

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«Préserve-nous, Seigneur, de la foudre et de la tempête

Les boules que l'on retrouve sous les croix, au sommet de cha­cun des clochers, contiennent diverses invocations dont une toute symbolique dans les circonstances : A fulgure et tempes­tate, Libera nos, Domini. Librement, nous pourrions traduire par : « Préserve-nous, Seigneur, de la foudre et de la tempête “. Pour le reste, voici, d'après une transcription repérée dans les archives paroissiales, les inscriptions qu'on y retrouve :

Princeville - 25 juillet 1935, Saint-Eusèbe-de Stanfold. Boule de la croix, clocher nord-est : invocation et médailles, 2 juillet 1925 (?).

Boule de la croix, clocher sud-est : enveloppe placée dans la boule, contenant deux cartes de visites - J. S. Poirier, ptre, chan., curé à Princeville. 25 juillet 1935 - 43e (?) Jour anniversaire de son ordination. Au verso 1 `l carte : A fulgure et tempestate, Libera nos, Domini.

Au verso - 2e carte : Coeur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous. Coeur immaculé de Marie, priez pour nous. Saint-Joseph, protégez-nous. Saint-Eusèbe, protégez­nous contre les feux. Tous les saints et les saintes de Dieu, intercédez pour nous. 10 médailles : M. Miraculeuse, S. Joseph, Ste-Anne, N.-D. du Bon Conseil, N.D. du Cap, Du Mont Carmel, Saint-Rosaire, Saint-Benoît, Saint-Antoine de Padoue, Sainte-Thérèse de Jésus.

Les clochers abritent 4 cloches, bénites le 15 janvier 1914 : la Joseph-Pie (ré) qui pèse 1640 kilos, la “ Joseph-Simon­Herman (mi) dont le poids atteint 1140 kilos, la « Marie­Joseph-Édouard » (fa) qui pèse, elle, 810 kilos et, enfin, la plus légère (480 kilos), la « François-Eusèbe “ (la). Dans l'ordre, cha­cune a été baptisée en l'honneur du pape Pie X, de Joseph­Simon Herman Brunault, deuxième évêque de Nicolet, de François-Édouard Baril, curé de l'époque et donateur de la « François-Eusèbe » et, enfin, en l'honneur du patron de la paroisse, saint Eusèbe.

Les statues et le chemin de la croix

Selon l'inventaire réalisé par Alexis Gagné, l'église compte 12 statues : dix à l'intérieur et deux à l'extérieur. Les premières dont il faut faire mention sont celles dont disposait l'église l'année de son inauguration et qui furent bénites le 25 janvier 1914. II s'a­git des statues Notre-Dame du Sacré-Coeur, Notre-Dame de la Délivrance, sainte Anne et saint François d'Assise. À celles-ci se sont ajoutées : la statue de saint Eusèbe (sur le maître-autel), celles de Marie et de Joseph portant l'enfant Jésus (sur les petits autels), les statues de Marie avec l'enfant Jésus et avec le Christ descendu de la croix et, enfin, celle de saint Antoine de Padoue. À l'extérieur, entre les deux clochers, on peut voir la statue de saint Eusèbe, également bénite en 1914 ainsi qu'une statue du Sacré-Coeur réalisée par Jacques Hébert, fils du sculpteur de renommée nationale Philippe Hébert, originaire de Sainte­Sophie-de-Mégantic. Cette dernière a été offerte par la ligue du Sacré-Coeur en 1941 (PVM, paroisse, 3 février 1941).

Nous retrouvons, par ailleurs, à l'intérieur de l'église, deux tableaux de J. Uberti situés au-dessus des petits autels; l'un représente l'Assomption de la Vierge, l'autre la mort de saint Joseph. Enfin, l'église présente un chemin de croix acheté de la Compagnie Louis Caron pour la somme de 50 $ par station. Ce dernier serait d'origine française.

L’orgue

L'orgue, pour sa part, est de marque Casavant. Son installa­tion remonte à la construction de l'église alors qu'on en faisait l'achat pour la somme de 4575 $. Son buffet compte 1442 tuyaux dont le plus long mesure 4,9 mètres et offre un diamètre capable de contenir un homme de taille moyenne. Parmi les organistes attitrés au fil des ans, on note : Marie Demers, Mme Marchand, Gabrielle Nadeau, Rita Mélançon, André Cloutier, Jeannine Bouffard, Lise Gagné et Hélène Baril. Rénovations et modifications

Depuis sa construction, l'église a été restaurée (travaux de

 

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Architectes d'une cinquantaine d'églises au Ouébec LOUIS CARON, PÈRE ET FILS, N'ÉTAIENT PAS DES INCONNUS À STANFOLD

L

 ouis Caron, père et fils, n'étaient pas des inconnus à Stanfold. Le premier qui y avait demeuré, y avait également construit le premier hôtel de ville, du reste à la très grande satisfac­tion des élus qui lui avaient alors remis, en signe d'appréciation, une bonifica­tion de 100 $ pour la qualité de son tra­vail. Quant au fils, c'est un enfant de Princeville. II y est né le 5 février 1871. On attribue à Louis père et à Louis fils la construction d'une cinquantaine d'églises au Québec dont l'église Sainte-Victoire, à Victoriaville, l'église de Saint-Louis-de-Blandford, l'église de Saint-Valère, l'église de Sainte-Sophie et celle de Saint-Albert de Warwick. On

leur doit également la construction d'immeubles aussi réputés que la mai­son Laurier à Arthabaska (le musée), le presbytère d'Arthabaska et l'ancienne partie de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.

Cela dit, selon Madame Andrée Caron­Dricot 'z, petite-fille de Louis Caron junior (né en 1871), qui prépare actuellement l'histoire des architectes Caron, il est difficile de préciser avec exactitude la durée du séjour des Caron à Stanfold. Ce que l'on sait par contre, c'est qu'entre 1868 et 1873 le père aurait séjourné quelque temps aux États-Unis avant de s'installer à Arthabaska en 1874. II y demeura jusqu'à la formation du diocèse de

Nicolet en 1885 alors que le nouvel évêque, Mgr Elphège Gravel, lui demande de le rejoindre, compte tenu de l'ouvrage et des églises dont il prévoit la construction.

Louis, le fils, qui signe sous « Louis J. Caron j. » (pour Louis Joseph Caron junior) serait celui des deux à qui l'on devrait la construction de l'église. Toujours selon Madame Caron-Dricot, à l'époque, le père avait commencé à se retirer. Ce que confirme effective­ment le titre de président qu'ajoute à son nom Louis fils lorsqu'il correspond avec la Fabrique de Stanfold.

peinture) à deux reprises soit en 1953 et en 1967. Au milieu des années 1950, on a également refait le système électrique et ajouté l'éclairage extérieur. En 1962, on procéda à l'instal­lation des verrières créées par un artiste de Cowansville, M. José Asterrath, à partir de thèmes bibliques sélectionnés par le curé de l'époque, le chanoine Eugène Demers.

Par ailleurs, en 1969, la Fabrique fut forcée de réaménager l'in­térieur de l'église afin de se conformer aux exigences de la nouvelle liturgie mise de l'avant par Vatican II. Le plan de réaménagement du sanctuaire fut alors réalisé gratuitement par Marcel Poudrier, paroissien. C'est ainsi que disparut la balustrade au pied de laquelle s'agenouillaient les fidèles pour recevoir la Sainte communion et que l'autel fut réaménagé afin de permettre à l'officiant de faire face à l'assistance plutôt que de lui tourner le dos comme auparavant. C'est également

lors de ces travaux qu'on fixa la chaire de façon permanente. Enfin, en février 1993 (le contrat avait été signé en novem­bre de l'année précédente), l'église devenait l'un des pre­miers édifices de l'endroit à chauffer au gaz naturel, ce qui incidemment est bien loin de l'époque où chaque proprié­taire devait « apporter ou faire apporter 1/2 corde de bois fendu et scié de 2 pieds à défaut de quoi il s'exposait à des poursuites (PVF, 16 octobre 1853).

Cela dit, l'église, consacrée par Mgr Albertus Martin en juillet 1964, demeure aujourd'hui un bien patrimonial inestimable. Mais comme il faut bien une évaluation pour s'assurer, on parle d'un montant de 1 854 000 $. En réalité, cette somme est bien en deçà de ce qu'il en coûterait pour reconstruire le même bâti­ment en y ajoutant tout ce qu'on retrouve à l'intérieur.

12   Entrevue réalisée le 9 novembre 1996 et suivie d'une rencontre le 11 novembre de la même année.

 

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Le nouveau cimetière, la salle paroissiale et le presbytère Après la bénédiction de la nouvelle église en 1914 et avant 1996, divers projets ont marqué l'organisation de la paroisse, parmi ceux-ci : l'acquisition d'un nouveau cimetière et la désaf­fectation de l'ancien, la construction de la salle paroissiale et celle du presbytère actuel.

Commençons par le cimetière. Rappelons d'abord que le tout premier était situé dans le douzième rang Est. II fut déplacé près de la chapelle au moment de la construction de cette

dernière puis agrandi à deux reprises : une première fois en 1860 et une autre en 1884, comme en fait foi la résolution de l'assemblée des marguilliers du 14 septembre :

II est réglé que M. le curé fasse transporter la chapelle dans l'angle du nouveau terrain acquis de M. Philippe Henry Matte par la fabrique prenant possession de cette portion du terrain pour agrandir le cimetière.

En 1952, on assistera à une série de décisions qui conduiront à l'achat d'un nouveau terrain et à la désaffectation de

 

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l'ancien cimetière. L'histoire commence le 26 juin 1952 quand le conseil de la municipalité scolaire de Princeville demande à la Fabrique qu'on lui cède une partie du terrain du cimetière pour l'école Sainte-Marie. La Fabrique consenti­ra. De toute façon le cimetière est devenu trop petit et il faut penser à trouver un nouveau ter­rain. Par la même occasion (27 août 1952), elle décide donc de procéder :

Après étude de la question par MM. les marguilliers, il est unanimement con­venu que l'achat d'un nouveau terrain de cimetière par la Fabrique Saint­Eusèbe-de-Stanfold, devra se faire incessamment, qu'en conséquence dans un avenir relativement rapproché, une partie du cimetière actuel, contiguë au terrain des Révérendes soeurs de l'Assomption,

pourrait facilement être désaffectée et affectée à l'usage requis par la municipalité scolaire de Princeville.

En avril 1953, la Fabrique a finalement trouvé le terrain qu'elle cherchait. Situé au 1016, rue Saint-Jacques Ouest, celui-ci est alors la propriété de Richard Beaudet. L'évêché autorisera la transaction :

 

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En conséquence : nous avons décrété et nous décrétons par les présentes que le terrain dont les dénominations topographiques apparaissent dans les considérants, est érigé en cimetière catholique romain. Nous déclarons ce terrain lieu sacré [...]. Nous avons permis et nous permettons, après qu'on aura observé les prescriptions liturgiques en ce qui a trait à la bénédiction dudit lieu, que soient inhumés dans ce cimetière les corps de tous ceux qui meurent en communion avec notre mère, la Sainte Église [...].

On signera le contrat le 22 septembre 1953 après s'être enten­du sur un prix de 3500 $.

Le corps de Hercule Poirier fut le premier à y être inhumé le 2 août 1955. Quant à l'ancien cimetière, on entreprit sa désaffec­tation en novembre de la même année en exhumant les pre­miers corps et en les transférant dans le nouveau. On procéda d'abord « à demande -, c'est-à-dire que seuls les corps pour lesquels une demande était adressée à l'évêque étaient déplacés. Puis, au printemps de 1959, on demanda carrément au ministre de la Santé de condamner officiellement le cimetière abandon­né en transportant, entre autres, tous les corps y demeurant dans le nouveau cimetière. II fallut tout de même un certain temps avant que la situation ne se rétablisse parfaitement. Ainsi, un an plus tard, soit en août 1960, l'évêque écrivait au curé Demers pour déplorer l'état pitoyable du cimetière désaffecté. On finit par agir et l'ancien cimetière fit place tantôt à une pati­noire, tantôt à la cour de l'école et, enfin, à la piscine actuelle.

Entre-temps, la plupart des corps avaient été transférés dans le cimetière de la rue Saint-Jacques par Hervé Bilodeau, bedeau de 1944 à 1986. La « plupart car dans les faits, comme nous l'a expliqué M. Bilodeau '3, ceux pour qui personne n'a voulu payer le déplacement sont restés là. Ce qui explique que des ossements furent mis au jour lorsque l'on creusa la piscine. l'opération « exhumation/inhumation » s'est déroulée sur une période de quatre ans. Le bedeau s'y adonnait l'automne et le printemps à cause de l'odeur de la terre dans laquelle les corps étaient ensevelis.

En terminant, en décembre 1978, la Fabrique consentait à vendre une partie du terrain acquis en 1953 à l'entreprise « Les résidences Prince pour ses installations.

La salle paroissiale

Plusieurs contemporains le savent déjà, mais les plus jeunes l'ignorent souvent : la construction de la salle paroissiale, aujour­d'hui le Centre Pierre-Prince est l'oeuvre de la Fabrique. En 1956, en effet, considérant l'utilité de ladite salle, la Fabrique réalisa le projet avec le consentement de l'évêque. On y aménagea, entre autres, le logement du bedeau. La salle fut cédée à la Ville un peu plus d'une quinzaine d'années plus tard, soit en 1973, pour le prix de 15 000 $.

Peu de temps après cette vente , on aménagea au sous-sol de la sacristie trois salles tenant lieu de ^ mini-centre communautaire » pour les organismes. On parle ici, par exemple, des Scouts et du Vestiaire Saint-Eusèbe. Fait à souligner, les travaux sont l'oeuvre de bénévoles.

Un nouveau presbytère

En 1975, on considérait que le presbytère construit en 1862 était devenu vétuste. Le conseil de la Fabrique étudia la question qui fut également débattue en assemblée publique le 11 mai 1975. On décida alors de démolir l'édifice et d'en reconstruire un nou­veau. L'évêque donna son accord. M. Jacques Gadbois de Victoriaville obtint le contrat de démolition et la Firme C.R. Gagnon, toujours de Victoriaville, celui de la construction (pour un montant de 75 000 $). L'architecte Georges Amyot en dessi­na les plans. Les travaux débutèrent en septembre de la même année et furent terminés un peu avant Noël. L'exercice aura nécessité un emprunt de 40 000 $, l'écart entre celui-ci et le coût des travaux ayant été absorbé à même le fruit d'une souscription organisée dans le milieu. Mgr Albertus Martin, évêque de Nicolet, procéda à sa bénédiction le 9 mai 1977.

Des changements au conseil de la Fabrique

Outre ces transformations d'ordre logistique, les dernières

13   Entrevue réalisé auprès de M. Hervé Bilodeau, 80 ans, le 10 novembre 1996.

 

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décennies ont également été marquées par des changements significatifs au conseil de la Fabrique et par l'apparition d'un bul­letin paroissial.

D'abord, en mars 1967, le nom même de l'organisme était modi­fié. De « L'oeuvre et Fabrique Saint-Eusèbe-de-Stanfold -, il devenait « La Fabrique de la paroisse Saint-Eusèbe-de-Princeville “. On se rappellera, par ailleurs, qu'à l'origine le conseil de la Fabrique était exclusivement constitué d'hommes ayant à leur tête le curé. En 1987, soit plus de 140 ans après la création de l'organisme, la situation allait changer : on allait élire une première femme mar­guillière, en l'occurrence Mme Lucienne Labrecque. Quatre ans plus tard, soit en 1991, un autre changement de taille allait se pro­duire. À ce moment, pour la première fois de son histoire, la prési­dence de la Fabrique allait être occupée par un laïc, M. Georges Allard. Voici ce qu'écrivait à ce moment l'évêque de Nicolet au principal intéressé :

Notre Église vit des changements importants qui amènent ses fidèles à s'impliquer dans de nou­veaux modèles de leadership et d'animation pas­torale. J'apprécie grandement l'intérêt que vous portez à l'évolution de notre Église et la disponibilité que vous offrez à l'évêque diocésain.

Par la présente, je vous nomme président d'Assemblée de la Fabrique de la paroisse SAINT­EUSÈBE-DE-PRINCEVILLE [...].

Par ailleurs, le curé de la paroisse reste membre de l'assemblée de la Fabrique avec droit de vote. Et même s'il est déchargé d'une part de responsabilité, il ne peut se désintéresser de l'administration des biens paroissiaux [...] '4.

Dans un tout autre ordre, mentionnons enfin qu'en mars 1966, la Fabrique se dotait d'un bulletin hebdomadaire d'in­formation : Le courrier paroissial.

14 Lettre de l'évêque Raymond Saint-Gelais à M. Georges Allard en date du 19 février 1971.

 

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L'influence du clergé

II est de notoriété publique qu'au début de la colonie et même jusqu'à récemment, l'Église jouissait d'une influence qu'elle n'hésitait pas à imposer, certains allant jusqu'à dire qu'elle l'a fait de façon outrageuse. II ne nous appartient pas de traiter de la question puisque ce n'est pas l'objet de notre propos. Cependant, la lecture de rapports paroissiaux, tel celui du curé Pelletier en 1870, permet de nous faire une idée des préoccu­pations du clergé à l'époque.

Bien qu'elles ne soient pas présentées en tant que telles, les ques­tions qu'on retrouve dans ces rapports et qui sont celles que pose l'évêque au curé se divisent en trois catégories. La première tente de recueillir des informations sur les différentes statistiques démo­graphiques de la paroisse. Elles permettent, entre autres, d'évaluer l'état de la communauté catholique mais aussi celle des protes­tants. La seconde série de questions s'attache à la ferveur des paroissiens et à leur assiduité en matière de pratique religieuse. Enfin, les dernières questions de l'évêque tentent de connaître l'état des bonnes moeurs dans la paroisse.

Nous n'élaborerons pas sur les données statistiques du rap­port; elles n'éclairent en rien l'influence du clergé dans son milieu. Ce qui est tout le contraire des questions relatives à la pratique religieuse. Ici, le moins que l'on puisse dire est que le clergé surveille étroitement ses ouailles. Tout y est relevé : nombre de paroissiens ne respectant pas « l'observance du dimanche » ou des « fêtes d'obligation “, nombre de personnes ne faisant pas leurs Pâques ou ne se présentant pas à la con­fession; nombre d'enfants au catéchisme, etc.

Cela dit, il n'est pas possible, à partir des documents que nous avons observés, de dire jusqu'où, en matière de pratique religieuse, l'intervention du prêtre dans la vie des gens se fai­sait sentir, s'il y avait des pressions indues d'exercées, des remontrances ou même des menaces d'adressées. Ce qu'on sait par contre, c'est qu'il n'était pas rare que le clergé intervienne dans les couples formés ou qui projetaient de se former. Voici quatre exemples qui devraient permettre de nous

faire une idée des problèmes qu'avait à résoudre le curé et de l'influence dont il disposait en pareil cas.

Le premier date de 1907 II fait état d'un vieillard de 84 ans qui après 15 jours de veuvage voudrait « coûte que coûte se remarier avec la veuve V “15, quêteuse de son métier “. Sauf que la dispense de bans ne va pas de soi dans ce cas-là. Même que le curé de l'époque, M. Baril, préfère s'en remettre à l'évêché pour savoir à quoi s'en tenir.

Le second exemple est davantage complexe. La question est de savoir si « un paroissien malheureux en ménage qui voudrait vivre séparé » peut recevoir les sacrements? Ici encore le curé (l'abbé Papillon dans ce cas-ci) s'adressera à l'évêché. La permission sera finalement accordée non sans que l'intéressé ait dû présenter ses arguments à l'évêque en se rendant directement à Nicolet. Voici à peu de chose près ce qu'il faisait alors valoir :

1- Que sa nièce Mme A. lui a recommandé fortement, avant son mariage, cette dame J. pour femme;

2- Que, avant de se marier avec elle, il l'a vue privé­ment, sans témoins, et qu'il lui a demandé, si sa santé était bonne, si elle avait quelque chose qui l'em­pêchât d'entrer dans l'état du mariage, lui déclarant qu'il prenait une femme pour qu'elle lui servit de femme;

3- Que Dame J. lui a répondu qu'elle était correcte. Or, il prétend aujourd'hui, qu'après avoir obtenu d'elle qu'elle lui servit de femme pendant 2 ou 3 semaines, elle a toujours refusé ensuite de lui rendre ce devoir; de plus, qu'elle avait les mauvais maux en se mariant.

Le prélat finit par conclure que le mariage était bel et bien bon mais que, compte tenu de l'excellente réputation de l'intéressé, du reste recommandé par l'abbé Papillon, et compte tenu aussi qu'il avait été un bon mari pour ses

15           Pour protéger l'anonymat des personnes concernées et celui de leurs parents, nous les identifierons à partir d'initiales fictives.

 

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deux premières femmes, il l'autorisait à recevoir les sacre­ments pour un an. L'année terminée, le monsieur devait rencontrer à nouveau son curé qui lui indiquerait l'orien­tation à prendre.

Le troisième exemple d'intervention du clergé dans la vie de couple (dans le cadre du respect du sacrement du mariage) est le plus dramatique du groupe. II s'agit d'une femme battue et humiliée par son conjoint qui désire pour­suivre son mari. Le curé tentera plutôt de les réunir mais peine perdue. Le cas fera finalement scandale dans tout le village. Pour tenter d'en arriver à une solution, l'évêque nommera un enquêteur, le curé de Saint-Norbert, l'abbé Buisson. Du coup, la femme accepte de s'en remettre à la décision de l'évêque (qu'on ne retrouve pas dans les archives). Néanmoins la question semble réglée. Ce ne sera pas le cas et avant que l'on ait pu savoir exactement ce qui adviendra du couple, on perd toute trace de l'his­toire.

Le quatrième et dernier exemple d'intervention du clergé dans la vie des gens et en particulier dans leur vie de couple n'a rien de tragique; pour tout dire, il est à même de susciter quelques sourires. C'est l'histoire d'une dame qui « veut se démarier sous prétexte que son mari est impuissant ». Laissons le curé Baril nous la raconter à partir du rapport qu'il adresse alors à l'évêque après avoir rencontré et la femme, et le mari, et le médecin du mari " :

1- Madame C., veuve du défunt P. a épousé (dernière­ment), M. D.

2- Trois ou quatre jours après son mariage, elle a demandé à se démarier sous prétexte que son mari était impuissant, n'ayant pas de testicules, de gosses suivant son expression [...].

3- Sur interrogatoire, elle a admis qu'il avait réussi à entrer une fois, mais il a fallu, prétend-elle, qu'elle lui aidât : c'était comme une guenille a-t-elle ajouté.

4- Elle ne savait pas s'il y avait eu éjaculation interne : elle admet qu'après le retrait, il y a eu écoulement de matière claire [...].

6- M. D., appelé à mon bureau, a prétendu être comme les autres de son sexe, absolument comme les autres. Dans ses nombreux voyages, ajoute-t-il, il a eu maintes fois l'occasion de fréquenter les mau­vaises maisons et de faire comme les autres et aussi facilement que les autres : il admet ne pouvoir répon­dre aux exigences trop multiples de sa femme.

7- Chez le Dr Brassard, à qui je l'avais adressé, il a ajouté qu'il avait beaucoup travaillé, veillé et fêté depuis quelque temps et qu'il était fatigué : « qu'elle me laisse reposer un peu et elle verra bien etc. “[...].

8- Le Dr Brassard certifie que M. D. est en bonne santé et parfaitement constitué : les organes en cause sont à leur place et dans des conditions normales.

9- À mon jugement, c'est la terre de la veuve qui attirait les prétendants. M. D. a cédé à cet attrait qui ne pousse pas beaucoup à la volupté charnelle. Averti, paraît-il, le jour même de ses noces, par son beau-père, qu'il aurait fort à faire pour garder sa culotte, il en est résulté une préoccupation qui lui rendait la volupté susdite très peu attrayante [...].

10- Une dizaine de jours après leur mariage, à la suite d'altercations plutôt vives sur une question de ser­rage de foin, le bon M. D., tenant à tout prix à ne pas se laisser déculotter, a pris son essor vers la mon­tagne de [...].

13- Si je suis bien renseigné, Madame aurait intenté une action en séparation devant la cour d'Arthabaska etc.

D'après tout ce qui précède, je crois ne rien avoir à conseiller à Votre grandeur: il y aura des précautions nécessaires avec cette sorte de gens qui peuvent nous faire toutes espèces de sottises.

Avec respect,

F.-Ed. Baril ptre curé

16   Les numéros en marge sont du curé Pelletier qui avait l'habitude, dans sa correspondance, de présenter les faits en les numérotant. Ici, comme tous les faits ne sont pas rapportés, il est possible que l'on passe par exemple du point 9 au point 13.

 

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Les préoccupations du clergé dépassent le cadre religieux Outre le fait qu'il surveillait étroitement le respect des rites religieux, le clergé intervenait sur différents sujets, notam­ment : la politique provinciale (du moins en quelques endroits), la prohibition, les fréquentations, la danse, la mode et l'éducation.

On aura remarqué que la politique municipale n'entre pas dans ces considérations. Effectivement, suivant ce que nous avons observé, il ne semble pas que le clergé soit intervenu d'une façon particulière à ce chapitre sauf pour la prohibition et la danse. Une chose est certaine, il n'intervient pas dans des dossiers techniques du genre construction de route et d'égout. De toute évidence, il laisse aux élus le soins de légiférer en la matière sans s'arroger de pouvoir particulier. En fait, en aucun temps, sauf pour le cas du curé Desaulniers, il ne semble s'être considéré au-dessus de la loi.

 

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Incidemment, le curé Desaulniers, curé entre 1886 et 1907, est un cas en soi. II faut dire qu'il ne craignait ni la brouille ni les altercations. Règle générale, tous étaient coupables sauf lui. On verra plus loin dans la note biographique s'y rapportant, jusqu'où il était prêt à aller pour faire valoir son point. Pour l'instant qu'il suffise de dire qu'il a fait tout un plat d'un bout de trottoir que la Fabrique devait entretenir, comme tout autre contribuable de la municipalité. Mais lui s'y opposait totale­ment, précisant qu'il n'avait pas à le faire. Avant d'aller en jus­tice, le cas a finalement été soumis à l'évêque qui a ramené « dans le droit chemin » sa brebis perdue. Voilà pour le seul tiraillement que nous avons perçu entre le clergé et le conseil municipal.

La politique provinciale ou fédérale

Le clergé de la paroisse se mêlait-il de politique fédérale ou provinciale? Nous n'avons constaté que peu de choses à cet effet. Cependant, l'une d'entres elles est des plus significatives dans la mesure où elle démontre clairement que le clergé est jaloux de son pouvoir et ne tient nullement à le partager. II s'agit de l'opposition de l'Église vis-à-vis du « Parti rouge »Il. À ce sujet, voyons voir une déclaration du curé Pelletier :

II s'introduit un mauvais esprit parmi nos gens, le Parti rouge surtout et c'est malheureusement le plus grand nombre. Depuis que M. Dorion 18 les a endoctrinés ils ne sont plus aussi dociles et respectueux envers l'autorité ecclésiastique qu'autrefois. Ils semblent se défier du clergé, des règles de l'Église, raisonnent sur tout et voudraient tout régler eux-mêmes. J'ai été contrarié dans la vente de bancs par des marguilliers eux-mêmes des rouges qui craignaient beaucoup que les bancs ne se vendent trop chers. Quelques-uns sont jaloux de quelques perches de terre dont jouit le curé. On aurait voulu y placer une salle publique jusque dans son jardin s'il ne s'y était pas opposé; on se croit libre du terrain du curé comme de la place publique [...]'9.

Au premier abord, on peut conclure que le curé Baril est tout simplement contre les Rouges. Toutefois, en y regardant de plus près, on remarque surtout qu'il n'apprécie guère voir ses ouailles réfléchir et prendre des décisions. La chose sape son autorité, ce qui entraîne une situation préoccupante. Enfin, en poussant plus à fond, on remarque encore qu'il n'a aucune envie de partager son pouvoir, entendre le pouvoir que détient l'Église sur ses fidèles.

La prohibition

Dès le début, et ce jusque dans les années 1960, le clergé a dénoncé la consommation d'alcool et s'y est opposé en faisant la promotion de la prohibition auprès du conseil municipal, seul détenteur de l'autorité en cette matière (voir encadré « La prohibition -).

Pour l'Église, la consommation d'alcool « rend l'homme sem­blable à la bête “; du coup, elle menace les règles établies et est donc à proscrire. C'est pourquoi elle s'y opposera en usant de toute son influence. Elle va d'abord la dénoncer du haut de la chaire en la présentant comme un mal à bannir. Elle va également favoriser la formation de mouvements prônant l'abstinence et encourager l'adhésion d'un grand nombre. La Société de tempérance, symbolisée par une croix noire sus­pendue dans la maison de ceux qui y adhèrent est de ces organismes; on relève sa présence dès les années 1850. Le Cercle Lacordaire en est un autre.

Pour le reste, tout dépend du curé. Certains, comme le curé Baril, se montrent prudents et hésitent à prendre les devants sans autorisation :

Comme il est connu, nos conseils municipaux ont prohibé la vente de boisson alcoolique en détail. Mais reste la circulation de la bière par douze bouteilles. Grand nombre de personnes deman­dent au curé s'il ne pourrait pas les débarrasser de la bière. Or, il y a deux voies pour arriver à ce résultat : a) Faire passer un règlement par le conseil

17 Le Parti rouge, héritier des Patriotes de 1837, défend des principes démocratiques tels que la souveraineté populaire et le suffrage universel. Le libéralisme et l'anticléricalisme du parti effraient le clergé catholique qui s'efforce d'en détourner le peuple.

18 Nul doute que le curé Pelletier fait ici référence à Antoine-Aimé Dorion, membre éminent du Parti rouge avec, beaucoup plus tard, Wilfrid Laurier.

19 Narcisse Pelletier, Notes concernant la paroisse de Saint-Eusèbe-de-Stanfold, s.d. (Si l'on se fie au dénombrement religieux, il s'agirait du rapport de 1863).

 

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puis faire ratifier ce règlement par le vote des con­tribuables et c'est à recommencer chaque année; b) Faire passer un règlement par le conseil de comté. Mais pour cela, il faudrait que quelqu'un prenne les devants. Monseigneur approuverait-il que quelqu'un, disons le curé de Stanfold, invite ses confrères du comté d'Arthabaska à engager les maires de leurs paroisses à seconder ce mouvement et à passer le règlement en question"'?

D'autres, par contre, n'hésitent pas à intervenir directement auprès du conseil. Mgr Poirier est un de ceux-là. II remporte,

d'ailleurs, nombre de succès dont celui relevé au procès-verbal de la séance du 1 er mai 1933, à la suite d'une intervention de sa part :

Que ce conseil s'oppose catégoriquement à ce qu'il soit accordé aucune licence ou permis pour la vente de bière ou vin ou toute autre boisson alcoolique dans les limites de cette municipalité.

Plus tard, soit à la séance du 6 mars 1939, il obtiendra, avec les archevêques et évêques du Québec, que le conseil écrive au gouvernement du Québec pour lui demander de prohiber « toute annonce de boisson alcoolique dans les journaux et sur

20   Lettre du curé Baril à M. Saint-Germain de l'évêché, 11 novembre 1909, archives de l'évëché.

 

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La prohibition

L a  prohibition,            un           sujet qui                ne manque pas de frapper sinon la curiosité, du moins l'maginaire de nos contemporains. Pour cause, à l'heure où Von s'interroge à savoir Cil faut ou non légaliser les drogues douces, la prohibition de l'alcool semble tenir de principes bien puritains. Il n'en ode pas moins qu'à une certaine époque, le vin et les boissons enivrantes ne circu­laient pas sans encombre. L'Église est une des sources de cet état de fait. Le pouvoir de légiférer sur la question n'en revient pas moins à l'autorité civile, en l'occurrence au conseil muni­dpal.

Depuis l'adoption de la loi de 1855, en effet, le conseil est autorisé à passer, si tel est son désir, un règlement de pro­hibition totale ou partielle. Les Statuts révisés en 1925 maintiendront son autorité. En réalité, c'est la Loi de la régie des alcools, adoptée au début des années 1960, qui viendra lui enlever cette prérogative.

Ce qu'il faut savoir dans le cas de Princeville, c'est que pendant plus de cent ans, la population a été soumise, par périodes, aux contraintes de la prohibition. Parfois H s'agissait d'une prohibition totale, mais il arrivait qu'elle sol partielle La prohibition totale se manifeste quand ni les hôte­liers ni les « boutiquiers » ne sont

autorisés à vendre des boissons alcoolisées. La prohibition partielle, elle, fait référence au permis octroyé à l'un ou à l'autre de ces dépositaires, et ce en toute exclusivité, par exem­ple, aux boutiquiers si la vente au détail n'est permise qu'en quantité supérieure à « trois gallons c

Au début, suivant la loi, la question revenait au conseil annuellement ou, alors aux deux ans. Presque toujours, elle suscitait de vives discussions entre les opposants quand elle ne donnait tout simplement pas lieu à des mani­gances. C'est précisément ce qui se produisit à la séance du 13 mars 1906 quand deux requêtes furent déposées sur la table. La première réclamait l'adoption d'un règlement en faveur de la prohibition; la seconde s'y opposait, La question aurait été vite réglée. Sauf qu'on constata que la plupart des si­gnatures n'étaient pas éligibles À un point tel d'ailleurs que la majorité dont jouissait la requête des tenants de la prohibition bascula à la faveur des opposants. Ce jour-là, le conseil accor­da donc des licences aux hôteliers Boisvert et Talbot.

Du ode pendant les périodes de pro­hibition totale, cela ne signifiait pas que la population était réduite à l'absti- nerice. En fait il y avait toujours moyen d'acheter ce qu'il fallait à

Québec ou à Montréal ou même de commander par la poste. Du reste, sur place, la boisson continuait de circuler en catimini.

Pour un, l'ex-secrétaire de la municipa­lité, M. André Cloutier, se rappelle que Cil n'y avait pas de permis d'émis, il se vendait tout de même de la boisson au vu et au su de tout le monde :

On fermait les yeux. Il se vendait n'importe quoi. C'était partout où il y avait de la pro­hibition. Tant qu'on était du bon bord, ça pouvait aller. Je me rappelle, à l'élection du ministre Labbé, les propriétaires de l'hôtel des Érables l'ont appris à leurs dépens.

Cela dit, comme nous l'avons men­tionné au début, la prohibition s'est maintenue à Princeville, non sans cer­taines périodes d'interruption soulignons-le, jusqu'au 7 juin 1961. Ce jour-là, le conseil avait organisé un référendum pour l'adoption d'un règlement autorisant la vente de liqueur alcoolisée dans les limites de la municipalité et, par conséquent, la révocation de tous les règlements de prohibition. À ce moment, 254 per­sonnes ont voté pour l'adoption dudit règlement et 24 contre.

 

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les panneaux à travers la province » en se donnant, bien entendu, les moyens de mieux faire observer la loi en ce qui a trait à la vente et au transport illicite des liqueurs alcooliques. En fait, comme nous pouvons le constater, l'influence du curé est aussi une question de personnalité.

De la danse, des fréquentations inutiles et autres sujets Parmi les sujets qui provoquaient l'opposition du clergé à Princeville, il y avait tous ceux qui, potentiellement, pou­vaient entraver les bonnes moeurs. Parmi ceux-là, la danse, la mode, les fréquentations inutiles et les assem­blées nocturnes.

La danse, de fait, a été longtemps un sujet de préoccupa­tion pour le clergé. II s'y opposera, avec succès, pendant plus d'un siècle. À preuve, cette décision du conseil en date du 9 novembre 1954 après une discussion avec le curé :

II ne devra plus être toléré de danse dans les établisse­ments [...]. Lorsque la salle ou une salle sera louée pour une réception de mariage, la danse durant la journée pourra être permise mais la danse le soir ne sera pas tolérée [...]. Aucune tolérance ne sera acceptée le dimanche et les jours de fêtes d'obligation [...]. Chaque soir où il y aura une messe, la tolérance sera suspendue durant toute la journée de la cérémonie.

Ce genre d'interdiction prévaudra en fait jusqu'au 17 mars 1963 alors que le conseil municipal adopte cette fois le règlement 238 sur les salles de danse et qui se fonde davantage, en matières de tolérance, sur les normes d'hy­giène et de sécurité.

Le clergé, par ailleurs, ne voit pas d'un bon oeil toute fréquen­tation entre individus de sexe opposé si celles-ci n'ont pas pour but de conduire au mariage. Aussi, le curé rend-il compte de la situation à cet effet chaque fois qu'il produit son rapport. II décrit comme facteur de désordre « les rencontres nocturnes entre personnes de différents sexes ». Incidemment, il est

intéressant de constater ce qu'à l'origine le curé entendait par désordre. Pour nous en faire une idée, voici ce que répond à la question 38 de l'évêque, dans son rapport de 1857, le curé Pelletier :

Principaux désordres : les veillées, les danses, les promenades les dimanches pendant l'heure des offices quand ils n'ont pas la mission.

Le curé Baril, de toute évidence, n'appréciait pas la mode non plus :

J'ai annoncé publiquement que les personnes en crénoline (sic) ne seraient plus reçues à confesse et à la communion. Je désire être appuyé de votre grandeur [...].

Enfin, on note dans divers rapports paroissiaux des interven­tions faisant état de la mollesse des parents vis-à-vis de leurs enfants.

 

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Les curés de 1848 à 1997 21

Antoine Racine, 1848-1851. Premier curé de Saint-Eusèbe, l'ab­bé Antoine Racine devint le premier évêque du diocèse de Sherbrooke. Cependant, l'histoire retiendra surtout son nom pour avoir cosigné la brochure Le Canadien émigrant ou pourquoi le Canadien français quitte-t-il le Bas-Canada? Ladite brochure, reproduite dans le Premier et second rapports du Comité spécial nommé pour s'enquérir des causes qui retardent la colonisation des townships de l'Est du Bas-Canada (1851), décrit les conditions dans lesquelles sont reclus les colons de l'époque. Elle produisit un effet certain sur le gouvernement qui fut alors amené à se soucier davantage du sort des colons. Pour mieux situer encore le personnage, ajoutons que le curé Racine vouait une pro­fonde admiration à son ancien professeur, l'abbé John Holmes. La chose est significative dans la mesure où l'on sait que l'abbé Holmes est l'auteur du célèbre mot d'ordre : « Emparons-nous du sol “.

Pierre-Léon Lahaye, 1852. Le curé Pierre-Léon Lahaye détient le record du plus court séjour (10 mois) à Princeville. Son pas­sage n'en est pas moins représentatif puisqu'il marque, d'une façon toute particulière pour les habitants de Stanfold, la créa­tion du diocèse de Trois-Rivières à ce moment. C'est que le curé Lahaye, nommé par l'archevêché de Québec, a eu le choix de demeurer avec ce dernier ou de joindre les rangs du nouveau diocèse. Comme il retint le premier choix, il fut donc immédiatement rapatrié.

Narcisse Pelletier, 1852-1874. Le curé Pelletier sera le premier curé rattaché spécifiquement à Stanfold. Avant lui, et même au début de sa cure, les paroissiens et les paroissiennes devaient partager leur curé avec la population de Saint-Louis. C'est égale­ment sous sa cure que l'on construisit l'église et le presbytère. Cela dit, les quelques documents ou rapports que l'on retrouve signés de sa main dans les archives, nous présentent un homme méthodique, ayant ses opinions, mais étant singulièrement respectueux de l'autorité. Lesdits documents riches en enseigne­ments de toutes sortes sur l'état de la paroisse sont générale­ment d'une lecture agréable, presque suave par endroits.

Charles-Flavien Baillargeon, 1874-1886. Bien qu'on ne retrouve qu'un seul document pour en témoigner, document du reste publié dans le volume I de Mailhot, le curé Charles­Flavien Baillargeon est à l'histoire de Princeville et de Princeville paroisse ce qu'est Charles-Édouard Mailhot à l'his­toire des Bois-Francs : le premier historien de l'endroit. On lui doit, en outre, la venue des soeurs de l'Assomption en 1884 qui prirent alors en charge une partie de l'enseignement sur le territoire. Au moment de sa retraite, l'abbé Baillargeon se reti­ra d'ailleurs au couvent. II décéda à Princeville en 1901.

Thomas Alexis L. Desaulniers, 1886-1907. La cure de l'abbé Desaulniers peut être marquée par la réalisation de divers travaux de restauration de l'église et du presbytère. Mais l'his­toire retiendra surtout que si le curé n'avait pas un tempéra­ment belliqueux, il éprouvait à tout le moins du mal à s'enten­dre avec son entourage. À peu près tout ce qu'il y avait d'au­torité au village à l'époque a eu, à un moment ou à un autre, l'occasion de s'en plaindre à l'évêque. Sans compter que le curé Desaulniers ne faisait pas dans la dentelle, n'hésitant pas à dénoncer du haut de sa chaire ceux qui s'opposaient à lui et même à les accuser publiquement de « bons à rien ». Edmond Lachance et ses confrères conseillers l'apprirent à leur dépens en mars 1906 après avoir voté en faveur de l'émission de per­mis pour la vente de boissons alcoolisées. Peu de monde sem­blait trouver grâce à ses yeux et encore moins ses vicaires, dont il n'hésitait pas à se plaindre à l'évêque quand il ne demandait pas tout simplement leur réaffectation. Ce qu'on trouve dans les archives à cet effet offre une lecture assez distrayante. On s'imagine cependant que ça ne devait pas être drôle pour ceux et celles qui subissaient les foudres du curé. Alexis Desaulniers, décédé à Québec en 1907, a été inhumé à Princeville.

François-Édouard Baril, 1907-1916. Le curé Baril est celui qui a vécu l'incendie de 1911 et la construction, peu de temps après, de la nouvelle église. La documentation que nous avons consultée pour la rédaction du présent chapitre a placé

21      On pourra retrouver dans Le clergé du diocèse de Nicolet 1885- 1979, de Rémi Fafard (Trois-Rivières, Bien Public, 1979), plus de détails sur la vie de nos curés.

 

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sur notre parcours différents passages qui nous l'ont fait voir en homme généreux jouissant d'une certaine influence. Le curé Baril est décédé au presbytère en 1916. Son corps est inhumé au sous-sol de l'église où l'on retrouve, entre autres, une plaque commémorative à son intention.

Arthur-Odilon Papillon, 1916-1924. Charles-Édouard Mailhot dit du curé Papillon qu'il était réputé pour ses ser­mons, et ce tant pour leur vigueur que pour les idées nou­velles qu'ils véhiculaient. Curé à l'époque de la guerre de 1914-1918, il s'est particulièrement occupé des conscrits de la paroisse. Décédé au presbytère en 1924, il a été inhumé dans le cimetière local.

Joseph-Sévérin Poirier, 1924-1952. Mgr Poirier, chanoine ti­tulaire et prélat domestique (1942) est le doyen des curés de Princeville. Sa cure s'échelonne sur une période de vingt-huit ans. Voici ce qu'on retrouve à son sujet dans les numéros du Feuillet paroissial des 3 et 10 novembre 1985.

M. Gilles Proulx, archiviste au Séminaire de Nicolet nous livre quelques traits personnels, anecdotes et marginalités [...] de Mgr Poirier. La vie de Mgr Poirier se partage en deux grands mouvements : directeur au séminaire pendant vingt et une années - c'est un record - , pasteur de Princeville durant vingt-huit ans, c'est un exploit non vil[...]. Lors de son soixantième anniversaire sacerdotal en 1952, on a loué sa piété exemplaire, sa grande charité [...].

On se souvient qu'au moins une fois la prédication s'éternisait; voyant les fidèles affaissés, il les fait lever et continue son « homélie “. La messe com­mencée à 9h30 se prolonge encore au timbre de l'angélus.

Par ailleurs, Mgr Poirier était, comme on a pu le constater plus haut, un adversaire inconditionnel de la consommation d'al­cool. À ce titre, c'est lui le fondateur du Cercle Lacordaire en 1938. Par ailleurs, il est l'un de ceux qui ont contribué à la venue des Frères du Sacré-Coeur pour tenir une école « semi­publique en 1946.

Eugène Autate, 1952-1954. Le curé Autate ne passa que deux ans à Princeville. Après le curé Lahaye en 1852, c'est celui dont le mandat fut de la plus courte durée. Sous sa cure, on lança le projet de déplacement du cimetière sur la rue Saint­Jacques. Décédé à Saint-David en 1954, il est inhumé à Princeville.

Eugène Demers, 1954-1967. Chanoine honoraire de la cathé­drale en 1959, le curé Demers est décédé à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska en 1967 alors qu'il occupait toujours la cure de Princeville. C'est peu de temps après son arrivée que l'on pro­jeta de construire la salle paroissiale.

Wilfrid Bergeron, 1967-1975. C'est sous le règne du curé Bergeron que la paroisse se dota d'un nouveau presbytère. À son départ de Princeville, le chanoine se retira au Grand

 

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Séminaire de Nicolet. Voici un extrait du message qu'il laissa alors à ses paroissiens le 2 février 1975 (Feuillet paroissial) : « Je pars avec la satisfaction du devoir accompli, et je ne pouvais faire plus que ce que j'ai fait, mais également je ne pouvais faire moins; et c'est parce que je ne peux plus faire ce moins que j'ai décidé, avec mon évêque, de donner ma place à un curé plus jeune “.

Pierre-Paul Lefebvre, 1975-1988. Avant son arrivée à Princeville, le curé Lefebvre avait, entre autres, occupé les fonctions de directeur de la revue diocésaine Panorama (1961 - 1965) et la cure de la cathédrale entre 1965 à 1975. Son départ correspond à sa nomination à titre de curé de la paroisse de l'Immaculée Conception de Drummondville. C'est sous sa cure que fut ouvert le centre communautaire au sous­sol de la sacristie.

Jacques Therrien, 1988- .           Curé en titre en 1997, l'abbé Therrien a, entre autres, été vicaire à Arthabaska, conseiller en éducation chrétienne à la Commission scolaire de Victoriaville et curé de Saint-Rosaire. Voici ce qu'on écrivait de lui dans le Feuillet paroissial du 9 juin 1991 dans le cadre de son 25e anniversaire de prêtrise : « Notre paroisse et toutes celles qui ont eu la chance de te voir à l'oeuvre dans le passé apprécient tes qualités de coeur et ta grande disponibilité “.

 

P.237                 La Vie Scolaire

Règlement d'école en 1852

Convention d'admission

1 - Appel de l'école tous les jours d'exercice à l'heure régulière pen­dant l'année.

2 - Régler les heures d'école comme suit savoir : depuis le Il" mai jusqu'au dernier jour de septembre est de six heures par jour et depuis le premier jour d'octobre jusqu'au dernier d'avril est de cinq heures par jour régulièrement.

3 - Commencer l'école par le Vini Sancte et la terminer par Sub Tuum Praesidium.

4 - Obéissance, respect et soumis­sion envers ses maîtres.

5 - Ne point sortir sans permission et toujours seul à seul.

6 - Ne point rapporter les punitions et réprimandes encourues par ses condisciples.

7 - Se procurer livres, papier et autres fournitures jugées nécessaires

soit par le maître soit par Messieurs les commissaires.

8 - Suivre régulièrement le cours de l'enseignement sans déviation ou exception du goût particulier des enfants ou des parents.

9 - ?appliquer de son mieux et tou­jours accomplir les devoirs ou tâches imposés par son maître.

10- Assiduité et régularité aux écoles et aux heures.

11 - Se soumettre aux réprimandes et punitions charitablement admi­nistrées par ses maîtres; les mutins rebelles et incorrigibles seront chas­sés de l'école.

12- Se conduire sagement soit en allant à l'école et en s'en retournant chez soi sans criailleries, tumulte, querelles, sans faire dommage ou injures ou insultes à personne les garçons toujours à part et les filIes aussi.

13- Si quelque écolier donne le mau­vais exemple ou se conduit mal en

avertir ses parents ou le maître sans publier la faute du coupable.

14- Les maîtres n'ont à recevoir ni ordre ni réprimande de la part des parents.

15- Ceux qui chaque jour badineront pendant l'école ou qui ne s'appli-queront pas à leurs devoirs, res­teront après l'école du soir en qualité de prisonnier aussi longtemps que le maître le jugera à propos et ils rem­pliront une tâche.

16- Le présent règlement sera affiché dans chacune des écoles de notre dite municipalité et sera lu au com­mencement de chaque semaine [ ... 1 afin que ceux qui y auront manqué soient punis avec connaissance de cause.

Fait à notre dite séance ce troisième jour de novembre dix-huit cent cinquante et un, Stanfold. Signé - Nous avons unanimement approuvé le présent règlement.

7 janvier 1852

 

P.238

La structure des premiers jours

Introduction

Le chapitre de la vie scolaire ne cherche pas tant à faire l'his­toire du monde de l'éducation à Princeville et à Princeville paroisse qu'à passer en revue les faits marquants de celle-ci. Dans cet ordre nous jetterons d'abord un coup d'oeil sur la struc­ture des premiers jours : les inspecteurs, les arrondissements, le mobilier, le matériel pédagogique, les instituteurs et les taxes. Nous ferons aussi état des matières enseignées et des niveaux scolaires. Puis, nous tracerons un bref historique des écoles du village et nous dresserons la liste des écoles de la campagne. Enfin, nous examinerons les différentes mutations qu'ont con­nues, au fil des jours, les municipalités scolaires de Stanfold et de Princeville pour conclure en traçant un portrait succinct de 1996. Cela dit, il ne faut jamais lire l'histoire avec les yeux du présent, au risque de causer un préjudice à ceux et celles qui nous ont précédés et dont les faits et gestes, dans le contexte d'aujour­d'hui, pourraient être discutables. Sans compter que ce serait là se priver du sens réel de leurs actions et, du coup, de la pos­sibilité de comprendre et d'apprécier. Non, il faut toujours con­sulter l'histoire en tenant compte du contexte de l'époque. Et la chose est encore plus vraie, d'où notre commentaire, quand il s'agit de porter un regard sur l'organisation scolaire plutôt modeste d'il y a cent cinquante ans.

II y a cent cinquante ans, nos ancêtres sortaient à peine, et nous soulignons « à peine “, de l'état d'isolement et d'appau­vrissement tant physique que culturel dans lequel les avait laissés la mère patrie (la France), davantage préoccupée par l'étendue de son territoire que par l'établissement structuré de ses colonies. Aussi, au moment de la Conquête par les Anglais, le régime scolaire canadien-français est-il en piteux état. Et ce n'est justement pas le régime anglais, pas au début en tout cas, qui va favoriser son épanouissement.

Le manque de routes, la difficulté de se déplacer d'un point à un autre même quand ceux-ci sont relativement rapprochés,

l'urgence de « faire de la terre “ pour survivre, la nécessité de bénéficier de tous les bras disponibles, y compris ceux des enfants et enfin la croyance que c'est la terre qui nous fait et nous fera vivre et qu'à ce titre, elle reste la priorité, sont d'autres éléments qu'il faut garder à l'esprit si nous voulons comprendre et surtout apprécier à leur juste valeur les débuts modestes du système scolaire à Stanfold, comme du reste, de celui de tout le Québec.

Encore qu'à Stanfold, la mise en place du système est relative­ment hâtive. À preuve, elle précède l'érection canonique de la paroisse (1848) et la naissance même de la municipalité civile en 1855. C'est en effet le 24 août 1846 que se réunissaient pour une première fois les « commissaires d'école “. Incidemment, on ne parle pas au début de commission scolaire mais plutôt de « municipalité scolaire ». II en sera ainsi jusqu'en 1962 alors que, dans le sillage de la commission Parent (voir encadré), on adopte le vocable « commission scolaire ».

1- La structure des premiers jours

Là-dessus, avant d'entreprendre notre récit, il importe de pré­ciser maintenant, bien que nous élaborons plus loin, qu'à une certaine époque et pendant un court laps de temps, deux municipalités scolaires ont fonctionné simultanément sur le territoire : la « Municipalité scolaire du township de Stanfold et la Commission scolaire de Princeville ». La première a été la seule pendant les cent premières années. Sa juridiction s'étendait alors tant aux écoles de la campagne qu'à celles du village. En 1946 toutefois, la population du village décidait de se doter de sa propre organisation, ce qui a entraîné la mise en place de la Commission scolaire de Princeville.

Ce dédoublement, cependant, ne persistera guère plus d'une quinzaine d'années : en 1961, la première municipalité sco­laire et la plus ancienne était annexée par la seconde. Ici la situation pourrait laisser croire à un retour à la case départ; ce n'est pas le cas puisque ladite annexion va provoquer la

 

P.239

disparition des écoles de rang et le rapatriement dans les écoles du village de tous les élèves de la campagne. Par la suite, toujours comme nous le verrons plus loin, d'autres changements dans la structure administrative vont intervenir. Mais, pour l'instant, gardons plutôt à l'esprit ces deux munici­palités scolaires et leur période de fonctionnement.

L' organisation

Nous n'avons pas repéré de documents à même d'éclairer le contexte de la fondation du régime scolaire à Stanfold. Toutefois, les noms des personnes figurant dans les premiers documents officiels laissent deviner ce qui aurait pu se passer à l'époque. Parmi ces noms, notons ceux du missionnaire rési­dent, Édouard Dufour, du notaire François-Xavier Pratte et du marchand Pierre Prince. Bref, des personnes dont la formation ou les intérêts (l'intérêt de Pierre Prince pour l'instruction était de notoriété publique à l'époque) suffisent largement pour

déduire qu'ils ont été de ceux à faire la promotion de l'éta­blissement rapide d'écoles sur le territoire.

Du reste, au moment de la première réunion des commis­saires de la Municipalité scolaire du township de Stanfold, Édouard Dufour fut nommé président des commissaires. À ses côtés, nous retrouvions : Louis Pratte, Joseph Pellerin et Antoine Hamel. Pour sa part, François-Xavier Pratte fut désigné pour occuper le poste de secrétaire-trésorier. Enfin, à la réunion suivante, on nomma Pierre Prince au poste d'assesseur (dans le sens d'évaluateur).

Maintenant, pendant que l'organisation municipale gravite autour du noyau que forment le maire, les con­seillers et le secrétaire-trésorier qui joue un rôle de pre­mier plan, l'administration du système scolaire va, elle, s'orchestrer, autour du président, des commissaires et de l'inspecteur d'écoles. Cette fois, le secrétaire-trésorier

 

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n'occupe plus qu'un rôle secondaire. Voici comment les choses se passent. Le conseil des commissaires détient le pouvoir décisionnel. Mais dans la pratique, il est large­ment influencé par les recommandations de l'inspecteur d'écoles qui joue, d'une certaine manière, le rôle d'un directeur pédagogique. À ce titre, ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, quand son poste disparaît, au milieu des années 1960, on voit naître la première génération de directeurs généraux de commission scolaire.

Les inspecteurs

L'inspecteur est en effet le principal artisan de la pédagogie quand il n'est pas, plus simplement, la seule ressource en la matière. Nommé par le Département de l'instruction publique (l'organisation scolaire provinciale qui a précédé le ministère de l'Éducation sanctionné en 1964), l'inspecteur supervise l'ensemble des écoles d'un territoire donné et dont les limites s'étendent généralement au-delà de celles de plusieurs muni­cipalités. À titre d'exemple, le district couvert par l'inspecteur Lionel Bergeron en 1903 regroupait, avec les écoles de Stanfold, « 177 maisons d'éducation réparties dans 25 muni­cipalités. Parmi celles-ci : Saint-Ferdinand, Gentilly, Saint-Paul, Victoriaville et Sainte-Anne-du-Sault.

Essentiellement, l'inspecteur devait visiter deux fois par année chacune des écoles sous sa juridiction et les évaluer suivant une grille de contrôle dont disposaient les instituteurs et les institutrices. Son attention devait porter sur la qualité des locaux, du mobilier et du matériel utilisé. Bien entendu, il devait également mesurer le degré de compétence des institu­teurs et des institutrices de même que le degré d'apprentissage des élèves. Par la suite, il rédigeait son rapport et le remettait aux commissaires. II rédigeait également un rapport à l'atten­tion du Surintendant de l'instruction publique. Ce dernier faisait état de la situation sur l'ensemble de son territoire.

On l'imagine sans peine, lesdits rapports représentent une source d'informations d'un grand intérêt. Plus que n'importe quel procès-verbal de l'assemblée des commissaires qui passent généralement sous silence les délibérations, les rap­ports de l'inspecteur fournissent la plupart du temps un tableau assez complet de la situation à une date donnée. On sera d'ailleurs à même de le constater en consultant, en encadré, le rapport de 1918 donné en exemple.

Cela dit, le premier rapport que nous avons observé date de 1852. II était alors signé par G. A. Bourgeois. Nous avons aussi pris connaissance des rapports de Lionel

 

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Bergeron (1903 à 1913)', Thomas Warren (1913 à 1926), Armand Desjarlais (1925 à 1931), Lucien Gagné (1947 à 1954), Gérard Paré (1956 à 1959), Alfred Jacques (1960), Lucien Grandmont (1961 à 1964) et Gérard Perreault (1964), soit tout autant d'inspecteurs ayant oeuvré sur le territoire scolaire de Stanfold et Princeville.

Les arrondissements

Comme ce fut le cas pour le régime municipal, l'organisation scolaire s'est orchestrée autour de l'établissement d'ar­rondissements, chacun de ceux-ci desservant une partie du ter­ritoire. À l'origine, on forma quatre arrondissements, le pre­mier correspondant aux limites du village. Rapidement toute­fois, soit en 1848, on dut réduire ce nombre à trois, faute de clientèle. Incidemment, tout au long de l'histoire, les limites et le nombre desdits arrondissements varieront sans cesse, tan­tôt à la faveur de la création d'un nouvel arrondissement et, tantôt, à la suite d'une requête des citoyens demandant, comme le 24 novembre 1890, de modifier certaines limites (à ce moment, sept des onze arrondissements avaient été retracés).

À chacun des arrondissements était greffée une école dont les coûts de construc­tion et d'entretien, incluant ceux de l'insti­tuteur ou de l'insti­tutrice, étaient répartis entre les contribuables dudit arrondissement. À sa pleine expansion, vers 1950, le système scolaire de Stanfold, si on inclut le village, a regroupé jusqu'à treize arrondissements dont 12 dans la paroisse.

Les équipements (écoles et mobilier)

Éventuellement, la plupart des principaux rangs bénéficieront, un jour ou l'autre, d'une maison d'école. II s'agissait de cons­tructions bien rudimentaires surtout dans le cas des écoles de rang qu'on devait sans cesse réparer et, parfois même, recons­truire. Sans compter qu'elles manquaient des services les plus élémentaires comme l'eau courante, les toilettes et l'électricité.

Pour l'électricité justement, il n'y a pas de problème à com­prendre : le réseau ne s'est étendu dans les rangs de la paroisse qu'à partir de 1935 et, encore là, la construction n'a progressé que lentement. On l'aura deviné, la pre­mière école à bénéficier de l'électricité a été l'école du vil­lage en 1927 (PVSC, 4 juillet 1927). Quant à la dernière, suivant ce qu'on note au procès-verbal du 7 juin 1956, il s'agirait de l'école n" 11, au coin du troisième rang et de la route 263.

Mais il y a pire que l'absence d'électricité : l'eau courante

 

7     Les dates accolées au nom des inspecteurs et inscrites entre parenthèses font référence aux dates indiquées dans le rapport consulté. Ce faisant, le mandat de l'inspecteur en question peut s'être étendu davantage.

 

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Devis de l'école no 9

1876

Pour se faire une meilleure idée des écoles de rang d'autrefois qu'il suffise de prendre connaissance d'une partie du devis de l'école numéro 9 que l'on a construite en 1876 :

« La maison aura 28 pieds de long sur 22 pieds de large et dix pieds de poteaux en pièces de bois mou excep-té les solos (sic) qui devront être en cèdre ou en épinette muge bd en pièce sur pièce en queue-d'aronde. La maison devra être soulevée à un pied et demi du sol et l'espace devra être rempli en pierres sèches enchaussées en-dehors et en-dedans avec de la terre qui sera prise dans la cave qui devra être de dix pieds carrés sur deux pieds de profondeur dans la tenu La maison devra être couverte en plan­ches d'épinette et couverte de bardeaux de pin ou cèdre de première qualité de seize pouces de long [J. Le comble fait en charpente lambrissée [c'est-à-dire recouverte] en planches

sèches embouvetées le tout bien cloué. La maison devra être bien calfeutrée avec de l'étoupe. Il devra avoir un plancher de bas de fait en madrier d'épinette d'un pouce et demi d'épais­seur embouveté et un plancher de même bois embouveté. Le plancher du haut devra être blanchi sur la face &en bas de même que les poutres Il faudra cinq lambourdes [pièces qu'on met pour poser les solives] de cède cm d'épinette rouge, appuyé chacune au milieu par des poteaux dans la cave. Les soli lui soutiennent le plancher] devront avoir dix pouces quarré [sic] au petit bout. Les pièces de la charpente devront avoir six pouces d'épaisseur [ ... 1. Il y aura une porte double de pin de fait en planche avec un cadre de pin bien ferré avec une serrure et des pen­tures de six pieds et demi de haut. Il y aura cinq châssis de fait en bas, un dans chaque pignon un en avant et en arrière de lx v de quatorze pouces sur         seize      pouces  1 ... 1.            Les         châssis

devront être           peinturés en blanc

deux couches       Il devra y avoir une porte de cave               avec un escalier de bois brut pour descendre à la cave. Il y aura un autre escalier[ ... 1 pour monter au premier [ ... 1.     Il y aura une cloison d'épinette         en                                planches         blanchies              [ ... ] avec un trou pour mettre le poêle et une porte en pin ferrée [ ... ].          La che­minée sera faite en briques de neuf pouces canés de feu [...]. Avec un per­ron en madrier[ ... ].                Tout cet ouvrage devra être livré au 1er décembre courant 1 ... 1                   il devra être peint en juillet prochain. Un lambris en dehors d'épinette embouvetée et blanchi à la chaux ainsi que le haut des pignons et aussi, à cette date, le calfeutrage devra être retassé et rempli ou il y aura besoin

A noter :    On ne parle ni d'eau courante, ni de plomberie m robinetterie, W même de toilette C encore moins d'èlectricité MC 1"1 dm de Wb ça n'est encore disponible.

et les toilettes. Pour l'eau, à la limite, ça pouvait aller un tant soit peu La plupart des écoles (mai pas nécessairement toute” étaient pourvues d'un puits. Encore fallait-il qu'il soit en état de fonctionner normalement et sans trop de risques ce qui de toute évidence, n'était pas toujours le cas :

À l'école no 3, je crains fort que l'eau subisse quelque souillure par le fait que le puits n'est qu'à 18 pieds de

la fosse d'aisance. Le puits de récole no 10 a besoin de réparation [J 3.

En outre, disposer d'un puits ne signifiait surtout pas profiter de l'eau courante. En réalité, on transportait l'eau à la chaudière dans l'école :

À l'école, il y avait une chaudière d'eau à chaque dame avec une seule tasse (A grand

2  Procès verbal du 22 août 1876.

3  Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 2 juin 1918.

 

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ébréchée pour tous les assoiffés. Plusieurs, aussi, traî­naient leur gobelet 4.

Pour ce qui est des toilettes maintenant, les « lieux d'aisance comme on disait à l'époque, le tableau n'a rien de compliqué à tracer : pendant toute la durée des écoles de rang, elles resteront la bête noire du système. Voici le genre de problèmes aux­quels elles donnaient lieu :

Les lieux d'aisance de l'école n° 1 sont trop rapprochés des salles de classe, ils présentent un danger pour la santé des enfants 5.

À l'école n° 9 [qui avait été recons­truite en 1907] , les élèves et l'insti­tutrice sont incommodés par les mauvaises odeurs que déga­gent les lieux d'aisance 6.

Je vous félicite d'avoir apporté votre attention à remédier à la situation des toilettes de l'école n° 9. II serait encore bon de faire désin­fecter l'école n° 6. La cause vient peut-être des lieux d'aisance'.

La ventilation des écoles n'était pas non plus sans faire régulière­ment problème, ce que ne man­quait pas, bien entendu, de souligner l'inspecteur :

L'école n° 5 est trop petite puisqu'elle ne donne que 85 pieds cubes d'air par élève. Les

4 Abbé Roger Dorval, loc. cit.

5        Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 8 mars 1903.

6        Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 2 juin 1918.

7        Alfred Jacques, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 25 mars 1960.

 

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lieux d'aisance de l'école n°1 sont trop rapprochés des salles de classe, ils présentent un danger pour la santé des enfants e.

Enfin, il y a aussi la question du chauffage qui, à l'époque, ne présentait rien du confort d'aujourd'hui :

Comme la maîtresse n'habitait pas l'école les fins de semaine, il n'y avait pas de chauffage. Le lundi matin il ne faisait pas chaud surtout par grands froids de 15° ou 20° Farenheit sous zéro [26° ou 28° Celsius sous zéro]. Aucun matériau d'isolation ne protégeait l'école. L'air passait à travers les fenêtres [...]. Les lundis avant­midi, on s'approchait tous du poêle pour se réchauf­fer [...]. À tour de rôle, chacun brassait le feu à sa manière, cherchant à obtenir le plus de chaleur possible'.

Évidemment, le tableau que nous venons de brosser peut paraître bien sombre en regard de 1997 et laisser croire à un système de qualité inférieure. Ce n'est surtout pas le cas. II faut surtout retenir qu'à l'époque nous ne retrou­vions pas les facilités d'aujourd'hui. D'ailleurs, quand on compare les écoles de Stanfold avec celles du reste du dis­

trict, celles-ci se tirent fort bien d'affaire. Le rapport général annuel de l'inspecteur au Surintendant de l'ins­truction publique le démontre sans ambiguïté. Pour n'en donner qu'un exemple, citons celui de l'inspecteur Thomas Warren en date du 15 juillet 1924. On y observe, entre autres, que Stanfold a reçu une note de 9,3 sur 10 pour ses écoles, ce qui la place au huitième rang des 26 commis­sions scolaires évaluées. Du reste, le plus mauvais résul­tat jamais obtenu par la Municipalité scolaire de Stanfold, quant à ses écoles, a été, selon ce que nous avons pu observer entre 1903 et 1925, une neuvième place en 1903. Donc, en un mot comme en cent, au début, la qua­lité des écoles sur le territoire se compare avantageuse­ment à celle que l'on observe dans les municipalités envi­ronnantes.

Sauf que la situation va se détériorer après la Seconde Guerre. Dès lors, la Municipalité scolaire de Stanfold montre des signes évidents d'essoufflement; elle est en perte de vitesse et a de plus en plus de difficulté à suivre les développements qui s'imposent. Ce que voyant, les gens du village, qui ne souhai­tent pas, eux, un tel ralentissement, choisissent de se doter de leur propre municipalité scolaire. Cette séparation sera le début de la fin pour la Municipalité scolaire de Stanfold qui,

8   Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 8 mars 1903. 9 Lassonde, op.cit., p. 145.

 

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dès lors, éprouvera encore davantage de difficultés à suivre le courant, une situation qui conduira à son annexion par la Municipalité scolaire de Princeville en 1961.

Le mobilier

À l'instar des maisons d'école, le mobilier est longtemps demeuré des plus élémentaires : pupitre pour les élèves, bancs sans dossier (du moins au début), tableau noir, boulier, cartes du Canada et de la Palestine et globe terrestre. Voilà, à peu de chose près, ce qui le composait. En outre, celui-ci exigeait sans cesse des réparations ce qui, inévitablement, entraînait les remarques de l'inspecteur vis-à-vis des commissaires. Ces derniers n'y étaient pas indifférents, loin de là, sauf qu'ils ne pouvaient faire plus que ce que les moyens de leur organisme leur permettaient. Aussi, les remarques persistaient :

Les mobiliers des écoles n° 3, 5, 6, 7, 8, 11 sont bien défectueux et devraient être remplacés par des pupitres perfectionnés. La même chose devrait être faite pour deux classes de l'école numéro 1 '°. Le matériel scolaire

Du côté du matériel scolaire, ce n'est pas l'abondance non plus. Mis à part les livres recommandés tels que la grammaire des Frères des écoles chrétiennes ou l'histoire du Canada des Clercs Saint­Viateur, l'élève disposait de cahiers, crayon et ardoise. Dans le cas des cahiers, quand ils étaient remplis d'écriture, on effaçait tout et on recommençait. Pour l'ardoise, c'était autre chose :

À l'école mixte, chaque élève écrivait sa dictée, etc. sur une ardoise de pierre noire encadrée de bois. Ils écrivaient aussi avec une pierre plus molie qui laissait

10      Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 22 mars 1909.

 

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sur le noir de l'ardoise les lettres ou chiffres gravés par le crayon. Pour effacer, la plupart crachait sur l'ardoise et avec le tissu de sa manche, frottait jusqu'à ce que l'ardoise redevienne toute noire. Quelques-uns avaient une petite bouteille d'eau et une guenille pour mouiller l'ardoise salie ". Les instituteurs et les institutrices

Les premiers instituteurs et les premières institutrices furent des laïcs. Quant aux Soeurs de l'Assomption elles intervien­nent dans l'histoire à partir de 1884. Les Frères du Sacré­Coeur, eux, arrivent à Princeville en 1946. Auparavant, des

prêtres et des séminaristes avaient assuré la direction du Collège commercial et l'en­seignement qu'on y dispensait.

De toute évidence, le recrutement d'instituteurs et d'institutrices qualifiés ne va pas de soi. C'est ce que permettent de déduire les nombreuses remarques de l'inspecteur à cet effet :

L'instituteur du 3e arrondissement n'est pas qualifié pour enseigner. II ne pourra être engagé après le 1 Il juillet prochain à moins qu'il ne se pourvoit d'un diplôme du Bureau des examinateurs. Les écoliers qui fréquentent son école lisent mal et ne savent rien. Celui de l'ar­rondissement n° 1 n'est pas tout à fait qualifié suivant la loi mais a une bonne manière d'enseigner. Ses écoliers lisent très bien en général [...]'2.

Incidemment, tous les enseignants étaient évalués deux fois par année par l'inspecteur. La chose n'avait donc rien de la surprise. En outre, comme ce dernier procédait à partir d'une grille d'évaluation dont tous et toutes disposaient, chacun et chacune savaient sur quoi l'inspecteur fonderait son jugement

et pouvaient donc s'y préparer. Voici un exemple de résultats que ça pouvait donner :

Pour la tenue des écoles. Sur 10 points à conserver. Les institutrices des écoles numéro un, quatre, cinq, sept, huit et dix, conservent 10 points. L'institutrice de l'école numéro deux conserve 9 points; l'école numéro trois, 8 points; l'école numéro onze, 7 points; l'école numéro six, 4 points; et l'institutrice de l'école numéro neuf conserve 3 points '3.

En général, sauf pour la période débutant après la Seconde Guerre pour les écoles de la campagne, les institutrices obtiennent de

bonnes notes. Bien sûr, il y a ici et là des cas douteux, mais ceux-là demeurent l'exception. Cela dit, les premiers instituteurs et les premières institutrices étaient embauchés pour une durée prédéterminée, générale­ment pour l'année scolaire. À la fin de celle-ci, le secrétaire-trésorier notifiait à tous et à toutes « que leurs services n'é­taient plus requis “. Cette façon de faire s'étira jusqu'à la fin des années 1960. La procédure était simple : en avril on ren­voyait tout le monde et en juillet on procédait aux engagements.

On embauchait surtout des femmes. Pour tout dire, jusqu'au début des années 1970, les hommes font figure de cas isolés quand on considère leur proportion en regard du nombre total d'enseignants. Mis à part, les jeunes mariées n'étaient pas particulière­

ment prisées par les commissaires :

Cependant les commissaires ne favorisent pas l'en gagement des toutes jeunes mariées ou des filles qui contracteront le mariage dans le cours de l'an­née. (PVSC, 19 avril 1961).

11 Abbé Roger Dorval, Loc. cit.

12 G. A. Bourgeois,      inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 1 er juin 1852. 13 Lionel Bergeron, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 25 mars 1910.

 

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RAPPORT DE L'INSPECTEUR 2 juin 1918 Monsieur le Secrétaire,

J'ai l'honneur de vous transmettre le rapport de ma dernière visite aux écoles de votre municipalité, que vous êtes tenu de transcrire dans le registre de votre commission scolaire, conformément au paragraphe 14 de l'article 231 des Règlements refondus du Comité catholique du Conseil de l'Instruction publique

Votre tout dévoué, Lionel Bergeron, Inspecteur d'écoles RAPPORT

Pour la tenue des écoles. Sur 20 points à conserver :

Les institutrices des écoles 1, 5, 7, 9, 10 conservent : 20 points L'institutrice de l'école numéro 11 conserve :                                                          19 points Les institutrices des écoles 4, 8 conservent :                                                       18 points

L'institutrice de l'école numéro 3 conserve :           17 points

Les institutrices des écoles 2 et 12 conservent :     15 points

L'institutrice de l'école numéro 6 conserve :           14 points

À l'école numéro 9, les élèves sont incommodés par les mauvaises odeurs que dégagent les lieux d'aisance.

À l'école numéro 3, je crains fort que l'eau subisse quelque souillure par le fait que le puits n'est qu'à 18 pieds de la fosse d'aisance. Veuillez remédier à ces défauts.

Le puits de l'école numéro 10 a besoin de réparations. II faut une tribune plus grande à l'école numéro 5.

II faut un bureau d'institutrice à l'école numéro 9; 4 pupitres à l'école numéro 10; un mobilier complet pour les écoles 4 et 7 l?]. J'espère que vous achèterez ces meubles sans retard.

Il manque des tableaux noirs aux écoles numéro 7, 8, 9, 10. 1e vous en ferai envoyer trois qui avec celui que vous avez déjà suffiront à combler cette lacune.

Vous avez une institutrice non diplômée et je crois que vous l'avez engagée sans demander la permission. Veuillez vous conformer à la loi sans retard.

Par ailleurs, être instituteur à l'époque ne rapportait pas de gages faramineux. Ainsi, le 2 novembre 1850, Charles Gopelin était engagé à titre d'instituteur de l'école numéro 3. Son salaire, pour huit mois de travail, était fixé à £30 soit plus ou moins 70 $ dont la moitié devait être versée en argent et l'autre moitié « en bon et beau grain, net et sec “. En fait, il a fallu attendre plus de cent ans avant que le salaire des enseignants et des enseignantes ne grimpe au-dessus de la barre des 1000 $ par année. Les premiers à y être arrivés sont les Frères du Sacré-Coeur, en 1949; chacun touchait alors 1100 $. À la même époque, les soeurs enseignantes, elles, percevaient 800 $ tout comme, du reste, les institutrices laïques.

Les taxes

Pour générer les revenus nécessaires au bon fonctionnement des écoles, le conseil des commissaires avait le pouvoir, tout comme aujourd'hui, d'imposer une taxe et d'en fixer le taux selon les besoins. Mais, à certaines époques, sont apparues des différences. La rétribution par élève est une de celles-là :

Que la rétribution mensuelle, dont il est fait mention dans la XXI, Section de la 9e Vict., chap. vingt-sept, devant être payée à nous, dits commissaires d'écoles, au secrétaire-trésorier ou autre par nous autorisé,

 

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pour chaque enfant en âge et en état de fréquenter les écoles, est fixé pour la présente année à la somme de sept deniers courant par chaque enfant, pour chaque mois de l'année du calendrier et les paiements à commencer en même temps que les cotisations le 1 Il novembre '°.

On pouvait exiger le paiement de celle-ci en argent. Mais il arrivait que les commissaires en demandent la moitié en bois de chauffage (selon un prix fixé par eux) et la moitié en argent comme ce fut le cas pour l'année d'imposition 1903-1904: « Que le taux de rétribution soit de neuf centins par mois par enfant, payable moitié en argent et moitié en bois “. Incidemment, il faut savoir que pendant longtemps, le chauffage des écoles était sous la responsabilité des contribuables :

Les maisons d'école sont chauffées au besoin des maîtres par les chefs de famille de chaque arrondisse­ment ou par le tuteur des enfants; qu'il soit dont [sic]

notable que chaque chef de famille qui a des enfants d'âge d'assister aux écoles, soit tenu d'amener une demi corde de bois-franc par chaque enfant [...] (PVSC, 3 novembre 1851).

On note d'autre part, qu'en plus de la taxe générale fixée en regard de tous les biens imposables de la municipalité, on a également, à divers moments, imposé des taxes spé­ciales pour des travaux réalisés dans un arrondissement ou un autre :

Qu'une somme de trente-deux centins par cent pias­tres soit prélevée sur tous les biens imposables de l'arrondissement numéro cinq ( n° 5) pour payer le coût de construction d'un hangar [...]. [Année d'impo­sition 1911-1912.]

Enfin, avant qu'on en arrive au système actuel (taxe en fonction de l'évaluation foncière), la Commission scolaire

14 Procès-verbal de l'assemblée des commissaires du 14 décembre 1850.

 

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de Princeville a aussi bénéficié d'une source de revenus singulière, la taxe de vente : :

À compter du 1,r avril 1955, lors d'une vente en détail dans le village de Princeville, chaque acheteur devra payer aux commissaires d'école pour la muni­cipalité du village de Princeville une taxe égale à un pour cent du prix d'achat [...] 'l.

II s'agit de la même taxe dont ont bénéficié les municipalités civiles au même moment, à la différence, cependant, que les municipalités scolaires en ont profité moins longtemps et que le pourcentage qui leur était attribué, en l'occurrence 1 %, était aussi inférieur à celui accordé aux villes (2 %). Le système est re­lativement simple. Quand un consommateur de Princeville fai­sait des achats, une partie de la taxe alors perçue par le Ministère était retournée à la municipalité scolaire de l'endroit.

Là où ça se complique, c'est que les habitants de Princeville fai­saient aussi des achats à l'extérieur de la place, à Victoriaville par exemple. D'où le problème d'équité : les taxes payées par les gens de Princeville devaient servir à la municipalité scolaire de Princeville. Seulement voilà, la taxe perçue dans une ville était retournée dans cette même ville. Aussi, tout comme les villes, les municipalités scolaires de Victoriaville, Arthabaska et Warwick se sont-elles entendues pour que ce soit Victoriaville qui perçoive ladite taxe sur tout le territoire puis la redistribue par la suite, suivant une formule de partage préétablie, entre ses partenaires. Le système est demeuré en place jusqu'en 1962.

Puis il y a eu l'époque « des deux comptes de taxes », le provi­soire en septembre-octobre et le définitif vers février. Ce qui se passe, c'est que le compte provisoire était expédié aux con­tribuables avant que les chiffres ne soient approuvés par le Ministère, qui procédait au début de l'année suivante. Cette approbation corrigeait le taux provisoire et entraînait l'expédi­tion du compte définitif. À ce moment, ledit taux pouvait allé­grement dépasser un dollar des 100 $ d'évaluation.

Les choses ont changé depuis la réforme fiscale. Désormais, la

taxe fixée par les commissaires ne peut dépasser 35 sous des 100 $ d'évaluation. Le reste des revenus nécessaires à la Commission scolaire provient de subventions du Ministère.

15 Procès-verbal, volume 1, page 167.

 

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Cours et matières

Comment se déroulait la journée des élèves et que leur enseignait-on exactement? S'il est malaisé de le dire avec préci­sion avant 1900, la chose est relativement simple après cette date grâce au Registre d'inscription et d'appel dont disposaient tous les instituteurs et toutes les institutrices. Encore que nous ne constations que la théorie car, dans les faits, il semble que les enseignants aient souvent eu du mal à terminer leur programme, et ce non pas tant par incompétence mais plutôt parce que la structure même des classes qui confinait à la cohabitation des élèves de plusieurs niveaux ne facilitait pas les choses.

Cela dit, ce qu'il faut savoir, c'est qu'au début du siècle, une formation scolaire complète signifiait que vous aviez com­plété huit années scolaires. Les quatre premières compo­saient ce qu'on appelait le « cours élémentaire ». Pour leur part, les 5° et 6` formaient le « cours modèle “, également appelé « cours intermédiaire “. Enfin, les classes de 7° et 8° correspondaient à ce qu'on appelait le « cours supérieur ».

Après, évidemment, on pouvait se diriger à l'extérieur vers des maisons spécialisées.

Globalement, les matières enseignées selon les niveaux étaient: l'instruction morale et religieuse, le français, l'anglais, l'arithmé­tique, la géographie, l'instruction civique, l'histoire, le dessin et les sciences naturelles. À l'origine, il était prévu que l'on enseigne la langue anglaise dès la deuxième année. Mais dans la pratique, la chose s'avéra difficile et le début de l'enseignement de l'anglais fut décalé en sixième année. Pour sa part, l'instruction civique débutait en troisième année. Le cours avait pour objec­tif d'expliquer aux élèves l'organisation administrative de la province, de l'Église, de la justice canadienne et l'organisation scolaire québécoise. Enfin, l'enseignement des sciences naturelles, qu'on entreprenait réellement à partir de la troisième année, parlait d'hygiène mais surtout d'agriculture.

Pour compléter le tableau, voici la liste des cours en huitième

année pour l'année scolaire 1920-1921 : religion : prière, catéchisme, notions d'histoire ancienne, bienséance, lecture latine et histoire de l'église; français : lecture, écriture, gram­maire, analyse grammaticale, dic­tée, langage, rédaction et littéra­ture; anglais : lecture, récitation de mémoire, exercices écrits et de langage, grammaire et analyse; mathématiques : arithmétique, comptabilité com­merciale, toisé (l'art de mesurer les surfaces et solides) et algèbre; géographie : Amérique, Europe, Asie, Afrique et Océanie; instruction civique : organisation générale - politique et administra­tive - du Canada; histoire : du

 

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Canada, de l'Angleterre et des États-Unis; dessin; sciences naturelles : hygiène, agriculture, physique et cosmographie (description astronomique du monde).

Les institutrices disposaient de différentes ressources pour s'en­quérir de ce qu'elles avaient à faire. Les notes pédagogiques qui fi­guraient dans le registre des inscriptions sont de celles-là. Dans celui de 1911-1912, par exemple, on rappelle à l'instituteur ou à l'institutrice que « l'enseignement de la religion doit tenir le premier rang parmi les matières du programme d'études et doit se donner dans toutes les écoles ». Plus loin on peut lire : « II n'est pas néces­saire d'enseigner toutes les lettres de l'alphabet avant de com­mencer l'étude des mots. Mieux vaut en enseigner trois ou quatre pour commencer et étudier tout de suite de petits mots qu'on peut former avec ces lettres “. Enfin, les notes pédagogiques insistaient sur les valeurs de l'agriculture : « Notre population étant surtout agricole, ce serait rendre un service éminent au pays que d'ins­pirer aux enfants de la campagne l'estime et le goût de l'état de

leurs pères et de leur faire sentir combien il est honorable et heureux. L'instituteur s'attachera donc à faire aimer l'agriculture et la vie des champs [...] -.

Entres autres outils, l'institutrice pouvait aussi compter sur les règlements du « Comité catholique du Conseil de l'instruc­tion publique “. On lui rappelait, entre autres, qu'elle devait « s'ef­forcer de faire comprendre aux élèves qu'ils sont, à l'école, sous la direction paternelle » et que « les élèves, eux doivent être studieux en classe, respectueux envers leurs maîtres, bons et prévenants envers leurs camarades ».

Dernier outil dont bénéficiait le maître à partir du Registre d'inscrip­tion et d'appel : le Cahier de l'emploi

du temps. Essentiellement il s'agit de l'horaire des cours. Là où la chose devient intéressante, c'est qu'en plus de préciser l'heure où il faut enseigner telle matière, il précise le groupe à qui on doit s'adresser, ce qui n'est pas peu de chose quand on considère que dans une seule classe le professeur est entouré d'élèves provenant de différents niveaux, parfois jusqu'à sept ou huit.

Les niveaux scolaires

II n'est pas sans intérêt de souligner que la notion de ^ cours se­condaire ne fait véritablement son apparition dans les livres de la Commission scolaire de Princeville qu'au milieu des années 1950 et, encore, elle ne prend tout son sens qu'au début des années 1960. Auparavant on disait simplement 8e année, 9° année. Cela dit, la neuvième année devient accessible aux garçons du territoire de Princeville et de Princeville paroisse au début des années 1930 avec l'école du Maître. En 1949, on adoptera bien une résolution pour établir une dixième année, mais nous n'avons pas vu de

suite. Ce qu'on sait, par contre, c'est qu'en 1960-1961, les garçons qui voulaient faire leur dixième ou onzième devaient se rendre à Victoriaville. Pour les filles, les choses étaient tout autres. À cette date, l'école Sainte-Marie dispen­sait déjà l'enseignement de la pre­mière à la onzième année.

Aujourd'hui, en 1996, la Commission scolaire de Princeville dispense l'instruction de la maternelle (depuis 1966; PVSC, vol. Z, p. 281) à la cinquième secondaire. Évidem­ment, la palette des matières bien que formée autour du même noyau s'est quelque peu transformée en s'élargissant, entre autres, du côté des sciences, dont celle de l'infor­matique.

 

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Les écoles

Le parc immobilier de la Municipalité scolaire de Stanfold était en majeure partie constitué d'écoles de rang, du reste vendues en 1961 (voir tableau). L'organisme n'en comptait pas moins un certain nombre d'institutions dans les limites du village, institutions qui passèrent à la Municipalité scolaire de Princeville quand on fonda celle-ci en 1945 (effective en 1946). C'est de ces maisons d'écoles dont nous parlerons maintenant en les présentant par ordre d'entrée dans l'histoire. Nous ver­rons donc, dans l'ordre : l'école Modèle, le Collège commercial, le Couvent, l'école du Maître, l'école Sacré-Coeur, l'école Sainte-Marie, l'école Allard et l'école Saint-Pierre.

L'école numéro un, alias l'école Modèle, l'école Mixte

II n'est pas aisé de situer avec précision l'emplacement de la

première école de Princeville. Ce qu'on en sait, et ce qu'on constatera d'ailleurs dans la citation qui suit, c'est qu'elle se trouvait dans le tracé de la voie ferrée que l'on s'apprêtait à construire. Labbé Mailhot, à la page 248 du premier tome de son histoire des Bois-Francs, ajoute qu'elle était à peu de chose près là où nous retrouvons aujourd'hui le presbytère; ce qui est difficile à comprendre puisqu'à cet endroit l'obstacle qu'elle pouvait représenter pour ledit tracé n'a rien d'évident. Le plus plausible, c'est qu'il soit ici question du premier pres­bytère qui avait été déplacé pour faire place au nouveau de l'époque.

Quoi qu'il en soit, en 1853, on démolit donc la première école pour la transférer face au 121, rue Saint-Jacques Ouest. En 1996, le nouvel emplacement correspond au terrain de la

 

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Banque Nationale (100, rue Saint-Jacques Ouest). La Municipalité scolaire acquérait en fait ledit terrain à partir d'un échange avec la compagnie du chemin de fer qui s'engageait, en outre, à construire la nouvelle école :

II est unanimement décidé que vu que le chemin de fer de Québec à Richmond traverse l'emplacement sur lequel est construite la maison d'école n° 1 de la Municipalité scolaire du township de Stanfold et que Robert Walker, agent et procureur de Messieurs Jackson Blassey [?] Pits et Betts leur a fait certaines offres, qu'ils sont d'avis [les commissaires] aussitôt que la corporation en aura les lettres translatifs [sic] de propriété, d'échanger l'emplacement sur lequel est bâtie ladite maison avec ladite compagnie Jackson pour un emplacement de même étendue près de celui de John Barlow dans le onzième lot du neu­vième rang du township de Stanfold et ce à la charge, par ladite compagnie, de bâtir et construire, sur le ter­rain par elle à être donné en échange, une maison à deux étages et autres dépendances tel que le tout est spécifié au plan produit par ledit Robert Walker et ce pourvu toujours que le Surintendant de l'éducation consente à la dite échange.

L'école que l'on reconstruit alors ne sera plus jamais déplacée et ne disparaîtra qu'au moment où Achille Grégoire procédera à sa démolition en 1954, soit après l'ouverture de la nouvelle école Sainte-Marie. À cette date toutefois, son apparence aura changé. De fait, l'école Modèle a été agrandie à deux reprises. Une première fois en 1895 quand on l'a allongé d'une ving­taine de pieds, toujours sur deux étages. Puis une seconde fois en 1915 (PVSC, 20 mai 1915) quand on y ajouta, pour le prix de 4375 $, un troisième étage et qu'on dota l'école de l'eau courante et de lieux d'aisance intérieurs. Fait à remarquer, c'est l'architecte Louis Caron qui réalisa les plans d'agrandisse­ment. À partir de cette date, elle adoptera une apparence définitive; celle que les plus anciens, en 1997, gardent à l'esprit. L'école numéro 1, dirigée par les Soeurs de l'Assomption dès leur arrivée en 1884, a également été connue sous diverses

appellations, entre autres : « l'école Modèle “, “ l'école Mixte » et l'école Sainte-Marie (à partir de 1949, donc à la toute fin de son histoire). Pour ce qui est du nom « école Mixte -, celui-ci s'explique du fait que les garçons et les filles la fréquentaient. La désignation « école Modèle “, de son côté, tient du fait qu'à l'époque dans le programme du Département de l'instruction publique, on qualifiait les cinquième et sixième années de « classes modèles pour lesquelles, du reste, les instituteurs devaient détenir un « diplôme modèle “. Enfin, en 1949, l'école prit le nom « d'école Sainte-Marie “.

Comme nous l'avons indiqué, l'édifice disparut dans la foulée de la construction de la nouvelle école Sainte-Marie au prin­temps de 1954. À ses débuts, l'école comptait six classes. Juste avant sa démolition, on en dénombrait 8, de la première à la septième année incluant une première de garçons. En ter­minant, il peut être intéressant de savoir que la cloche qu'abri­tait le clocher de l'école en 1954 a été acquise par le proprié­taire de la plage Paquet, à ce moment, pour être installée au sommet de sa salle communautaire de l'endroit.

la section COUVENT a été intégré dans la page web

Voir http://www.societehistoireprinceville.com/Photo_patr_immobilier (couvent).htm

 

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L'école du Maître

“ L'école du Maître n'est rien d'autre que le germe de « l'école Sacré-Coeur ». Au début des années 1930, il n'y a pas à pro­prement parler d'école de garçons à Princeville. Ceux-ci débu­tent leur primaire à l'école numéro un, dirigée par les religieuses, puis laissent par la suite. L'inspecteur de l'époque en fait la remarque au Surintendant du département de l'ins­truction publique. Ce dernier écrit donc au conseil des com­missaires (lettre lue à la séance du 17 mai 1930) en lui con­seillant d'ouvrir une école de garçons.

Nous n'avons pu voir ce qui s'est alors passé exactement. Ce

qu'on sait par contre, c'est que le con­seil municipal, à sa séance du 5 sep­tembre 1933, autorisait la commission scolaire à utiliser le local sud-ouest de l'hôtel de ville pour y tenir « l'école du Maître » et ce aux conditions suivantes: fournir le bois de chauffage et payer 30 $ au gardien qui entretiendra les cor­ridors et chauffera les classes. À partir d'ici, et jusqu'à ce que l'on construise l'école Sacré-Coeur, « l'école du Maître sera donc l'école des garçons au village. En 1945 (PVM, 3 décembre 1945), on y dénombre encore 55 élèves. C'est pré­cisément cette année-là que la Ville fait part à la Municipalité scolaire de son désir de récupérer ses locaux et que naît le projet de l'école Sacré-Coeur.

Cela dit, Gustave Côté, qui enseignait déjà chez lui, aurait été le premier pro­fesseur de l'école du Maître. Un pro­fesseur, du reste, fort apprécié si l'on

doit en croire les propos du journaliste de l'époque :

 

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L'école du Maître a recommencé. Vu le départ du pro­fesseur Gustave Côté, qui en avait fait un succès l'année dernière [...] (L'Union, 6 septembre 1934).

Quelques mois auparavant, le journaliste Lehoux le décrivait à peu près en ces termes : « l'excellent professeur, compétent qui dirige l'école du maître et donne une instruction qui com­plète avantageusement la formation primaire ». Dans les faits, on y dispensait généralement les cours de sixième, septième et huitième. La disparition de l'école du Maître survient au moment de l'ouverture de l'école Sacré-Coeur.

École Sacré-Coeur

En 1946, le besoin d'une école de garçons s'impose de plus en plus. L'école du Maître, qui loge dans des locaux de l'hôtel de ville, exacerbe cette évidence d'autant que la Ville veut

récupérer ses locaux. II fut donc convenu d'inviter, par l'inter­médiaire de Mgr Poirier, les Frères du Sacré-Coeur à prendre la direction des classes de garçons au village et, à ce titre, de construire une école à cette intention. C'est ainsi que, le 5 sep­tembre 1946, les Frères du Sacré-Coeur arrivèrent à Princeville pour s'y installer en permanence. Après quelques semaines à l'hôtel Manoir, les frères déménagèrent au 15 de la rue Saint­Charles où ils logèrent près de dix ans.

Après avoir été retardés pendant quelques semaines pour limiter les risques de propagation de paralysie infantile qui faisait rage à l'époque et en attendant que la nouvelle école fut prête, les frères débutèrent leur enseignement à l'hôtel de ville en septembre 1946. Ils y accueillirent 112 étudiants. De ces élèves, quatre étaient en neuvième année et deux en huitième. Quant à la cons­truction de l'école, elle débuta en avril 1947 pour être complétée en novembre de la même année. II en coûta 55 000 $ pour

 

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réaliser les travaux. Comme ce sera le cas pour l'école Sainte­Marie, il faudra rapidement penser à un agrandissement. Pour tout dire, il y en aura plusieurs. Le premier, en 1956, fait passer la capacité de l'école de 8 à 15 classes. C'est au cours de ces travaux qu'on transférera la résidence des frères dans un édi­fice attenant à l'école.

En 1961, on ajoutera quatre autres classes, une cafétéria et une bibliothèque. Huit ans plus tard, alors que l'école devient mixte dans le cadre des annexions de Saint-Norbert et de Saint-Louis, on exécute aussi différents travaux. Enfin, la dernière série d'améliorations remonte à 1973, quand on

adopta le principe des aires ouvertes. Auparavant, on avait demandé aux frères de libérer leurs locaux pour permettre, entre autres, l'aménagement du centre administratif de la Commission scolaire. En 1996, l'école Sacré-Coeur accueillait plus de 650 élèves.

Le premier frère directeur a été le frère Rosaire (Rosaire Courtois) qui débuta en agissant à titre de directeur-professeur. Le frère Paul de la Sablonnière, pour sa part, a été le dernier à quitter Princeville au début des années 1990, quelques années après le frère Donat Rheault.

L'école Sainte-Marie

Établissons d'abord un fait : le premier immeu­ble à porter le nom d'« école Sainte-Marie » a été l'« école numéro 1 », ou l'école Modèle, sur la rue Saint-Jacques Ouest, en 1949. Malgré tout, nous ferons une distinction entre ces deux

constructions, d'autant que l'école de la rue Saint-Jacques n'a porté le nom de « Sainte-Marie » qu'à la toute fin de son his­toire. C'est pourquoi d'ailleurs, dans la population en général, l'école Sainte-Marie n'a jamais été autre chose que l'école actuelle sur la rue Mgr-Poirier.

C'est en 1951 que voit le jour le projet de construction d'une

école pour filles destinée à remplacer l'école numéro un, à proximité du couvent. Dès lors, on parle de la future école Sainte-Marie dont on fixe le budget de construction (PVSC, 27 mars 1953) à 220 000 $. La nouvelle école sera accessible dès la fin de janvier 1954. Elle sera bénite sept mois plus tard, soit le 29 août.

L'année suivante, on y reçoit 369 enfants : 67 garçons et 302 filles répartis en 13 classes de niveaux primaire et secondaire. II s'écoulera peu de temps après cette date avant que l'on doive songer à un agrandissement. C'est, du reste, dans le sillage de ce dernier que la Commission sco­

laire de Princeville fera l'acquisition du vieux couvent et que le cimetière sera officiellement désaffecté pour faire place aux terrains de jeux de l'école (PVSC, vol. 1, p. 277). Douze classes sont donc ajoutées en 1959, ce qui donne, en regard des 445 inscriptions de 1960, une cer­taine marge de manoeuvre pour les années futures. En 1963, 23 classes sont occupées : 2 classes de garçons à

 

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l'élémentaire, 15 classes de filles, toujours à l'élémentaire et 6 classes de filles au secondaire (jusqu'à la 11e année). Puis, en 1972, un changement majeur va se produire : la voca­tion de l'école change. Désormais on n'y dispense plus que les cours de niveau secondaire. En fait, le changement intervient

dans le cadre de la formation de la nouvelle commission scolaire Prince-Daveluy et dans le sillage de la commission scolaire régionale des Bois-Francs (CSRBF) qui assume l'administration du cours secondaire dans toute la région : Princeville, Victoriaville, Daveluyville, Plessisville et Warwick. Du coup, l'école Sainte­Marie passe à la CSRBF dont le centre administratif est à Victoriaville. On l'a préférée à l'école Sacré-Coeur dont les travaux d'aménagement exigeaient une plus forte somme.

En 1985, un second changement d'importance se produit. Dans le cadre de l'intégration qui entraînera la dissolution de la CSRBF et le rapatriement des niveaux élémentaire et secondaire dans une même commission scolaire, la propriété de l'école passe à la Commission scolaire Prince-Daveluy. Avant cette date, soit en 1980, elle avait été une nouvelle fois agrandie.

En terminant, soeur Yolande Saint-Onge fut la dernière religieuse à quitter Princeville à la fin de l'année scolaire 1984. Les écoles Allard et Saint-Pierre

Les deux écoles dont nous parlerons maintenant sont davan­tage des locaux d'appoint, loués au milieu des années 1960 par la Commission scolaire, que de véritables écoles. L'école Saint-Pierre, située au 2, rue Saint-Onge, dans un immeuble à

logements, sera la plus éphémère des deux.

Pour ce qui est de l'école Allard, les choses sont différentes. Située au 230 de la rue Talbot, l'immeuble a été loué une première fois en 1965. II s'agissait en fait de deux édi­fices à logements utilisés par la Commission scolaire de Princeville jusqu'au début des années 1970. Au plus fort de leur acha­landage, ils pouvaient accueillir jusqu'à 200 élèves répartis dans 6 classes primaires et 3 maternelles. À cette époque, l'école Allard bénéficiait même d'une « principale “, Mme Pauline Cadorette.

 

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Liste des écoles de rang vendues en 1961

À sa séance du 14 juillet 1961, le conseil des commissaires de la commission scolaire de Princeville mettait en vente, aux enchères publiques, les écoles de rang qu'il venait d'acquérir à la suite de sa fusion avec la commission scolaire de Princeville. Voici donc la liste des écoles alors vendues et le nom des acquéreurs.

NUMÉRO                                 LOCALISATION                                                      ACHETEUR         PRIX

DE L'ÉCOLE

2              102, route 116, en direction de Plessisville. En 1996, après diverses

transformations, la maison est toujours habitée.                                                  Rolland Allard   '                                                                                                                                      2555$

3              25, 10e rang Est. En 1996, après diverses transformations,

la maison est toujours habitée.                                                                                 Léo Talbot   '                                                                                                                                      1 200$

4               11e rang Est. L'immeuble a disparu à la suite d'un incendie.                           Alphonse Sévigny    1 000$

5                 À proximité du 6, 12e rang Est. L'édifice a été démoli.                                      Léon Saint-Pierre        407$

6              '   95, route 116, près du pont De Billy. En fait, l'école était considérée       '

'   comme étant dans le 11e rang Centre. En 1996, après diverses

transformations, la maison est toujours habitée.                                               Mme Rolland Houle                                                                                                                                                                                                                                                                 1 050$

7                 186, 10e rang Ouest. En 1996, après diverses transformations,                   '

'   la maison est toujours habitée.                                                                              Omer Thibodeau                                                                                                                      280$

8                 148, 10e rang Ouest. En 1996, après diverses transformations,

la maison est toujours habitée.                                                                              Gilles Lemieux                                                                                                                                      3400$

9                 95, 8e rang Ouest. En 1996, après diverses transformations,

la maison est toujours habitée.                                                                              Maurice Talbot                                                                                                                                       1 000$

10                  77, 7e rang Ouest. En 1996, après diverses transformations,

la maison est toujours habitée.                                                                              Maurice Talbot                                                                                                                                      ,                                                                                                                                      1 500$

11                  55, route 263 à l'intersection du 3e rang. En 1996, après diverses

transformations, la maison est toujours habitée.     Désiré Sévigny     470$

12               11e rang Ouest. (Sur le terrain de Napoléon Lemieux).

       N'existe plus en 1996.                                                                                           (?)       '                                                                                                                                  410$

 

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Les mutations structurelles

De la Municipalité scolaire du township de Stanfold au regroupement prévu en 1998

La formation de la municipalité scolaire de Stanfold, comme nous l'avons précisé en début de chapitre, remonte à 1846. II s'agissait alors de la seule organisation scolaire sur tout le ter­ritoire. Elle le restera pendant très exactement cent ans. Au cours de cette période, elle administrera tant les écoles du vil­lage que celles de la campagne. En 1945, elle perdra toutefois une partie de son territoire à la faveur de la formation d'une toute nouvelle commission scolaire, la Commission scolaire de Princeville qui prend à sa charge l'arrondissement numéro un dont les limites correspondent à celles du village.

La Municipalité scolaire du township de Stanfold survivra une quinzaine d'années à ce démembrement avant d'être annexée, en 1961, par la même municipalité scolaire qu'elle a fait naître, la Commission scolaire de Princeville. En fait, la Municipalité scolaire du township n'arrivait tout simplement pas à suivre les développements du monde de l'éducation :

Dans l'ensemble général, les enfants fréquentant vos écoles ne possèdent pas le développement

académique normal. II faudrait trouver une solution pour remédier à une telle situation. Ces enfants sont intelligents mais l'organisation actuelle ne leur per­met pas un développement culturel normal. Ils voudraient recevoir l'instruction et l'éducation comme la majorité des enfants de notre province. Leur application à l'étude, leur bonne conduite et leur assiduité au cours en font foi. Malheureusement les changements perpétuels d'institutrices, la fréquenta­tion d'écoles inappropriées, les cours donnés à sept divisions à la fois, parfois l'incompétence de certains titulaires qui accomplissent une besogne au-dessus de leur capacité, donnent comme résultat que cette génération d'étudiants ne sera pas prête à braver les exigences de la vie actuelle. Y a-t-il des pères de famille capables de se tenir responsables des nom­breuses difficultés que leurs enfants affronteront par leur ignorance?

L'école n° 3[...] fait tout simplement pitié. Cette école a un besoin urgent de réparations et de peinture [...]. L'école n° 6 reçoit 32 élèves distribués dans 7 divi­sions. Mme X ne peut accomplir des miracles et

 

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s'occuper suffisamment de tous les enfants [...]. L'école dirigée par Mme [...] est une autre école qui n'est pas digne de porter ce nom. Ce local est délabré et inapproprié pour une maison d'éducation [...] ".

Bref, un rapport des plus accablants et qui démontre hors de tout doute que la municipalité scolaire a un sérieux coup de barre à donner. Pourtant les commissaires mettront du temps à réagir. En fait, il faudra un deuxième « rapport marteau », avant qu'ils n'interviennent radicalement :

Vos institutrices entretiennent les écoles d'une façon convenable. Cependant, si vos élèves avaient expérimenté le confort dont jouissent ceux des com­missions scolaires environnantes [...] ils seraient pleinement justifiés d'envier le sort de ceux-ci [...]. J'ai néanmoins expérimenté combien il est ennuyeux de passer des journées entières sur des planchers con­tinuellement glacés et de se sentir à la journée longue saisi par des courants d'air froid ]...] 18.

Les commissaires vont donc réagir cette fois en convoquant une assemblée des contribuables. Plus de 150 d'entre eux y participeront. Le but de la rencontre est clair : discuter d'un

projet de fusionnement avec la Commission scolaire de Princeville. Un représentant du Département de l'instruction publique agit comme ressource.

Finalement, le regroupement se concrétisera quelques mois plus tard, soit en juillet 1961. Aussitôt, la Commission scolaire de Princeville se départit des écoles de rang en les mettant en vente aux enchères. Ce faisant, les élèves de la campagne sont dirigés vers les écoles du village.

La Commission scolaire de Princeville

En 1945 donc, la Municipalité scolaire de Stanfold avait du mal à suivre le rythme et à fournir à ses élèves les locaux et les équipements adéquats. Le problème s'accentua quand on pro­jeta de construire une école pour filles. En fait, la question sus­citait bien des discussions auprès des gens de la campagne peu enclins à contracter la dépense inhérente. Aussi, il apparut aux gens de l'époque que le mieux était encore de créer une nou­velle municipalité scolaire pour le village, complètement indépendante de la Municipalité scolaire de Stanfold. Ce qui fut dit fut fait et le 19 juillet 1945, par arrêté ministériel, on décréta la formation de la Commission scolaire de Princeville qui débu­ta officiellement ses activités en juillet 1946.

La commission Parent

« À la fin des années 1950, les études secondaires publiques sont devenues la grande faiblesse du système scolaire québécois. On estime qu'elles mènent une très large proportion d'élèves, sinon la majorité, à un cul-de-sac. En mars 1961, le gouvernement Lesage met sur pied une commission royale d'enquête, présidée par le vice-recteur de l'Université Laval, Mgr Alphonse­Marie Parent, avec pour tâche d'étu­dier l'organisation et le financement de l'éducation au Québec ». Au cours de leurs travaux qui s'échelonnent de

1961 à 1966, les commissaires reçoivent 300 mémoires et visitent plusieurs institutions scolaires au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Leurs premières recommandations, déposées en 1963, proposent l'aboli­tion du Département de l'instruction publique, un organisme plus que cen­tenaire, et la création d'un ministère de l'Éducation flanqué d'un organisme consultatif, le Conseil supérieur de l'éducation [...].

Pour assurer à tous les jeunes l'accès à l'école secondaire, le ministère regroupe d'abord les 1500 commis­sions scolaires locales en 55 commis­sions scolaires régionales. Rapi­dement, un grand nombre d'écoles régionales, dites « polyvalentes “, sont mises en chantiers. En 1967, les 12 premiers collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) ouvrent leurs portes [...] ».

Source: Jean Provencher, Chronologie du Québec, Montréal, Les Éditions du Boréal, 1991, p. 183.

17 Alfred Jacques, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 23 mars 1960.

18 Lucien Grandmont, inspecteur, Rapport de l'inspecteur, 10 février 1961.

 

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Peu de temps s'écoula par la suite avant qu'on enclenche le projet de construction de l'école Sacré-Coeur, qui fut suivi par celui de l'école Sainte-Marie de même que par des travaux d'agrandissement dans les deux cas. Bref, la nou­velle commission scolaire était bien déterminée à se doter des équipements et des locaux nécessaires à la diffusion d'un enseignement de qualité.

Saint-Norbert et Saint-Louis joignent les rangs

En 1969, c'était au tour des commissions scolaires de Saint­Norbert et de Saint-Louis de Blandford de joindre les rangs de la Commission scolaire de Princeville. Déjà, depuis 1962, Saint-Norbert avait entrepris de diriger des étudiants vers les écoles de Princeville, en l'occurrence ceux de ses dixième et onzième années. En 1963, Saint-Louis en faisait autant. Aussi, il n'y a pas à se surprendre du regroupement de 1969 et encore moins sachant que celui-ci s'inscrit comme bien d'autres à travers le Québec dans la foulée du rapport Parent.

La Commission scolaire Prince-Daveluy

Trois ans après les annexions de Saint-Norbert et Saint-Louis, on assistera à un regroupement majeur qui emportera la Commission scolaire de Princeville et donnera naissance à la Commission scolaire Prince-Daveluy. En 1972, les commissions scolaires de Lemieux, Saint-Rosaire, Saint-Anne-du-Sault, Chester­Est et Princeville se regroupent pour former une nouvelle entité dont le centre administratif sera à Princeville. Un conseil provi­soire est mis sur pied en octobre 1971. II demeurera en place jusqu'à la nomination du conseil officiel en juillet.

On a d'abord désigné la nouvelle commission scolaire sous le vocable ^ Commission scolaire de Princeville », mais rapide­ment on entreprit de lui trouver un nouveau nom. On hésita surtout entre « Charles-Héon », « Charles-Édouard Bélanger et « Prince-Daveluy “. On retint ce dernier en septembre 1972.

La Commission scolaire régionale des Bois-Francs

Suivant l'ordre chrono­logique des modifica­tions, il nous aurait fallu parler de la formation de la Commission scolaire régionale des Bois­Francs (CSRBF), en 1963, avant les regroupements de 1969 et 1972. Toutefois, pour faciliter l'assimilation de ces changements, il nous est apparu préférable de suivre l'histoire de la Commission scolaire de Princeville en tout pre­mier lieu.

Quoi qu'il en soit, la CSRBF a donc été for­mée en 1963 et ce,

 

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directement à la suite des recommandations du rapport Parent. Le principe est simple : la CSRBF prend en charge toutes les classes de niveau secondaire, et ce non seulement sur le territoire de la Commission scolaire de Princeville, mais également sur le territoire des commissions de Victoriaville, Warwick et Plessisville. Par conséquent, à partir de cette date, la Commission scolaire de Princeville ne s'occupe plus que du primaire. En fait, on a divisé le programme d'enseignement en deux (primaire et secondaire) et on a donné à chacune des parties sa propre commission.

L'intégration de 1985 ou la fin de la CSRBF

Ce qu'on a fait en 1963, on l'a défait lors de l'intégration en 1985. À ce moment, on a donc choisi d'intégrer dans une seule et même commission scolaire le primaire et le secondaire. Ce qui a entraîné la disparition de la Régionale des Bois-Francs et rapatrié dans le giron de la Commission scolaire Prince-Daveluy les élèves de niveau secondaire. II faut noter ici que, tant en 1963 qu'en 1985, il n'y a pas eu de mouvement d'élèves en tant que tel. Les entités ont changé, mais les élèves, eux, ont conservé leur école du début à la fin et n'ont pas eu vraiment à se déplacer.

Portrait en 1996

En 1996, la Commission scolaire Prince-Daveluy regroupe 2090 élèves. De ceux-ci, 195 sont inscrits à la maternelle, 1065 au primaire et 832 au secondaire. La Commission pos­sède des écoles dans quatre municipalités. À Princeville : l'école primaire Sacré-Coeur, 48, rue Saint Charles et l'école secondaire Sainte-Marie, 75, rue Mgr Poirier; à Daveluyville : l'école primaire Notre-Dame de l'Assomption, 414, rue Principale et l'école secondaire Sainte-Anne, 111, 7° avenue; à Saint-Rosaire : l'école primaire Centrale, 11, rue Principale; et, enfin, à Saint-Norbert : l'école primaire Notre-Dame, 1, rue Notre-Dame.

Regroupement prévu pour 1998

En mars 1997, la ministre de l'Éducation, Mme Pauline Marois, déposait un projet visant à réduire le nombre de commissions

scolaires au Québec. La Commission scolaire Prince-Daveluy était du nombre que visait directement la ministre. Ainsi, est­ elle invitée à se regrouper, d'ici le 1" juillet 1998, avec les commissions de Victoriaville, de Warwick et de Plessisville (Jean-Rivard).

 

P.267

LISTE DES PRÉSIDENTS / SECRÉTAIRES / DIRECTEURS

Présidents Municipalité scolaire de Stanfold 1846-1848     Édouard Dufour

1848-1850            Léon Thibodeau

1850- 1852     Gilbert Lemay

1852-1855      Joseph Houle

1855                Louis Prince

1855- 1857     Toussaint Lacourse

1857- 1862     Théophile Girouard

1862 - 1869    Joseph-Henri St-Germain

1869-1870      Noé Carignan

1870- 1876     Louis-Joseph Gravel

1876-1879      Léon Thibodeau

1879 - 1880    Joseph Brissette

1880- 1885     Léon Thibodeau

1885 - 1894    Joseph Brissette

1894-1899      Edmond Carignan

1899- 1902     Joseph Baril

1902 - 1903    J. A. Perreault

1903-1904      Hoséa Gagnon

1904- 1906     L. N. Leclerc

1906- 1907     Joseph Provencher

1907-1908      Norbert Leblanc

1908-1909      L. N. Leclerc

1909-1911      Joseph Thibodeau

1911 - 1912    Pierre Allard

1912- 1914     Joseph Vachon

1914-1927      P. A. Brassard

1927-1928      Donat Gagnon

1928- 1932     Louis Rivard

1932 - 1933    Joseph Lecourt

1933 - 1937    Zéphirin St-Cyr

1938                Livre manquant

1939                Alphonse Baillargeon

1940                Livre manquant

1941                Achille Poisson

1942-1949            Livre manquant

1950       Léopold Daigle

1950- 1951           Wilfrid Filteau

1951 - 1958          Napoléon Daigle, fils

1958- 1959           Charles Boisvert

1959- 1960           Fernand Blondeau

1960- 1961        Eddy Perreault Secrétaires-trésoriers Municipalité scolaire de Stanfold

1846 -1850           François-Xavier Pratte

1850       Philippe Brunelle, Médéric Poisson

1850- 1851           F. Duchesney

1851 - 1853          Paul Chandonnais

1853 - 1854          Narcisse Paquet

1854- 1873           F.-X. Pratte

1873 - 1887          Louis Lavergne

1887- 1906           Joseph Albert Hébert

1906- 1939           Bennett Feeney

1939 - 1940          Morrissette

1941 -1948           Livre manquant

1948       Eméry Leblanc

1949 - 1957          Gaston Boucher

1957- 1960           Robert Boucher

1960-1961      G. A. Beauchesne Présidents Commission scolaire de Princeville

1946-1960            Lionel Baril

1960- 1963           Gérard Raymond

1963- 1965           Lionel Baril

1965-1968            Marc Saint-Hilaire

1968-1972            Hervé Boudreau

 

P.268

Secrétaires-trésoriers Commission scolaire de Princeville 1946-1949                                Eméry Leblanc

1949-1964            André Cloutier

1964-1972               Georges Crête Présidents

Commission scolaire Prince-Daveluy 1972 - 1973        Hervé Boudreau

1973-1992            J. Germain Pepin

1992 - [...]              Paulette 5. Rancourt

Secrétaires généraux Commission scolaire Prince-Daveluy 1972-1973                             Georges Crête

1973                    Benoit Guillemette

1974 - [...]     Jean-Yves Mailhot Directeurs généraux Commission scolaire Prince-Daveluy

1972- 1973        Henri-Paul Hamel

1973 - 1995       Bertrand Bérubé

1995-1 ...]           Diane Grandmaître

 

P.271    L’organisation sociale

Les services

Introduction

Nous entamons maintenant la dernière partie du présent livre. Dans celle-ci, nous avons colligé diverses infor­mations relatives à l'organisation sociale en dehors des insti­tutions, par exemple, municipales, scolaires ou religieuses.

Plus exactement, nous nous arrêterons sur l'organisation des services tels que la poste, le téléphone et l'électricité. Nous passerons également en revue certains moyens de transport et la mise en place de nombre d'organismes sportifs et socio­communautaires.

Nous tracerons, par ailleurs, un bref portrait d'individus de Princeville ou de Princeville paroisse s'étant illustrés d'une manière ou d'une autre. Et nous conclurons avec les « gla­nures ». Les glanures sont en réalité de courtes notes sur cer­tains aspects de la vie au fil du temps.

la section électricité a été intégré dans la page web

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P.274

LES JOURNAUX

II n'entre pas dans nos intentions de faire l'inventaire his­torique des journaux et des revues disponibles sur le territoire depuis les origines. Qu'il suffise d'abord de dire qu'en 1997, à l'heure d'Internet, Princeville a accès à peu près à tout ce qui peut se véhiculer d'information populaire et spécialisée à tra­vers les médias dans le monde.

Pour ce qui est des débuts, il y fort à penser que le quotidien L'Action catholique (1907), fortement recommandé par le curé du haut de la chaire, avait ses entrées dans la place. Tout comme d'ailleurs La Presse qui a, entre autres, couvert l'in­cendie de l'église en 1911 et le Journal de Québec qui rapporta, le 29 novembre 1845, le récit de la mort de l'abbé Bélanger repris dans Le Monde Illustré, en 1898.

On sait, par ailleurs, suivant une résolution adoptée par les élus du village le 2 mars 1863, qu'on est en contact avec les publications suivantes : Le Courrier du Canada, L'Ère Nouvelle, Le Défricheur et Le Courrier de Saint-Hyacinthe. Enfin, il y avait également les revues spécialisées comme Le Bulletin des agricul­teurs et, un peu plus tard, La Terre de chez nous.

II y avait également les hebdomadaires qui parlaient régulièrement de Princeville. Parmi ceux-ci, le plus ancien de tous, L'Union des Cantons de l'Est, alias L'Union, fondé en 1866 et le seul encore publié à ce jour, et La Voix des Bois-Francs, fondé en 1928.

Tout au long de l'histoire, L'Union a délégué des corres­pondants pour Princeville. Parmi ceux-ci, Charles-Flavien Baillargeon au début du siècle, Jeanne des Érables (Dame G. Vekeman), Albert J. Lehoux, Georges Béchard (1958 à 1981), Murielle Boucher, Marie-Andrée Bérubé (1982 - 1990) et Lise Mailhot quelque temps plus tard.

Évidemment, au fil du temps, la nature même des nouvelles a évolué. À ce titre, il peut être intéressant de prendre connais­sance de ce qu'écrivait de son temps le correspondant Lehoux. Bien sûr, on pourra conclure dans nombre de cas qu'il n'y avait pas vraiment matière à nouvelle. Sauf que c'était une époque et que, du reste, les propos de M. Lehoux témoignent, dans l'ensemble, du climat qui prévalait alors. Voici donc quelques extraits :

M. Hervé Baril et ses soeurs, Gabrielle et Juliette, sont allés à Saint-Agapit chez leur oncle, M. Aurèle Hébert, agronome. Ils ont également visité les familles Vermette et Roberge et sont revenus enchantés de leur voyage [...].

M. et Mme Ant. Hébert de passage à Victoriaville la semaine dernière chez des parents et amis [...]. Les heures de trains ont quelque peu changé depuis le 1 er octobre courant. Par exemple à Princeville nous avons un train venant de Lyster à 6.36 a.m. puis deux autres trains venant de Québec à 2.27 p.m. et 6.54 p.m. Venant de l'ouest, nous avons deux trains allant à Québec, l'un à 9.53 a.m. et à 1.10 p.m. et un autre allant jusqu'à Lyster à 10.45 p.m. Donc avis aux voyageurs. (4 octobre 1934).

M. Émile Bélanger, gérant des Abattoirs, s'est acheté une magnifique sedan Chevrolet, modèle 1934. C'est un indice de prospérité [...].

M. Joseph Boucher, sacristain, fait également faire présentement la toilette intérieure de son logis. Tout est peinturé et remis à neuf. Pour plusieurs des appartements la peinture employée est la bonne peinture Powderpaint, peinture sans huile, dont M. A.J. Lehoux, de notre village est le distributeur exclusif pour la province de Québec. (avril 1934).

Autrefois quand quelqu'un était malade, l'on appelait quelque bonne femme des environs qui vous

 

P.275

purgeait le patient en un clin d'oeil et le rendait quasi aux portes du tombeau, en lui administrant tisane de ci, emplâtre de ça, etc. Mais maintenant, on est plus avisé, l'on peut mourir pareil, c'est entendu, mais la contempla­tion d'un joli minois d'infirmière est autrement plus agréable qu'une tisane amère, et la médecine a fait des progrès constants, et l'on ne devrait mourir qu'à son heure, sans être trop aidé. (26 juillet 1934). L'assemblée des créanciers de la Caisse populaire aura lieu le 7 mai prochain à 2.30 de l'après­midi, aux fins d'élire un syndic permanent. En atten­dant, le notaire Feeney, syndic autorisé pour la province, a été nommé gardien. II est regrettable que notre caisse populaire en soit rendue là, mais si cer­taines personnes n'avaient pas été mal conseil­lées et avaient continué aux liquidateurs la confiance qu'ils méritent, personne n'aurait probable­ment perdu un seul sou. L'Avenir jugera [...].

M. Arthur Allard, de passage à Victoriaville, en fin de semaine, pour affaires importantes [...].

Mme Joseph Vallières, épouse de M. Vallières, employé au C.N.R., malade depuis quelques jours [...] (Z mai 1935).

Bref, si l'on voulait résumer le travail de M. Lehoux, nous di­rions que son propos fait figure de place publique, à même sans doute de provoquer quelques tiraillements mais, surtout, en mesure de susciter un immense sentiment d'appartenance au sein de la communauté.

 

P.276

LE GAZ NATUREL

L'histoire du gaz naturel dans la région commence en 1988 quand Cascades,

une entreprise de Kingsey Falls, cherche une source d'énergie peu coûteuse pour mettre en place un projet de cogénéra­tion. L'entreprise entame alors des négociations avec Gaz Métropolitain de Montréal qui, pour sa part, cherche à étendre son réseau. Gaz Métropolitain et Cascades finiront par s'entendre.

Partant d'ici, entre Kingsey et Victoriaville, la route n'est pas bien longue. Or, pour la franchir, il suffirait de repérer sur place un client potentiel intéressant. Ce sera Lactantia. Maintenant, entre Victoriaville et Princeville, il n'y a qu'un pas, égale­ment vite franchi :

II est résolu d'autori­ser Gaz Métropolitain à installer les con­duites de gaz naturel sur notre territoire (PVM, ville, 3 août 1992).

La municipalité, la Fabrique et la piscine seront parmi les premiers utilisateurs du gaz naturel comme source d'énergie. Nombre d'entreprises du parc industriel feront aussi partie du groupe. Entre autres, en 1993, on prolongeait le réseau sur les rues Boulet et Beaudet de même que sur les boulevards Industriel et Carignan.

 

P.277

LA POSTE

Selon une lettre expédiée par le surintendant des postes, M. Erb, au maître de poste le 14 avril 1961, le premier bureau de Princeville fut établi le 6 avril 1849. Dès lors, il porta le nom de Stanfold, et ce jusqu'à ce qu'il prenne celui de Princeville le premier juillet 1914. Ses archives débutent en avril 1851, soit au moment même où l'Imperial Post Office Authorities doit céder la direction du départe­ment des postes qu'elle détenait alors.

Avant 1853, les archives étant manquantes ou muettes sur la question, il n'est pas possible de savoir qui, ni même com­bien, il y a eu de maîtres de poste. Dans son histoire des Bois­Francs, l'historien Mailhot raconte toutefois qu'avant l'arrivée du chemin de fer, Pierre Richard a eu « plusieurs années le contrat de la malle 3 ». Pour le reste, le premier nom officiel repéré est celui de François-Xavier Pratte, maître de poste de 1853 à 1854.

Localisation des bureaux de poste

Si Pierre Richard a effectivement été le premier responsable du service des postes à Princeville, cela revient à dire que le premier bureau de poste aurait été situé au 15, rue Saint­Jacques Ouest. Partant de là, on l'aura déménagé dans la demeure de François-Xavier Pratte, 25, rue Saint-Jacques Est (Provigo en 1996) puis, en 1855, au 105, rue Saint-Jean­Baptiste Sud chez James Huston, maître de poste de 1855 à 1889. Incidemment, la demeure de M. Huston, qu'il avait fait construire, est l'immeuble qui donna naissance au célèbre hôtel Manoir ravagé par les flammes à Noël de 1990.

Quand Huston décéda, il légua à sa fille, Georges-Elison, ses revenus de poste. Quelques mois plus tard, celle-ci épousa le notaire Joseph-Albert Hébert qui tint, toujours dans la maison de Huston, le bureau de poste, et ce jusqu'en 1898.

À ce moment, Joseph Brissette prit la relève. En 1902, il reviendra au 15 de la rue Saint-Jacques Ouest où Pierre Richard aurait apparemment tenu le premier bureau. Cet endroit aura desservi pendant quarante-trois ans la popula­

tion de Princeville. En 1945, l'immeuble est vendu et le bureau de poste déménage au 65 de la rue Saint-Jean-Baptiste Sud, propriété d'Évariste Blanchette. II n'y restera que quelques années puisqu'en 1948 il emménage à l'hôtel de ville, dans un local préparé à cette fin.

Les pressions sur le gouvernement pour que celui-ci construise un immeuble spécifique n'en restent pas moins fortes. À ce moment, si les autorités se montrent favorables, elles ne s'en laissent pas moins tirer l'oreille pour passer à l'action. Plus exactement, il fau­dra attendre trois ans encore, soit en 1951, avant que le gou­vernement ne procède. Quoi qu'il en soit, C est à ce moment qu'il entreprend les travaux de construction du bureau de poste actuel, au 45, rue Saint-Jean-Baptiste Sud.

Le service a connu peu de modifications majeures au fil des ans. En 1994, toutefois, un changement d'importance va se produire :

 

P.278

on implante sept kiosques postaux à travers la ville. Désormais, chacun, suivant le secteur qu'il habite, ira y prendre son courrier.

Liste des maîtres de postes

1849-1853 (?)

1853-1854  F. X. Pratte

 

1855-1889  James Huston

1889-1898 J.A. Hébert

1898-1919 Joseph Brissette

1920-1944 Joséphine Brissette

1944-1945  Marguerite Leblanc '

1945-1951  Joseph Lévis Carrière

1951-1959 Georges-Albert Béchard

1959-1967  Jean-Louis Carrière

1968-1973  Fernand Malo

1974-1989  Hugues Champagne

1989-1990  Édith Boissonneault*

1990-      Diane Genest " Intérimaire

 

P.279

LA RADIO

L'invention de la radio par l'Italien Guglielmo Marconi remonte à 1901. II faut cependant attendre en 1920 avant que ne soient radiodiffusées les premières émissions. C'était alors aux États-Unis. Au Québec, la première sta­tion fut CKAC, fondée par La Presse, en 1922. Radio­Canada fait son apparition quatorze ans plus tard.

À l'origine, c'est-à-dire avant la création du CRTC en 1950, on « s'abonnait à la radio. De fait, pour en profiter, il fallait payer un permis annuel. C'était l'époque d'avant la publicité radio. II est difficile de situer à quel moment le premier radio a fait son apparition sur le territoire de Princeville et de Princeville paroisse. On sait par contre qu'en 1927, le doc­teur Philippe-Antoine Brassard possédait le sien. Ainsi, le 12 octobre 1927, le docteur indique dans son livre de comptes qu'il a payé sa « licence de radio » 1 $. Ce genre de dépense apparaîtra jusqu'en 1933 alors qu'il paie 2 $ à Sylvio Rousseau.

Ce qu'on peut dire, par ailleurs, c'est qu'en 1944, d'après le Relevé économique et industriel, il n'y avait au village que 350 récepteurs, ce qui ne représente pas un récepteur par famille. En faisant un croisement entre les relevés économiques et industriels et les recensements paroissiaux, il est possible de penser qu'on a atteint la norme d'un appareil par foyer vers 1955. Après cette date, la progres­sion s'amplifie rapidement.

Émile Bélanger est aussi l'un des premiers à avoir eu un radio à Princeville. Sur la photo, deux des filles de M. Bélanger, Françoise, à gauche, et Madeleine. Le jour où M. Bélanger acheta son poste, un « Stromberg Carlson », Georges Carignan et Lucien Charest en firent autant On dit qu'avant ces radios, il n'y avait surtout à Princeville que des appareils avec écouteurs.

 

P.280

LA TÉLÉVISION

Les premières émissions régulières de télévision dans le monde furent celles de la BBC à Londres en 1936. Ce n'est, toutefois, qu'après la Seconde Guerre mondiale que se développera véritablement la télévision, d'abord aux États­Unis puis en Europe.

Au pays, les débuts de la télévision canadienne-française remontent à 1952 alors que la Société Radio-Canada met sur pied un service local de production et de diffusion.

Un des premiers à posséder un téléviseur à Princeville aurait été Fernando Thibaudeau, qui en vendait et en réparait.

Cela dit, le Relevé économique et industriel de 1954 fait état de 25 téléviseurs dans le village. Le seuil d'un ap­pareil par foyer, d'après les recou­pements des relevés écono­miques avec les recensements paroissiaux, aurait été atteint après 1960. En

1959, on dénombrait 500 récepteurs sur le territoire pour un total de 802 familles.

La télé couleur

Ce qui est confirmé, cependant, c'est l'identité du premier pro­priétaire d'une télé couleur. En l'occurrence, il s'agit de M. Normand Daneau. Ce dernier l'avait en fait gagnée dans un concours lors d'un voyage d'affaires à Chicago avec M. Lionel Baril en 1962. II fallut faire venir un technicien de Montréal pour procéder à sa mise au point au moment de son installa­tion car, dans le village, personne n'était en mesure de le faire. Mentionnons en terminant, qu'à Radio-Canada, entre la diffu­sion des premières émissions couleur et la disparition totale des émissions noir et blanc, il s'est écoulé sept ans.

Le magasin de Fernando Thibaudeau en 1948, premier vendeur de téléviseurs à Princeville et l'un des premiers, sinon le premier, à avoir eu un appareil dans le village et la paroisse vers 1953.

 

P.281 et 282

la section centrale téléphonique a été intégré dans la page web 'gare'

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P.283

LES CHEVAUX

La disparition des voitures tirées par des chevaux n'est pas si éloignée qu'on aurait tendance à le croire. Ainsi, encore au début des années 1960, il était possible d'en rencontrer. Une chose est certaine, à la veille de la Seconde Guerre mondiale le transport à cheval faisait encore partie du quotidien de la population

 .

M. G. A. Carignan a actuellement trois chevaux et voitures d'hiver à la dis­position du public voyageur ou local pour voyager. Signalons sa récente acquisition d'un magnifique cheval noir, excellent trotteur, qui sous la conduite de son conducteur Lemay, fait facilement le mille en cinq mi­nutes [...] (Albert Lehoux, L'Union, 28 février 1935).

Que ce conseil est opposé de toutes ses forces contre l'obligation des lumières sur tout véhicule à traction

animale passant par les chemins publics le soir ou la nuit (PVM, 4 mars 1940).

L'AUTOMOBILE

Qui à Princeville a possédé la première automobile? II est malaisé de le savoir. Ce pourrait être Octave Blais qui, selon Eugène et Alphonse Blais, aurait eu la sienne vers 1911, une Ford. D'une façon certaine, par ailleurs, on sait que le docteur Philippe­Antoine Brassard en avait une en 1917 À ce moment en effet (8 mai), ce dernier prenait possession d'une Ford achetée au garage P. R. Baril de Warwick pour la somme de 510 $.

Premier ou non, ce qu'on peut dire, c'est que les automobiles commencent à circuler dans les rues de Princeville vers 1910 : Dans le haut du village, voisin d'Albert Nadeau et du forgeron Champoux, il y avait le notaire Gauvreau, un libéral. Vers 1910, le notaire avait eu la visite, en auto, de Wilfrid Laurier. Une belle auto noire, relui­sante comme un miroir où nous pouvions nous mirer 6.

 

P.284

II fallut du temps par ailleurs avant que l'on ne dénombre au moins un véhi­cule par famille. Ainsi, l'Inventaire économique et industriel de 1953 fait état de 371 véhicules dont 52 ca­mions. C'est dire qu'à ce moment moins de 60 % des foyers dis­posent d'un véhi­cule automobile.

Qui dit automobile pense souvent accident. Parmi les premiers à s'être produits à Princeville, on note celui d'Arthur Fréchette, au mois d'août 1918, et dont l'abbé Dorval a été témoin :

À l'intersection des rues Saint-Jacques et Saint-Jean­Baptiste, les automobilistes devaient ralentir à 4 milles à l'heure. M. Fréchette avait dû trop freiner, sa femme avait été éjectée de l'auto et s'était écrasée sur le trottoir où elle est morte.

LE SNOWMOBILE

Le déneigement complet de l'ensemble du réseau routier du Québec commence à la fin des années 1950. Entrepris en tant qu'expérience pilote à partir de 1928, il s'étendra de façon plus importante à partir de 1935 alors que le gouvernement propose des subventions aux municipalités pour l'ouverture de leurs routes et chemins en hiver.

Avant cette période, pour circuler l'hiver, il y avait le traîneau

tiré par un cheval. En 1935 cependant, on commence à par­ler du snowmobile, inventé par Joseph-Armand Bombardier : La forte quantité de neige tombée depuis quelque temps a momentanément interrompu la circulation des automobiles [...]. Même Lucien Charest, qui était à faire des installations électriques à Inverness, a dû à regret y laisser sa machine. C'est cependant l'in­tention de notre ami de se procurer le plus vite pos­sible un de ces chars spéciaux avec lisses ou patins pour service d'hiver (Albert Lehoux, L'Union, 3 janvier 1935).

En 1947, Fernand Lemieux demandait pour sa part l'autori­sation du conseil pour « faire du trans­port de voyageurs [...] par auto-neige à Princeville et dans un rayon de 15 milles “. On cesse rapidement de par­ler de snowmobile au milieu des années 1950.

 

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P.287

L'AÉROPORT

Bien que l'adresse civique de l'aéroport régional de Victoriaville soit le 402, route de l'Aéroport à Victoriaville, celui-ci n'en est pas moins situé sur le territoire de la munici­palité de paroisse (sur les parties des lots 18, 19, 20 et 21).

Son histoire débute en 1964 quand le Comité d'initiative locale des Bois-Francs demande à la Ville de Princeville d'ap­puyer son projet d'aéroport régional. Le conseil accepta et consentit même de contribuer à la mise sur pied du projet avec les municipalités participantes : Victoriaville, Arthabaska, Sainte-Victoire, Plessisville, Daveluyville et Warwick.

On acquit le terrain en 1969 au coût de 32 700 $. La partici­pation de Princeville s'élevait alors à 3600 $. Quelques mois plus tard, on forma une corporation chargée d'administrer le projet. Des municipalités initiatrices, seule Sainte-Victoire ne semble pas avoir de représentant. En 1975, Princeville s'adressera à la Commission municipale de Québec avec l'in­tention de céder ses droits à la faveur de Victoriaville. Ce qui fut accordé. Ce faisant, le 4 février 1976, la ville rétrocède ses droits d'exploitation contre une somme de 5308 $.

 

P.289

Les organismes socio-communautaires

Note au lecteur

À l'instar du chapitre sur les personnalités, la liste des organismes que nous reproduisons ici est le compilé des informations glanées au fil de nos recherches pour la préparation des différents chapitres. Ladite liste n'est donc pas le produit d'une recherche exhaustive et spécifique. Elle reprend, en outre, nombre de présentations que nous ont fournies les représentants et représentantes des organismes. En ce sens d'ailleurs, comme nous n'avons pas vérifié l'exactitude des données qu'on retrouve dans ces dernières, les informations véhiculées demeurent sous l'entière responsabilité de leur source, identifiée en bas de paragraphe.

Un survol d'hier à aujourd'hui

Très tôt dans l'histoire de Princeville et de Princeville paroisse, les groupes socio communautaires, culturels, économiques et sportifs ont fait leur apparition. Ainsi, avant 1900, on obser­vait la présence, entre autres, de la Société d'amateurs de Princeville (1875) qui offrait des soirées dramatiques, du Club littéraire de Princeville présidé par Louis Lavergne (1878) et des Dames de Sainte-Anne, alias les Femmes chrétiennes (1891).

Une cinquantaine d'années plus tard, soit en 1954, l'inventaire économique de l'époque qui, soulignons-le, ne dénombre pas nécessairement tous les organismes, signale, pour sa part, la présence des Chevaliers de Colomb (56 membres), de la Société Saint-Jean-Baptiste (100 membres), de l'Union catholique des cultivateurs (125 membres), du Cercle des fer­mières (129 membres), et de la Jeune Chambre de commerce (31 membres). On y fait également état de ligues de hockey et de baseball.

En 1981 (voir liste ci-après), on remarque la présence de 39 organismes de toutes sortes. Ce nombre représente à peu de chose près la moitié du nombre observé en 1994 (voir liste ci­après). À ce moment, parmi les plus anciens, nous retrouvons :

les Femmes chrétiennes, alias les Dames de Sainte-Anne, qui est plus que centenaire (1891), le Cercle des fermières (plus de 75 ans) et les Chevaliers de Colomb.

Action catholique

Selon une note tirée du journal L'Union du 6 décembre 1934, les bases de l'Action catholique ont été jetées par le chanoine J. 5. Poirier, qui suivait ainsi une recommandation du cardinal Villeneuve, primat de l'Église canadienne et du pape. L'Action catholique visait à favoriser la participation des laïcs aux oeu­vres religieuses paroissiales et diocésaines.

Âge d'or

La mise en place de l'Âge d'or de Princeville remonte au 15 février 1973 alors que l'on tenait la première réunion de for­mation. À ce moment, Willar Labrecque a été nommé prési­dent du comité provisoire; ledit comité devint permanent en 1974. La fondation officielle, elle, date du 13 février 1975. Quelque deux cents personnes prirent alors leur carte de membre. En 1996, l'organisme regroupait 435 membres. (Information recueillie auprès de Gabriel Morin, président).

Ambulance Saint-Jean de Princeville

En avril 1979, l'Ambulance Saint-Jean, division de Princeville, recevait officiellement sa charte. Avant cette date, plusieurs des membres du nouveau groupe étaient rattachés à la brigade ambulancière de Victoriaville. La demande d'une brigade pour Princeville a été principalement orchestrée par le docteur Jean-Louis Saint-Hilaire, Mme Huguette Girouard et MM. Laurent Pelletier et Raymond Collard. Depuis sa fonda­tion, le nombre de bénévoles varie entre 15 et 25. Ceux-ci s'occupent principalement de secourisme, collaborent aux col­lectes de sang et dispensent les premiers soins lors d'événe­ments divers : tournois de hockey, expositions commerciales,

 

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etc. (Information recueillie auprès de Rolande Béliveau, surin­tendante).

Association de la bonne mort

En 1904, le curé Desaulniers écrivait à l'évêque pour lui demander l'autorisation d'établir l'« Association de la bonne mort “, ce qui fut accordé. Brièvement l'objectif des membres est d'obtenir la grâce d'une bonne mort. À cet effet, ils con­tribuent annuellement à un fonds collectif dont le produit est utilisé pour faire dire des messes à leur intention. En 1996, la cotisation pour l'Association est collectée en même temps que la dîme. (Information recueillie auprès de Richard Lassonde).

 

Association Marie, Reine

L'Association Marie, Reine (Cercle Marie de l'Assomption n° 486) a été mise sur pied le 7 février 1989 à la suite d'une invi­tation lancée par Jocelyne Bernard. L'organisme, affilié à l'Association québécoise (fondée en 1988) s'est donné pour mission « de se laisser déranger par les besoins du milieu “. Dans cet ordre, il porte une attention spéciale aux femmes vic­times de violence ou d'agression sexuelle, aux sans-abri ainsi qu'aux enfants subissant l'inceste.

La première réunion officielle s'est tenue le 21 mars 1989. Jocelyne Bernard a alors été élue présidente, la première de l'his­toire. Le groupe se réunit au sous-sol de l'église. En 1996, il rassemblait 37 membres. (Information recueillie auprès de Jocelyne Bernard, présidente).

Cercle des filles d'Isabelle

C'est le 5 mai 1958 que fut fondé, à Princeville, le Cercle Vierge du sourire 992 de l'Ordre des Filles d'Isabelle. Soeur Lucille Vaillancourt en est la régente fondatrice. Les Filles d'Isabelle sont au service de l'Église. Elles visitent les malades et les per­sonnes âgées en plus d'aider les familles défavorisées. Le Cercle du sourire a donné naissance au Cercle Anne Marie (Fortierville) en 1975, au Cercle madame Daveluy (Daveluyville) également en 1975 et au Cercle Notre-Dame des

Bois-Francs (Arthabaska) en 1980. En 1996, l'organisme regroupait 167 membres. (Information recueillie auprès de Francine Ménard, présidente).

Cercle des fermières

Le Cercle des fermières de Princeville fut fondé sur l'invitation de l'agronome Alphonse Désilet le 25 mai 1920. Mme Gédéon Dorval est alors nommée présidente, la première en titre. Essentiellement, les membres voulaient élargir leurs horizons, cultiver leur esprit et former leur jugement et leurs goûts. Le grand souci des Fermières, à cette époque, était de garder leur famille sur la ferme et dans les paroisses rurales. On craignait, en effet, le relâchement que représentaient les moeurs de la ville. Parmi les contributions du groupe à la communauté, on note l'ouverture d'une bibliothèque en 1920, l'achat d'un métier de table en 1924, celui d'une sertisseuse en 1925 et la fondation du Vestiaire Saint-Eusèbe en 1962.

Plutôt rural à l'origine, le Cercle s'est peu à peu urbanisé. Mais les objectifs sont demeurés les mêmes : développement de la culture personnelle, enseignement et promotion des arts ménagers, transmission du patrimoine et implication dans les différentes sphères socio-économiques. Ce faisant, les mem­bres sont amenées à prendre position sur nombre de sujets : environnement, écologie, récupération, la place dans Va société de la femme oeuvrant au foyer et le salaire des femmes collaboratrices. De 1920 à 1995, 21 présidentes se sont succédé à la tête du groupe. (Information recueillie auprès de Cécile Blanchette).

Cercle des Lacordaires (Sobriété du Canada)

Le 28 novembre 1938, Mgr Poirier adressait une lettre à l'évêque demandant l'autorisation de mettre sur pied un cercle des Lacordaires. Ce n'est toutefois qu'en mai 1941 que le pro­jet se concrétisera. À ce moment, le conseil municipal mettait sa salle publique à la disposition d'un groupe désireux de tenir l'assemblée de fondation du cercle des Lacordaires dont l'ob­jectif était de promouvoir l'abstinence des boissons alcooliques.

 

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En 1996, on fait surtout référence à Sobriété Canada. L'Unité Domrémy et les « AA oeuvrent également pour cette cause. À la fin du siècle dernier, ce rôle incombait à la Société de tempérance. Ceux qui adhéraient alors à l'or­ganisme accrochaient dans leur maison une croix noire, symbole de leur principe.

Cercle social et culturel de Princeville'

La fondation du Cercle social et culturel de Princeville, sous l'inspiration de Pierrette Alarie, remonte à février 1964. À l'époque, la Révolution tranquille trace son chemin; tout est affaire de débat.

C'est à ce moment que Pierrette Alarie ressent le besoin d'échanger, de façon informelle, sur dif­férentes questions. Elle organise donc, avec Julienne Thiboutot, une première rencontre à l'hô­tel Manoir. Regina Côté Saint-Hilaire y propose de joindre l'utile à l'agréable en organisant des con­férences. L'idée fut retenue et au mois de septembre suivant, Madame Côté Saint-Hilaire, assistée de Madame Lola Nadeau, présente la liste des activités prévues pour la saison 1964-1965. Au programme, une série de conférences sur des sujets aussi variés que l'adop­tion, les nouvelles carrières, le Bill 16, les droits de la femme et le complexe de la peur chez les Canadiens français. À ce moment, une quarantaine de femmes pre­naient part à la rencontre.

En 1996, le Cercle demeure toujours actif. À ce moment, Madame Carole Normandin en était la responsable.

Chambre de commerce de Princeville (voir aussi « Jeune Commerce»)

La fondation de la Chambre de commerce de Princeville remonte à l'automne 1968. À ce moment, on retrouve sur le conseil Jean-Louis Saint-Hilaire, président, Georges P. Nadeau, Jean-Claude Leclerc, Fernand Dubeau et Suzanne Baril-Paquet. Essentiellement, l'organisme a pour mandat de permettre aux gens d'affaires de Princeville et des environs de se rencontrer, d'échanger des informations et de mettre en place des outils permettant le développement socio-économique de la com­munauté. (Information recueillie auprès de Danis Beauvillier). Chevaliers de Colomb

À leur séance du 3 février 1947, les élus municipaux de Princeville approuvaient la création « d'un club ou sous-conseil des Chevaliers de Colomb “. Incidemment, le Conseil 5986 de Princeville a d'abord été un sous-conseil du conseil 1254 de Victoriaville. Au début, les Chevaliers se réu­nissaient pour leur déjeu­ner mensuel dans un local

aménagé au sous-sol de l'hôtel de ville. On déménagea, par la suite, à la salle de Léon Saint-Pierre où l'on se regroupa pen­dant une dizaine d'années avant d'emménager dans le local actuel, au 125 de la rue Saint-Georges.

La fondation du Conseil de Princeville, en tant que conseil autonome, remonte au milieu des années 1960. Le docteur Tanguay en a été le premier Grand Chevalier. À l'origine, on comptait une cinquantaine de membres. En 1995, on en dénombrait 450. (Information recueillie auprès de Roger Laroche).

 

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Chorale de Princeville

Tout au long de l'histoire de la paroisse, on note la présence d'une chorale, parfois très organisée, comme en témoigne un livret de 1898, mais aussi à l'occasion plus moribonde.

Les origines de la chorale actuelle remontent justement à une époque où l'organisme végétait. Nous sommes alors en 1951.

À ce moment il y a bien, en théorie, une chorale, sauf que dans les faits, personne n'y participe. Plus exactement, à cette date, comme en témoigne Richard Lassonde qui joignait alors le groupe, il n'y avait que trois personnes : M. Lassonde lui-même, Donat Desharnais et le frère Rosaire.

Le dimanche suivant, M. Roméo Côté, l'actuel directeur musical, joignait le groupe. Incidemment, M. Lassonde dira de M. Côté qu'il est le véritable artisan de la chorale actuelle. « C'est lui, dira-t-il, qui l'a véritablement relancée et qui lui a donné une bonne part de sa crédibilité ».

Depuis, la chorale a chanté près de 2500 messes, des centaines de funérailles et donné nombre de concerts. En 1996, elle comptait 30 membres incluant l'organiste. Ses maîtres de chapelle ont été dans l'ordre Donat Desharnais, André Cloutier, Robert Boucher et Roméo Côté. Maintenant, au nombre des organistes qui l'ont accompagnée, on note : Marie Demers, Yvonne Marchand, Gabrielle Nadeau, Rita Mélançon, André Cloutier, Jeannine Bouffard, Lise Gagné et Hélène Baril.

Club littéraire de Princeville

En 1878, on formait à Stanfold le « Club littéraire de Princeville “, un groupe dont l'objectif est le plaisir et l'instruction. Louis Lavergne en était alors le président (L'Union, 7 février 1878). En 1872, un projet du genre avait été imaginé

(L'Union, 7 avril 187Z). Nous ne saurions dire quand le groupe a mis fin à ses activités.

Club optimiste de Princeville

Fondé le 10 mai 1966, sous l'inspiration de Rolland Houle, gérant de la Coopérative, le Club optimiste de Princeville a été parrainé par le Club optimiste de Sainte-Foy. Depuis sa

 

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fondation jusqu'en 1995, le Club a eu 31 présidents dont Marc St-Hilaire, le tout premier.

En 1995 se produisait un événement singulier : les membres éli­saient, pour la première fois de leur histoire, une présidente, en l'oc­currence Mme Célyne P. De Billy. À l'origine, l'accès au Club était exclusivement réservé aux hommes. À partir de 1990, l'adhésion à l'organisme sera offerte sans distinction.

En résumé, le Club optimiste organise et collabore à des acti­vités destinées à l'épanouissement de la jeunesse dont : le Gala d'art oratoire, la Semaine d'appréciation de la jeunesse et la Semaine de sécurité à bicyclette. Actuellement, l'organisme réunit 21 membres dont Normand Daneau, l'un des membres fondateurs.

Club Lions Princeville

La naissance du Club Lions de Princeville, en 1982, est due à l'initiative de M. Jean-Marc Lamontagne, président fondateur.

Le Club parrain a alors été le Club Lions de Victoriaville. Essen­tiellement, les Lions de Princeville oeuvrent en faveur des handi­capés visuels, des personnes handicapées en général et des démunis. Ce dernier mandat explique d'ailleurs sa collabora­tion annuelle avec Partage Saint­Eusèbe lors de la collecte des paniers de Noël.

Colombier de Myriam

Centre d'adoration et de ressourcement, le Colombier de Myriam est une communauté fondée en 1978 avec l'approba­tion de l'évêque de Hauterive. Le Colombier est établi à Princeville depuis novembre 1982.

Fanfare de Princeville

Voici ce qu'on lisait dans le programme du 11e festival annuel de la Fédération des fanfares amateurs de la province de Québec qui, en 1954, se tenait à Princeville.

Nous pouvons dire en toute vérité que Princeville avait déjà vers l'an 1900 une fanfare très importante pour l'époque. Des photographies du temps nous la montrent comme comptant 28 musiciens dont un seul, Donat Lacoursière, alors 1 er cornet, vit encore à Princeville même [...].

II semble que plusieurs départs de membres mirent fin à ses activités vers 1912. Reprises vers 1915, une couple d'années furent ajoutées à son existence. On constate une nouvelle réorganisation en 1946 alors que M. Donat Lacoursière comme directeur musical, fit faire un grand pas à l'organisation [...]. Finalement,

 

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en 1952, M. Lionel Baril, président de Princeville Furniture Ltd, prit alors à sa charge la fanfare existante [...] fit l'engagement d'un directeur renom­mé dans la personne de Wellie Rancourt, et depuis lors, la Fanfare de Princeville a pris place parmi les bonnes fanfares amateurs de la province ».

Cela dit, la fanfare a en outre profité d'un kiosque situé sur le terrain de l'église, en face du presbytère. C'est Mme Wilfrid Lacoursière qui le fit construire en 1943. II fut démoli dans les années 1960 faute d'entretien. La fanfare était disparue quelques années avant. Elle allait toutefois renaître de ses cendres au milieu des années 1960 sous l'inspiration, cette fois, d'un groupe formé autour de Jean-Roch Gonthier et Roméo Côté. Le retour ne durera malheureusement que le temps de rafler les grands honneurs du festival provincial de 1966. Peu de temps après, en effet, faute de ressources, l'or­

ganisme s'éteignit. (Information recueillie auprès de Laurent Lacoursière et de Roméo Côté).

Garderie

Au début des années 1980, une première garderie s'installe à Princeville. Le projet est alors parrainé par le Club Lions. Garde paroissiale

L'idée de mettre sur pied une Garde paroissiale fut lancée à l'automne de 1957 par l'abbé Marcel Joyal, Jacques Paquin et Jean-Guy Tourigny de la Garde paroissiale de Sainte-Victoire. À une réunion tenue le 15 décembre 1957, on nomma le pre­mier état-major soit : Arthur Cormier, président, Gilbert Gervais, vice-président et Jacques Paquin, secrétaire-trésorier. Le premier commandant en titre fut Lucien Roberge.

 

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La fanfare des années 1950. Directeur musical: Wellie Rancourt; membres : Pierrette Nadeau, flûte; Gisèle Lemieux, hautbois; Léola Levasseur, Jeannine Bouffard, Yolande Poisson, Paule Raymond, Denise Bérubé, Jeannine Lafontaine, Marthe Lafontaine, Agathe Houle et Mariette Baillargeon, clarinettes; Roméo Côté, Léopold Bérubé, Anfoni Lafontaine, Fernand Rivard, J. M. Desharnais et Marcel Fréchette, cornets; Lyse Lehoux, J. P. Lafontaine, Eloi Rancourt René Paquin et André Poisson, saxophones; Maurice Leblanc, Roch Noreau, Claude Houle, Gustave Nadeau et Jeannine Houle, altos; Gaston Boucher, Fernand Baillargeon et Michel Houle, barytons; Laurent Provencher, Yvon Gagnon et Lucien Roberge, trombones; Alfred Mailloux, Gilles Boisclair, Richard Pellerin, Armand Desrochers et Réjean Boutet, basses; Maurice Nadeau, Robert Rancourt Bertrand Rancourt, Sylvio Paquin, Roland de la Bissonnière et Jean Pellerin, tambours. Tambour-major, Claude Dusseault

 

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Tout au long de son histoire, la Garde de Prince­ville, incorporée en 1961, a recruté deux types de membres . les membres actifs formant la garde en tant que telle, et les musiciens qui l'accompa­gnent lors de ses sorties. Au cours de l'année de l'ex­position uni­verselle de Mon­tréal, les Dragons (les musiciens de la Garde parois­siale) ont de fait remporté un cer­tain succès en présentant quatre défilés.

En 1998, l'organisme se prépare à célébrer son quaran­tième anniversaire qui coïncidera avec l'année du cent cinquantième de la paroisse canonique. On espère pour l'occasion être en mesure de former un bon groupe de musiciens. Là-dessus, deux membres fondateurs sont toujours actifs aujourd'hui : Sarto Fréchette et Jean-Guy Levasseur.

Jeune Commerce

À quand remonte exactement la fondation de la - Jeune Chambre “, alias le « Jeune Commerce “ et à quel moment cessèrent ses activités? II est difficile de le pré­ciser. D'une part, nous n'avons repéré aucun document relatif à sa fondation et, d'autre part, les ex-membres

(parmi les plus anciens dont André J. Mailhot, Louis-David Paré et Georges P. Nadeau) à qui nous avons parlé ne sont pas arrivés à se le rappeler.

Pourtant, s'il est un organisme qui a oeuvré de façon dynamique dans le milieu, c'est bien celui-là. II faut voir en effet les rapports annuels (rien de moins que 5cm d'épaisseur) qu'il produisait pour comprendre jusqu'à quel point on y discutait de tout et que l'on intervenait sur tout : sécurité publique, cam­pagne d'embellissement, dîners-causeries, affaires municipales, visites industrielles et commerciales, concours d'initiation et de promotion industrielle, semaine du civisme, concours d'illumi­nation de Noël, tourisme, tout y passait.

Malgré cela, les éléments de sa mise en place restent obscurs. À peine peut-on avancer que ses origines remontent au début des années 1950. C'est, en tout cas, ce que croient ceux qui ont témoigné. Mais ce pourrait être un peu avant aussi. Une chose est certaine, en 1953, l'Inventaire économique et industriel signale sa présence en indiquant que l'organisme recrute alors 25 membres; six ans plus tard, on en comptait 65.

La décennie 1950 aurait, par ailleurs, été une période de forte intensité pour l'organisme, tout comme le début des années

 

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1960. Cela dit, l'arrivée de la Chambre de commerce en 1968 a-t-elle pris la relève de la Jeune Chambre ou existe-t-il entre les deux un certain décalage? Là encore, nos témoins ne savent trop, bien que dans l'ensemble ils soient plutôt d'avis qu'à ce moment la Jeune Chambre avait mis fin à ses activités depuis un certain temps.

En terminant, quel était le véritable nom de l'organisme? Comme pour tout le reste, rien n'est évident. L'en-tête du papier à lettre porte la mention « Chambre de commerce junior »; le rapport de 1957-1958 fait référence au « Jeune Commerce de Princeville et nombre de documents font état de la « Jeune Chambre “.

Ligue du Sacré-Coeur

En résumé, le mandat de la Ligue du Sacré-Coeur était d'agir à titre de gardien des bonnes moeurs. À ce titre, la Ligue faisait, entre autres, la promotion des vertus de la tempérance et voyait à ce que les règlements sur la consommation d'alcool soient scrupuleusement respectés.

La Ligue était également préoccupée par « la danse » dans les débits de boissons, ce qui l'a, du reste, amenée en 1961 à exiger un référendum sur la question. II ne semble pas toutefois que celui­ci ait été tenu. Enfin, la Ligue du Sacré-Coeur n'hésitait pas à

dénoncer ce qu'elle appelait « le laisser-aller » des jeunes et à se faire entendre sur des points aussi divers que « la vitesse excessive dans le village “. Parmi les périodes effervescentes de l'organisme, on note les années 1940 à 1965.

Maison des jeunes la Fréquence

La Maison des jeunes La Fréquence a vu le jour en janvier 1982 lorsqu'un groupe de parents a voulu offrir un lieu de ren­contre aux adolescents. Le premier conseil est entré en fonc­tion en janvier 1983. Rolland Sauvé a alors été nommé prési­dent, le premier en titre. Line Légaré et Lucie Boisvert ont, pour leur part, agi à titre de premières coordonnatrices.

Essentiellement, la Maison des jeunes, qui tire ses revenus de subventions diverses, vise à fournir aux adolescents un lieu de rassemblement où ils pourront, à partir d'activités organisées, faire l'apprentissage de la démocratie, du respect d'autrui et du sens critique. Au nombre de ces activités, on note la tenue de camps d'été et de camps d'hiver, de l'organisation de voyages et d'un festival annuel de hot-dogs.

L'organisme a d'abord occupé des locaux au 31, rue Saint-Jean­Baptiste Sud avant de passer au 610, Saint-Jacques Ouest et au 106, Saint-Jean-Baptiste Sud (l'édifice Pierre-Prince) où il loge depuis 1987 (Information recueillie auprès de Claire Paradis).

Mouvement des femmes chrétiennes

Le Mouvement des femmes chrétiennes est la suite des Dames de Sainte-Anne, mouvement fondé en 1891. À ce moment, il s'agissait d'un mouvement de prière supervisé par le curé. Les premiers écrits de l'organisme datent de 1924 et font état de 172 membres qui devaient verser une cotisation de 0,50 $. D'après le témoignage rapporté par Mme Claire Fortier, les femmes qui adhéraient au mouvement se faisaient constam­ment rappeler qu'« une dame de la congrégation devait être une apôtre, un modèle pour sa famille et ses semblables ». Elle devait également mettre un soin particulier à imiter leur patronne. Enfin, elle était invitée à se conduire en « homme de foi ».

 

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En 1962, l'organisme changea de nom pour prendre celui de Mouvement des femmes chrétiennes. En même temps, ses objectifs furent recentrés. En 1996, le Mouvement regroupe 103 membres de Princeville et de Princeville paroisse. Lors des rencontres, on discute, à partir de thèmes précis, des moyens d'améliorer la vie de la famille et de la communauté. (Information recueillie auprès de Claire Fortier).

Orchestre de Princeville

À la fin du XIXe siècle et pratiquement jusqu'avant la Seconde Guerre mondiale, on retrouve, ici et là, les traces de la présence d'un ensemble musical souvent désigné sous le nom de l'« Orchestre de Princeville “. Composé d'artistes locaux, celui-ci offre différents concerts tout au long de l'année.

Malheureusement, nous ne disposons que d'informations sommaires ici. Néanmoins, une mention dans le journal L'Union des Cantons de l'Est du 7 janvier 1892 permet d'en constater la présence à ce moment. En outre, voici ce qu'on lisait dans l'édition du 30 novembre 1934 :

Parlons maintenant un peu de l'orchestre de Princeville. Cette réunion d'artistes comprenant tous les talents locaux de quelque valeur est com­posée des membres suivants : 1 - violons, Yvonne Marchand, Pierrette Lachance, Cécile Côté et Mme G. T. Pellerin. Obligatos : Jacqueline Fréchette, Lucienne et Maria Vallières. Deuxième violons : Lucille Marchand et M. J. M. Blanchette. Violoncelle : Mlle C. Desmarais. Piano : A. Marchand. Clarinette : M. Wilfrid Lacoursière. Cornet solo: Donat Lacoursière. Au moment du spectacle, la direction musicale était alors assurée par Yvonne Marchand. L'article du journaliste pré­cisait, de plus, que ledit concert avait été présenté à l'hôtel de ville, dans le cadre de la fête de sainte Cécile patronne des musiciens, devant plus de 200 personnes.

Partage Saint-Eusèbe

Mis sur pied en novembre 1989, l'organisme Partage Saint-Eusèbe voit à recueillir des fonds et à les redistribuer parmi les plus dému­nis. II s'occupe également de la distribution de paniers de nourri­ture à la veille de Noël. Patrice Jacques, Jacques Auger et Sarto Blanchet sont de ceux qui ont contribué à sa fondation.

Scouts

En 1961, Raymond Pépin, président de la Fédération diocésaine de Nicolet, fonde la première troupe de scouts à Princeville. À noter cependant qu'il existait déjà, à cette date, une patrouille libre, comme en fait foi le rapport de la Fédération du diocèse de Nicolet de 1960. À une certaine époque, le mouvement à été fort popu­laire et a permis tous les niveaux. En 1996, le groupe réunit une troupe de Castors (7-8 ans), les Louveteaux (9-11 ans) et les Exploratrices, le pendant féminin des Louveteaux.

Société Saint-Jean-Baptiste

II ne nous a pas été donné, au fil de nos recherches, d'obser­ver le contexte et la date de fondation de la Société Saint-Jean­Baptiste de Princeville. Ce qu'on peut dire, c'est qu'au début

 

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du siècle, tout au moins, c'est elle qui organisait la célébration de la Saint-Jean. Selon une note dans le journal l'Union du 23 mai 1935, on sait que l'organisme a été relativement prospère. Ce qui ne semble pas être le cas au moment où le journaliste rédige son article.

Société d'amateurs

Ce n'est pas parce que n'existaient pas encore les théâtres d'été et même les troupes de tournée que le théâtre était absent à Princeville avant la fin du siècle dernier. En fait, on pouvait assis­ter à l'époque à ce qu'on appelait les « soirées dramatiques » ou « séances qui pouvaient se tenir au couvent comme à la salle du conseil (PVM, 4 janvier 1875). Mettant en scène des sujets de morale, les pièces étaient alors généralement jouées par les étudiants ou par les gens de la Société d'amateurs.

 

Union catholique des cultivateurs (UCC)

Suivant l'Inventaire économique et industriel de l'époque, l'UCC était déjà présente à Princeville dans les années 1940. Vestiaire Saint-Eusèbe

La fondation du Vestiaire Saint-Eusèbe remonte à février 1960. Depuis cette date, l'organisme a toujours poursuivi le même objectif : venir en aide aux démunis en leur procurant divers vêtements. Pour ce, le Vestiaire compte sur le dons de vêtements usagés, d'argent et sur le travail de ses bénévoles.

À la fin de la première année d'activité, le Vestiaire était venu en aide à 32 familles en distribuant 700 articles usagés, préa­lablement réparés, nettoyés et inspectés et 500 articles neufs comprenant de la lingerie, fabriquée par les bénévoles, et des chaussures. Au total, une vingtaine de bénévoles avaient alors participé aux séances de travail nécessaires.

Aujourd'hui, il oeuvre toujours, mais sa façon de faire est dif­férente. D'abord, tout le linge qu'il distribue provient de dons de vêtements qu'il reçoit de la population. Ses bénévoles, toujours une vingtaine, n'en confectionnent donc plus eux-mêmes. Par ailleurs, les vêtements ne sont plus donnés mais vendus pour une somme symbolique, par exemple, 2 $ pour un gilet ou une robe. À la fin de l'année, les bénéfices sont retournés aux groupes communautaires de l'endroit. Le Partage Saint-Eusèbe est celui, parmi tous, qui a reçu la plus forte somme en 1996.

Quoi qu'il en soit, pour se faire une idée de l'achalandage du Vestiaire Saint-Eusèbe et, par conséquent, des besoins du milieu, qu'il suffise de mentionner qu'au cours des dernières années le montant annuel des ventes a atteint, sinon dépassé, les 10 000 $. La première présidente de l'organisme a été Mme Siméon Bédard.

 

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Les organismes sportifs

Les organisations sportives de toutes sortes tout comme les organisations socio-communautaires ont tôt fait de voir le jour sur le territoire, à commencer par les clubs de baseball et de hockey. Mais il y en a également eu d'autres. Par exemple, le

croquet a eu ses heures de gloire, entre autres dans les années 1930, quand le Club Royal de croquet de Princeville, propriété d'Alphonse Blais, offrait, dit-on, les meilleurs terrains de la région. Ce n'est pas d'hier non plus qu'on retrouve à Princeville des courts de tennis.

II reste que les deux sports qui obtiennent rapidement la faveur du public sont le baseball et le hockey. Et attention, à l'origine, on ne parle pas de macrostructure et de calendrier coulé dans le béton. Le baseball s'organise quand débutent les vacances esti­vales des étudiants. C'est alors qu'on se met en train de former le ou les clubs (on parle de 1 ou 2). Puis on contacte les clubs des villes environnantes dont Plessisville et Victoriaville. II arrive aussi qu'on rencontre des troupes plus éloignées, par exemple : le Club Savard et les Diamond Boys de Sherbrooke, l'Asbestos et le Royal de Thetford.

Comme nous l'avons mentionné, le calendrier n'a rien de très offi­ciel ni de très structuré :

Le directeur du Princeville est actuellement en pour­parlers avec plusieurs clubs dans le but de les faire venir ici. II y en aura probablement un diman­che (L'Union, le 2 août 1934).

 

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Le hockey

À l'époque, tout comme aujourd'hui d'ailleurs, on portait aussi un grand intérêt au hockey. Mais là encore, les organisations du temps n'ont strictement rien à voir avec les très sophistiquées structures de 1996. Si nous osions formuler un commentaire, nous dirions qu'elles faisaient davantage dans le jeu que dans l'administration et l'entreprise comme aujourd'hui. II est vrai que nous sommes à l'époque des moyens rudimentaires, des patinoires extérieures et privées telle celle de Germain Nadeau. On commençait à préparer le terrain en novembre et on arro­sait le froid venu. Quand en pleine saison intervenait un redoux, on attendait que le froid se remette de la partie avant de continuer celle des joueurs. Un peu comme pour le base­ball, on rédigeait le calendrier sans règles strictes. Ce qu'on souhaitait surtout, c'était de rencontrer d'autres clubs. Ceux-ci provenaient des municipalités et villes environnantes : Plessisville, Victoriaville, Warwick. Tout comme celles de base­ball, les parties de hockey étaient forts suivies :

Une assistance d'environ 250 personnes s'est rendue à la patinoire locale dimanche dernier pour assister à la partie entre nos jeunes joueurs et l'équipe des jeunes sportifs de Victoriaville (L'Union, 14 février 1935).

On s'y intéressait même quand le club local n'était pas directe­ment concerné :

Environ 10 machines remplies ont fait le voyage à Plessisville dimanche dernier pour transporter les amateurs à la partie de gouret qui a mis aux prises Warwick et Plessisville (L'Union, 10 janvier 1935).

Les Caravelles

Cela dit, les plus grands succès de l'équipe locale datent justement d'avant la construction de l'aréna alors que les jeunes devaient déblayer la patinoire avant de s'entraîner. Nous voulons parler des succès remportés par l'équipe pee-wee les Caravelles.

En 1997, les plus jeunes ne savent peut-être pas, et en 2016, ils l'ignoreront sûrement, mais à l'époque, les succès de

 

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l'équipe avaient entraîné une véritable euphorie à Princeville et même dans toute la région.

L'histoire des Caravelles commence à la fin des années 1960 avec Richard Caouette et le docteur Jean-Louis Saint-Hilaire. Ce dernier, qui admire l'avion Caravelle, d'où le nom de l'équipe, s'occupe surtout de trouver des fonds pour permet­tre à ses joueurs de participer à des tournois régionaux. Or, à ce moment, il y a le très prestigieux « Tournoi international de hockey pee-wee de Québec ». Sur sa patinoire extérieure (depuis quelques années patinoire municipale) tôt le matin, avant l'école, l'équipe s'entraîne avec la ferme intention d'y participer.

Au moment de l'édition de 1968, les Caravelles remportent leur premier succès : l'équipe, dont 14 des 16 joueurs ont été mis au monde par le docteur Saint-Hilaire, rafle le championnat de classe

« C ».    On en parle dans tous les journaux de la province qui sau­tent sur l'occasion pour envoyer à Princeville leur reporter, afin d'en découvrir davantage sur l'équipe.

En 1969, les Caravelles répètent leur exploit, mais en mieux. Guidée par leur as compteur, Gaétan Boucher (l'année d'avant c'était « Ti-poil » Lecours), l'équipe ne remporte rien de moins que les grands honneurs. Princeville est en liesse et applaudit à tout rompre les succès des siens ainsi que le travail d'un entraîneur que tous admirent : Paul de la Sablonnière, en l'honneur de qui, non seulement pour ce qu'il a fait avec les Caravelles mais surtout pour son implication auprès des jeunes, on a baptisé l'aréna de Princeville.

Quilles et billard

Au cours des années 1940 et 1950, la population de Princeville

 

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pouvait bénéficier d'une salle de quilles (tantôt à 2 allées et tantôt à 4) et d'une salle de billard où l'on retrouvait 3 tables. La salle de quilles est disparue entre 1952 et 1953. Quant à la salle de billard, elle disparaît peu de temps après.

Soccer

Outre le baseball et le hockey, depuis quelques années, on voit un nombre sans cesse croissant de jeunes s'adonner au soccer.

 

P.306 et p.307 et 308 cette sctiona été déplacé dans ‘Vie Culturel’

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Les personnalités

Les personnes suivantes ont marqué à leur façon l'histoire de Princeville en s'illustrant en dehors de ses limites ou dans la communauté. II ne s'agit pas d'une liste exhaustive, mais plutôt de la compilation des noms repérés au fil de la prépa­ration des chapitres précédents. Par ailleurs, comme le but de l'exercice est d'associer lesdits noms aux événements qui leur valent d'être retenus, il ne s'agit donc en aucune façon de présentations biographiques élaborées.

 

Les personnalités ont été déplacés dans leur pages respectives

P.310, 311, 312, 313, 314 Les personnalités ont été déplacés dans leur pages respectives

 

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Glanures

Au fil de nos recherches, nous avons saisi, ça et là, toutes sortes d'in­formations. Toutes n'étaient pas d'intérêt. Par contre, certaines méritaient d'être relevées sans que nous puissions pour autant les insérer au sein d'un quelconque chapitre. Aussi, avons-nous choisi de les regrouper et de les présenter par ordre alphabétique sous le titre « glanures -.

Bonnes moeurs

(Extraits des minutes du village et de la paroisse)                Règlement pour la suppression de toutes maisons de jeux intéressés et de débauches dans les limites de cette municipalité. Tout constable est autorisé à arrêter toutes les personnes trouvées dans ces maisons de jeux ou de débauche » (PVM, ville, 3 septembre 1889).

« Résolution pour défendre toute personne [sic] à se baigner à la rivière Nicolet [entendre Bulstrode] sans costume conve­nable. » (PVM, paroisse, 3 juillet 1933).

[Avis à Madame B.] “ Nous avons des plaintes et affidavit asser­mentés au sujet de la tenue de votre maison. La corporation du canton de Stanfold vous donne 8 jours pour quitter ce lieu

ou nous enverrons la police provinciale ou des moeurs pour faire clairer ladite cabane. » (PVM, paroisse, 3 octobre 1949).

Prohibition des salles de jeux sauf celles actuellement exploitées. Aucun appareil de jeux ne peut être mis à la disposition du public dans un établissement autre qu'une salle de jeux qui détient un permis [...] émis par le service de trésorerie ». (PVM, ville, J ,r février 1988).

Pour placer ce qui précède en opposition avec ce qui prévaut aujourd'hui, qu'il suffise de mentionner qu'en 1996 il existe au

Québec deux casinos où l'on trouve des « jeux intéressés “. Par ailleurs, on ne compte plus les endroits où l'on tolère ce qui est convenu d'appeler ^ la danse à 10 piastres qui met en présence une danseuse nue et un client qui peut la toucher.

Centenaire

En 1948, année du centenaire de la paroisse canonique, on célébra dignement l'événement. D'abord, on publia l'album­souvenir Centenaire de Princeville, -le berceau des Bois-Francs “. Puis on organisa du 5 au 8 août une série d'activités dont : un « pageant », un concert de la fanfare, deux feux d'artifice (à l'ouverture et à la fermeture), une parade, un défilé de chars allégoriques, des jeux et des divertissements et, enfin, dif­férentes activités religieuses. Le dimanche s'est aussi tenu un grand banquet couru par nombre d'invités d'honneur.

Bien entendu, tout le village et la paroisse avaient été pavoisés aux couleurs du centenaire. On pouvait, en outre, acheter un programme ou encore une épinglette commémorative dont les revenus contribuaient aux financement des activités. Cela dit, près d'une quinzaine

 

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de comités avaient été mis en place pour s'assurer du suivi des opérations. Émile Gagnon chapeautait le tout à titre de président.

Maintenant, revenons sur le pageant qui n'est autre chose qu'un spectacle historique. Intitulé Le jeu des pionniers, ce dernier fut présenté dans la cour de l'école Sacré-Coeur où l'on avait monté une scène, les 6, 7 et 8 août.

L'histoire, mimée par des comédiens pendant qu'un choeur di­sait et chantait le texte au bas de la scène, traçait le portrait de « Ti-Jeune et « Ti-Vieux ». Le premier incarnait le pionnier type, courageux et conquérant; le second illustrait un être peureux et paresseux auquel répugne le progrès. Ne ménageant rien pour s'assurer de la qualité du spectacle, les organisateurs n'hésitèrent pas à recruter des spécialistes en la matière, en l'occurrence deux réalisateurs de Montréal, Guy Messier et Roger Varin.

Là-dessus, laissons M. Lassonde nous raconter cette fin de semaine de festivités :

Une foule innombrable de personnes avait envahi le village. Le trafic fut complètement paralysé durant trois jours. Quand on fête à Princeville, on fête bien [...]. Plusieurs levèrent le coude plus haut que d'habi­tude [...]. Des expatriés de Princeville profitèrent de l'occasion pour faire un retour aux sources [...]. Les fêtes touchaient presque tout le monde [...]. La dernière journée des festivités prit fin à 5h30 du matin. Les rues et parterres ressemblaient beaucoup à ceux de SaintTite-de-Champlain lors du festival Western. À 5h30, quand je voulus ouvrir la porte pour respirer un peu d'air frais, je me suis heurté à trois personnes qui dormaient sur le perron '. LE CINÉMA

L'invention du cinéma est en fait celle de la bande celluloïd et, surtout, celle du cinématographe, inventé en 1895 par Louis Lumière, chimiste et industriel français, aidé de son frère

Auguste. II prendra son essor quelques années plus tard, soit en 1900, quand un autre français, Charles Pathé, fonde la pre­mière maison de production. D'abord muet, le cinéma devint parlant à compter de 1927.

Au Québec, la toute première projection de « vues animées » est présentée au théâtre Palace du boulevard Saint-Laurent à Montréal, le 27 juin 1896.

À Princeville, selon ce qu'on peut lire dans les procès-verbaux de la municipalité, les « vues animées “, comme on les appelait à l'époque, font leur apparition vers 1930. Richard Lassonde se rappelle sa première séance à l'été de 1931 :

Les vues devaient être projetées à l'extérieur sur un écran de fortune, installé sur les murs du hangar de M. Louis Marchand [...]. II y avait là à peu près 100 personnes. Aussi curieux que cela puisse sembler aujourd'hui, ça ne coûtait rien. Mais les organisateurs passaient le chapeau. Charlie Chaplin, la grande vedette de l'heure, bougeait sur l'écran d'une manière très rapide et saccadée. II n'y avait aucun effet sonore, ni parole. Fallait deviner l'histoire, s'il y en avait une! Ce soir-là, après un spectacle si nou­veau, je me suis couché heureux Z.

Mil neuf cent trente et un, c'est aussi l'année où l'on amé­nage, à l'étage du nouvel hôtel de ville, une « salle de théâtre “. Parmi ceux qui ont exploité celle-ci, on note le nom de Maurice Habel de Victoriaville, en 1943, et celui d'Adélard Jacques, qui louait la salle 30 $ par mois. Incidemment, M. Jacques, qui prit la relève de M. Habel en 1944, semble avoir été le dernier locataire. II y avait à ce moment deux diffusions par semaine, une le jeudi, l'autre le samedi soir.

En 1948, Paul Gendron et Marc De Courval, tous deux de Victoriaville, construisirent le « Théâtre Princess » au 25 de la rue des Érables. En juillet de la même année, on y diffusait le tout premier film : Le sorcier du ciel, l'histoire du curé d'Ars 3.

1 Lassonde, op.cit., p. 280 2 Ibid., p. 133.

3 Information transmise le 23 décembre 1996 par M. Paul Gendron, celui-là même qui, avec son associé, Paul De Courval, avait fait construire le cinéma.

 

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La salle pouvait accueillir 300 personnes. Au début, il fallait avoir 16 ans pour y être admis, à moins d'une projection spé­ciale. D'autres conditions pouvaient également être imposées aux propriétaires :

Ce conseil autorise les policiers municipaux à péné­trer dans les théâtres de la municipalité et à se rendre compte de l'observance de l'admission des personnes de moins de 16 ans dans ces établissements. Les policiers pourront en outre prier les responsables des théâtres de refuser l'entrée du théâtre à ces personnes [...]. Le conseil suggère également aux autorités du théâtre Princess de changer la date du midnight show qui se tient présentement le samedi soir. C'est un empiétement grave à la loi de l'observance du dimanche. (PVM, ville, 7 novembre 1955).

Le théâtre Princess fut par la suite vendu à Bernard Baillargeon. En 1970, il était transformé en bar. Depuis cette date, pour assister à une représentation ciné­matographique, la population de Princeville n'a d'autre choix que de se rendre à Victoriaville où l'on trouve deux cinémas et un ciné-parc.

Couvre-feu pour les enfants

Entre 1940 et 1963, il y eut à Princeville un couvre-feu. Ainsi, à 21 h, le responsable de la centrale téléphonique devait acti­ver la sirène pour indiquer aux enfants qu'il était l'heure de rentrer. En juin 1963, sur proposition d'Ovide Longchamps, le conseil municipal mit fin à cette pratique. Ladite sirène était située sur l'ancien poste de pompiers, situé au 250, rue Saint­Jacques Ouest, à côté de la maison actuelle.

La danse

Pendant longtemps, la danse n'a pas été prisée par les autorités ecclésiastiques du milieu qui, par conséquent, n'hési­taient nullement à faire pression, avec succès du reste, sur le conseil pour que celui-ci intervienne.

Par exemple, en novembre 1954, après des représentations du curé, les élus adoptaient un règlement interdisant la danse dans les hôtels et la limitant dans des salles louées pour des réceptions. Dans ce cas-ci, elle était toutefois per­mise le jour mais interdite le soir. En outre, aucune tolérance n'était admise les dimanches et les jours de fêtes “ d'obligation ».

En 1961, la réglementation s'est quelque peu assouplie. Ainsi, la danse reste interdite le dimanche mais l'on reconnaît qu'il peut y avoir des circonstances extraordinaires (PVM, ville, 18 décembre 1961). II n'empêche qu'à partir de cette date les contraintes s'effritent rapidement. Aussi, au début des années 1980, quand on commence à relever la présence de bars de danseuses nues sur le territoire, la situation devient, pour le moins, contrastante.

Dentiste

(Notes manuscrites de l'abbé Roger Dorval, 1993) « II y a eu la mort d'Armand Brassard. Son père, mon oncle Antoine, l'avait endormi avec du chloroforme pour lui extraire des dents et mon oncle n'a pas pu le réanimer.

Le dimanche

(Extrait du livre des minutes de la

paroisse, 7 juillet 1924)        « Le conseil prie avec instance le Premier Ministre et le procureur général du Québec de pren­dre les mesures nécessaires pour protéger les familles et la société contre certains employeurs spécialement dans la fabrication de la pulpe et du papier et entreprises de construc­tion qui obligent leur employés à travailler le dimanche [...] une situation qui désorganise la famille et l'ordre social. »

Autrement dit, les élus de l'époque anticipaient ce qui se passe aujourd'hui, alors que les commerces sont, depuis quelques années, ouverts sept jours par semaine.               Évidemment, il faut

 

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croire que les considérations de l'époque étaient davantage d'ordre religieux.

La femme

En 1943, répondant à l'appel de 59 évêques, le conseil de la paroisse demandait au gouvernement de prohiber le travail de nuit pour les femmes et les jeunes filles. II demandait égale­ment d'interdire le travail en usine pour les femmes mariées ayant des enfants de moins de 16 ans. Enfin, il souhaitait voir, pour ces femmes et ces filles, l'établissement de la journée de

8 heures et de la semaine de 40 heures.      En ce sens, le con­seil partait de la prémisse que la famille est à la base de notre structure sociale et qu'il y avait un danger à attirer les femmes hors du foyer pour les appliquer au travail de l'usine.

Le français

À l'origine, le conseil avait l'obligation de publier ses règlements dans les deux langues, c'est-à-dire le français et l'anglais. II pou­vait toutefois en être exempt. Pour cela toutefois, il devait en faire le demande au gouvernement, ce que firent les conseils du village (2 mars 1857) et de la paroisse (4 mars 1872). Sans que

nous ayons cherché à savoir ce qui s'est passé par la suite, tous les règlements qu'il nous a été donné de voir étaient en français. Par contre, il nous est arrivé d'observer des avis don­nés dans les deux langues, comme celui relatif à l'adoption du règlement numéro 55, en novembre 1913.

La guerre de 1974-1918

Les effets de la guerre 7914-7918 se sont manifestés de diver­ses façons à Princeville et à Princeville paroisse.

Entre autres, en 1917, les deux conseils municipaux s'op­posèrent vivement à la Loi du service militaire (conscription) du gouvernement Borden. À cet effet, ils prétendaient que ce dernier, tout comme le chef de l'opposition, Wilfrid Laurier, ne pouvait adopter pareille législation sans revenir devant l'élec­torat, et ce d'autant qu'il s'était d'abord prononcé contre l'idée. On connaît la suite : malgré la violence observée à Québec et à Montréal, entre autres, la loi fut appliquée sans discernement. Dans un autre temps, les deux conseils ont aussi demandé que les fils de cultivateurs soient exemptés de l'enrôlement. Cette fois, les élus avançaient que le départ de ces derniers créerait un bouleversement en agriculture. Est-ce le fait de

cette opposition (il est peu réa­liste de le penser), mais toujours est-il qu'en août 1918 « les jeunes conscrits de Princeville évitèrent l'enrôlement en obtenant un congé d'un mois. Ce dernier fut finalement pro­longé jusqu'à la fin de la guerre, le 11 novembre 1918.

Ce jour-là, écrit-on dans L'Union du 28 novembre, la population pavoisa rues et maisons pour célébrer l'événement.

Le village n'en avait pas moins perdu quelques-uns des siens au combat dont l'abbé Rosaire

 

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Crochetière, fils adoptif de J. A. Piché, mort au champ d'hon­neur (L'Union, 25 avril 1918).

La guerre de 1939-1945

La Seconde Guerre mondiale aura davantage d'impact sur les gens du milieu.

D'abord, pleinement conscient des problèmes qui ont cours en Europe et encore marqué par la conscription de 14-18, le conseil du village prend les devants dès février 1937. II écrit au député fédéral (opération qu'il répétera en juin 1942) pour s'opposer à la participation du Canada à « toute guerre en dehors de son ter­ritoire “. II réitère également son opposition à la conscription. La démarche restera vaine. Cette fois, les jeunes gens de Princeville et de Princeville paroisse n'échapperont pas à l'enrôlement, ce qui, comme en témoigne Richard Lassonde dans son livre, provoquera la panique dans les foyers.

Mise à part cette manifestation, en mai 1943, le conseil du village conclut une entente avec la Ville de Victoriaville.

En cas d'incendie majeur, provoqué par un raid aérien, la Ville portera assistance à Princeville dans la mesure de ses moyens. Dans la même veine, le conseil du village adresse une demande au « Comité central de protection civile pour obtenir du matériel de protection contre les incendies.

Quelques mois plus tard, soit le 17 juillet 1943, on met sur pied, à l'instar de ce qui se passe au Québec, un « comité de défense passive “. S'y retrouvent : Émile Bélanger, président, Lionel Baril, vice-président et Bennett Feeney, secrétaire.

L'intensification du transport ferroviaire est une autre manifes­tation locale du conflit qui perdure à l'étranger. Une fois encore, comme en témoigne M. Lassonde dans son livre, les trains de « fret circulent désormais jour et nuit formant de longs convois qui, incidemment, doivent s'arrêter à Princeville où l'on chauffe au maximum les machines “ avant de repren­dre la route vers Plessisville.

 

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De toutes ces manifestations cependant, le rationnement est certes de celles qui ont profondément marqué le souvenir du plus grand nombre de gens :

De l'abondance de vivres et de matériaux, nous pas­sions au rationnement. On prenait nos produits et on les envoyait en Angleterre [...]. Une fois par mois, chaque famille recevait son livret de coupons pour le beurre, le thé, le sucre, le café et la gazoline. Les gens n'en ont pas tellement souffert, mais il fallait faire attention [...]. Les gens eurent beaucoup de troubles avec l'essence et les pneus [... on] pouvait trouver à l'occasion, des pneus en caoutchouc synthétique mais ceux-ci ne supportaient pas la chaleur et

fendaient très facilement [...]. II fallait y penser longtemps d'avance si on voulait aller à Montréal, par exemple. On ramassait nos coupons [...] et on partait quand même inquiet [...]. On faisait une couple de crevaisons en s'en allant [...] 4.

L'heure avancée

Depuis 1911, suivant une convention internationale, la Terre est divisée en 24 fuseaux horaires. Autrement dit, c'est comme si on avait tracé tout autour de la Terre, du nord au sud, 24 lignes. Chacune de ces lignes correspond à une période de 60 minutes. À ce moment, on a aussi déterminé que le fuseau horaire de

 

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Greenwich, qui passe à proximité de Londres, serait celui de l'heure universelle. C'est-à-dire celui à partir duquel on fixe l'heure, partout au monde. Ce faisant, les villes et pays situés avant ou après Greenwich, sont en avance ou en retard sur l'heure dite universelle.

Au Québec, puisqu'on est à 5 fuseaux horaires après Greenwich, on a donc 5 heures de retard sur l'heure uni­verselle. C'est ce qu'on appelle l'heure réglementaire. La chose est importante à savoir ici puisque lorsque le conseil passe une résolution pour modifier l'heure, il le fait sous l'au­torité de la Loi du temps réglementaire :

Résolu que le temps réglementaire [...] soit de quatre heures en retard avec l'observatoire de Greenwich, et ce, jusqu'au dimanche 25 septembre 1949, à minuit une minute alors que le temps réglementaire sera de cinq heures sur le temps réglementaire (PVM, paroisse, 4 avril 1949).

Autrement dit, avancer l'heure, c'est comme si l'on se rap­prochait de Greenwich d'un fuseau horaire qui équivaut, rap­pelons-le, à 60 minutes.

Cela dit, au Québec, la Loi du temps réglementaire date de 1918. À ce moment, chacune des municipalités avait le loisir de s'y conformer ou non (S.R., 1925, c. 276). II est arrivé au village, comme dans la paroisse, qu'on n'y donne pas suite :

Ce conseil après avoir pris en considération l'impor­tance de changer l'heure dans cette municipalité, décide à l'unanimité de ne pas faire de changement d'heure pour le présent (PVM, ville, 19 avril 1919).

Au même titre, nous avons remarqué que dans une même municipalité certains s'y conformaient et d'autres non. Des si­tuations du genre se sont produites à Princeville et à Princeville paroisse. On voit tout de suite le côté cocasse de la chose :

Je m'étais fait une blonde [...]. J'avais entrepris d'aller la voir les dimanches soirs. Je voyageais avec mon grand ami, Armand Nadeau, qui allait visiter son amie Angélina Sévigny [...]. La famille Sévigny avait gardé l'heure solaire tandis que la famille Roux avait opté pour l'heure avancée. La soirée tirait à sa fin chez M. Roux vers 11 h30; je devais donc me reti­rer. Par contre, pour mon chum Nadeau qui allait chez Sévigny, c'était au meilleur de la veillée, car l'horloge n'indiquait que 10h30 5.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale toutefois, plus per­sonne n'aura le choix et tous seront tenus d'appliquer l'heure avancée. C'est à partir de cette date que l'on voit apparaître annuellement au conseil, jusqu'en 7960, l'adoption d'une résolution relative à l'heure réglementaire.

Immigration

(Extrait du livre des minutes du village en date du 4 décembre 1933) « Le secrétaire donne lecture de la Ligue des intérêts

 

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nationaux au sujet des immigrants étrangers, lequel conseil est unanime à protester contre l'entrée de ces immigrants au pays. Le mardi gras

En 1996, le 31 octobre, veille de la Toussaint, on souligne l'hal­loween. À ce moment, les enfants se masquent et se déguisent puis passent dans les maisons de leur quartier pour demander des bonbons. II n'y a pas si longtemps, jusque dans les années 1960, c'était le mardi gras que l'on célébrait de la sorte :

Plusieurs enfants, de très jeunes, et plusieurs au­dessus de 21 ans, ont profité des réjouissances du mardi gras et en ont profité pour se déguiser bur­lesquement, de préférence avec des oripaux du sexe opposé [...] (Albert Lehoux, L'Union, 12 mars 1936).

Comme le mardi gras précédait le mercredi des Cendres, donc le début du carême pendant lequel on ne pouvait à l'époque manger de bonbons, plusieurs s'en donnait à coeur joie ce jour-là. Au point d'ailleurs que plusieurs terminaient la journée par une « sainte indigestion “.

La monnaie

Parmi les choses qui captent notre attention lorsque l'on con­sulte les premières archives municipales, on note la monnaie dont les désignations passent de la livre au louis, au chelin, au centin, à la piastre et au dollar.

Le louis et la livre étaient équivalents et donc utilisés sans dis­cernement. En outre, ils coexistent avec la “ piastre » :

« Que le salaire du secrétaire-trésorier pour cette année soit de douze livres,  dix chelins , cours actuel, cinquante piastres “. [La partie rayée est telle quelle dans les minutes.] (PVM, village, 4 février 1858).

En faisant le calcul, on constate que la livre vaut donc à ce moment plus ou moins 4 $ et le chelin 0,20 $ (chelin, de shilling : référence, Dictionnaire Bélisle de la langue française au

Canada, page 116Z). C'est à peu près la même chose que le louis, comme nous permet de le vérifier cet autre extrait des minutes: Attendu qu'à une session régulière du conseil tenue le jeudi douzième jour de février dernier, il a été décidé par résolution qu'une somme de cent piastres [la précédente résolution faisait plutôt état de 25 louis]. (PVM, village, le 2 mars 1863).

En réalité, la « piastre » s'imposera véritablement à la toute fin du siècle dernier. La désignation « dollar », quant à elle, gagne du terrain à partir de la Seconde Guerre mondiale.

On retrouve par ailleurs la désignation « centin “. II s'agit sim­plement de la désignation ancienne du sou actuel. Celle-ci disparaît presque totalement après la guerre. Exceptionnelle­ment, on la retrouve toutefois au procès-verbal du 6 décem­bre 1976 : « La ville cède à Expo Rénovation inc., pour le prix de 0,10 $ (dix centins) le pied carré [...] “.

Le noyé à la langue longue (souvenir)

(Notes manuscrites de l'abbé Roger Dorval, 1993)    « Un cer­tain Boisclair s'était noyé à la rivière Nicolet et pour essayer de le réanimer, on lui avait tiré la langue en la perçant d'un clou pour ne pas l'échapper. Sa langue avait été allongée pour pende jusqu'à l'oreille. Après le service funèbre, on avait cou­tume au cimetière d'ouvrir la tombe pour voir le mort. J'étais du nombre des curieux qui l'ont vu la face toute bleuie et avec la grande langue sortie jusqu'à l'oreille. »

Le Père Noël

(Tiré du journal L'Union, édition du 20 décembre 1934) « Tous les enfants sages du village et de la paroisse, et même ces enfants qui ne sont pas toujours gentils mais qui s'efforceront de l'être à l'avenir, sont priés de prendre note que le père Noël arrivera à Princeville, samedi prochain, le 22 courant par le train de 1.05 de l'après-midi. Comme par les années passées, en débar­quant il se rendra au magasin de Philippe Lachance où il recevra paternellement tous les enfants qui voudront aller le voir. »

 

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La publicité

(Tiré du journal L'Union, édition du 23 mai 1935.)    « Une visite au magasin 5-10-15 Cts à $1.00 de M. Arthur Boucher vous per­mettra de réaliser de sensibles économies sur tous vos achats. Par exemple il y a chaque jour de la semaine des réductions spéciales sur tel ou tel article de consommation courante, par exemple, de jolies et confortables robes d'intérieur pour dame à 49 cts seulement. Du bon savon en barres à 11 morceaux pour 25 cts, etc. Une visite vous convaincra “.

Les quêteux

(Témoignage de Julienne Thiboutot, 1994)            « On avait notre quê­teux qui venait manger à la maison toutes les semaines. En fait, les quêteux avaient leurs maisons qu'ils visitaient régulièrement ».

(Notes manuscrites de l'abbé Roger Dorval, 1993) « Plusieurs familles passaient l'hiver au 6`' rang dans des camps de bois rond bâtis par eux-mêmes sur un terrain dont ils n'étaient pas propriétaires. Ils étaient tolérés à cause de leur pauvreté. Au printemps, les campions de Stanfold (c'est ainsi qu'on les appelait), partaient pour l'été et revenaient à l'automne. ».

La Saint-Jean-Baptiste

À l'origine, saint Jean Baptiste était le patron de la franc­maçonnerie, souvent qualifiée d'association secrète, mais que l'on doit surtout percevoir à titre de société fermée. La franc­maçonnerie préconisait la fraternité et l'union des hommes quelles que soient leurs différences. Pour les francs-maçons, le peuple est souverain.

Pourquoi parler de franc-maçonnerie quand on veut parler de la Saint-Jean-Baptiste? C'est qu'en réalité plusieurs y voient un lien direct alors que d'autres parlent de lien circonstanciel. Ce qu'on peut dire dans les faits, c'est que Ludger Duvernay, pa­triote de la première heure, à l'origine de l'histoire de notre fête nationale, employait à son journal un franc-maçon, en l'occurrence le rédacteur en chef Leblanc de Maconné. Pour le reste, tout ce qu'on peut avancer, c'est qu'il est probable que

le discours de l'un ait teinté l'action de l'autre; le choix du patron en serait un témoignage.

Cela dit, en 1834, il y a déjà longtemps que gronde l'insatisfac­tion des Canadiens français à l'égard du régime anglais. Le parti des Patriotes vient d'ailleurs de déposer devant l'Assemblée lé­gislative ce qui sera désormais convenu d'appeler les « 92 réso­lutions ». II s'agit en fait d'une longue série de griefs.

Dans la foulée de celles-ci et du contexte qui les entoure, Duvernay réalise qu'il n'existe pas en tant que telle d'associa­tion pour défendre les droits de ses compatriotes. Au mois de mars, il fonde alors la société « Aide-toi toi-même » qui devien­dra éventuellement la « Société Saint-Jean-Baptiste -. Lors de la première rencontre, on retient l'idée d'une fête nationale pour les Canadiens français.

Le 24 juin suivant, comme le font les francs-maçons pour souli­gner l'anniversaire de leur patron, Duvernay organise un grand banquet où se retrouvent à peu près tous les chefs patriotes de l'époque. Au cours du repas, on portera de nombreux toasts aux « 92 résolutions -. Puis, à la fin de la soirée, on décrétera la Saint­Jean-Baptiste fête nationale des Canadiens français.

La fête, à cette date, revêt donc un caractère strictement poli­tique. Toutefois, à la suite de la rébellion de 1837, l'Église, les ultramontains (orthodoxes rigoureux) et la bourgeoisie vont se l'approprier et en faire une fête religieuse dans le but, entre autres, de contrer l'action des patriotes. II faudra attendre le lendemain de la Première Guerre mondiale avant que ne refasse surface la notion d'identité nationale.

Le pique-nique annuel à Princeville

Au fil du temps, le banquet de Ludger Duvernay se transforma dans nombre de municipalités en pique-nique annuel, en vérita­ble fête champêtre. II en fut ainsi à Princeville pendant nombre d'années. En juin 1924, par exemple, comme on le constate dans le journal L'Union, le pique-nique a réuni pas moins de 1500 per­sonnes. II semble toutefois que la tradition ait connu des ratés :

 

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Plusieurs doivent se rappeler qu'autrefois cette fête était chaque année à Princeville, l'occasion de réjouissances publiques toujours organisées par la Société Saint­Jean-Baptiste de Stanfold alors prospère et qui en subissait tous les frais. On se rendait tout le village en pique-nique à quelque sucrerie des environs et il y avait collation, chants, un peu de danse parfois, discours du curé et du maire et de quelques citoyens. Tout cela resser­rait les liens de bonne camaraderie et de franche amitié existant entre tous les paroissiens. L'on revenait fatigué certes; mais le coeur con­tent et en paix avec tout le monde.

Que ces jours semblent loin, mais peut-être verra-t-on une semblable réunion cette année (Albert Lehoux, L'Union, 23 mai 1935).

Avec les ans, le pique-nique disparut pour céder la place au défilé des chars allégoriques et de la fanfare. Pendant plusieurs années, celui-ci fut présenté en collaboration avec les villes soeurs (Arthabaska, Plessisville, Victoriaville et Warwick). En fait, d'une année à l'autre on changeait de ville, chacune ayant son tour :

II est résolu que la municipalité accepte de participer à la fête de la Saint-Jean-Baptiste tenue à Warwick (une des cinq villes soeurs) en contribuant aux frais d'un char allégorique [...] (PVM, paroisse, 7 juin 1965).

En 1996, il y a déjà longtemps que ne se font plus de tels défilés. Aujourd'hui, dans la plupart des municipa­lités, ils ont été remplacés par l'organisation d'un spec­tacle. Le sentiment national est encore beaucoup véhiculé, mais, de toute évidence, on a du mal à regrouper les gens autour de la fête, comme autour de n'importe laquelle du reste.

 

P.327

1998 Un cent cinquantième célébré dignement

Pour célébrer le cent cinquantième anniversaire de la paroisse canonique érigée en 1848 et, du même coup, souligner la nais­sance du territoire de Princeville et de Princeville paroisse, le Comité paroissial de pastorale a suggéré de mettre sur pied un comité organisateur.

C'est ainsi que le 27 février 1992, lors d'une rencontre où 34 personnes étaient réunies, on forma le Comité du 150° de Princeville. Depuis, on a prévu l'adoption d'un emblème, l'écri­ture d'une chanson thème, la parution d'une monographie et d'un album familial et la préparation d'un imposant pro­gramme de festivités. En outre, aux neuf bénévoles du début, près d'une trentaine d'autres se sont ajoutés. Au moment des fêtes, on prévoit que 300 bénévoles assureront le suivi des activités.

Cela dit, le comité exécutif se compose de Roger Bilodeau, président, Pierrette S. Plamondon, vice-présidente, Fernand Dubeau, secrétaire-archiviste-trésorier, Jacques Therrien, curé, ainsi que des directrices et directeurs suivants : Françoise Allard, Pierrette Saint-Louis, Martine Thibodeau, Sylvie Leclerc, Jean-Guy Beauvillier, Georges P. Nadeau, Raymond Saint­Pierre, Alain Rivard et Martin Gagné.

 

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Annexe A L'ouverture des rangs et des rues par date 1

Dans les tableaux qui vont suivre, ce que nous avons voulu faire est d'établir la chronologie de l'étalement démographique. Autrement dit, nous avons cherché à savoir dans quelle rue et dans quel rang voire dans quel secteur, la population s'est d'abord installée.

À ce titre, nous avons donc tenté de repérer les dates d'ouver­ture accolées à ces artères. Sauf que si l'exercice peut être complété sans trop de mal du côté du village, les choses sont tout autres dans la paroisse. D'abord, l'information est sou­vent absente, partielle ou dispersée. Mais ce n'est pas là le pire. II arrive que l'on retrouve des informations contradictoires ou, encore, qui reprennent, sans explication, une décision ren­due depuis plusieurs années comme si rien ne s'était passé auparavant. Ajoutez à cela qu'il est possible que le conseil ait décidé de l'ouverture d'un chemin sans pour autant donner suite au projet et aviser en ce sens.

L'exercice n'en valait pas moins la peine car, malgré certaines imprécisions qui peuvent persister (et encore, celles-ci sont toutes relatives), il débouche indiscutablement sur un portrait relativement fidèle de ce qui s'est passé.

Un dernier point enfin. II faut garder à l'esprit que dans la paroisse, quand on ouvre officiellement un rang, souvent il y a déjà des gens d'établis. Par exemple, le recensement de 1861 indique que le lot 15 du 7e rang Ouest est occupé. Pourtant, on n'ordonnera l'ouverture d'un chemin qu'en 1862.

Comment lire le tableau Date :

La date indiquée en marge est la plus ancienne que nous ayons repérée relativement à l'artère nommée. Route, rue et rang:

La colonne route, rue et rang identifie l'artère dont il est question.

Ouverture ou présence:

La colonne « ouverture ou présence “ , précise d'abord s'il s'agit d'une date d'ouverture ou plutôt d'un premier signe repéré dans les archives et témoignant de la présence de ladite artère. Dans un cas comme dans l'autre, pour en faciliter le repérage, nous avons ombragé l'indication.

Figurent également dans cet espace les sources (indiquées entre parenthèses) dont nous avons tiré nos informations. Règle générale, celles-ci font référence aux procès-verbaux de la municipalité ou encore à ceux du surintendant spécial Z.

Enfin, à l'occasion, nous avons inscrit dans la colonne « ouverture ou présence certaines notes historiques.

1   Nous rappelons que les abréviations » PVM » et ?VS » signifient, dans l'ordre, » procès-verbal municipal » et procès-verbal du surintendant ». Par ailleurs, l'expression gore » que l'on retrouve en certains endroits, fait référence à un lot non numéroté.

2   sauf indication contraire, les procès-verbaux des surintendants spéciaux auxquels nous faisons référence peuvent être consultés dans le Répertoire des chemins, Stanfold, 1856-1881, au bureau de la municipalité de paroisse.

 

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RÉSEAU ROUTIER DE PRINCEVILLE PAROISSE

Date(a) Route, rue et rang                                      Ouverture ou présence

 

 

1832    Douzième rang Est             Ouverture

 

Alias :     « route rurale # 1, Princeville - (PVM 2 février 1981)

En 1832, Édouard Leclerc s'installe sur les cinquième et sixième lots du 12e rang (Mailhot, tome I, p. 215).

Le recensement de 1861 indique que les lots 1 à 7 sont exploités ou occupés (rang complet).

NOTE

Le lot 6 avait été attribué en 1807 au spéculateur Jenkin William qui à ce moment détenait pratiquement la moitié du canton.

 

 

1833       Grande Ligne                       Ouverture

 

En 1833, pour passer des Pointes de Bulstrode à la rivière Bécancour, François Marchand emprunte le tracé de la Grande Ligne de Bulstrode et de Stanfold. (Mailhot, tome II, p.59). La première mention que nous avons repérée dans le cas de la Grande Ligne l'a été dans le procès-verbal du surintendant spécial du 26 juillet 1869 qui faisait référence

de la verbalisation d'une route (Grande Ligne) entre le 10e rang et la rivière Bulstrode à Victoriaville.

NOTE

Dans son procès-verbal, le surintendant spécial souligne que cette route est absolument nécessaire aux intéressés des 10e, 11 e et 12e rangs qui n'ont d'autre chemin pour se rendre à ^ Sainte-Victoire ».

La construction de la Grande Ligne (route 162) a tardé à se réaliser. Ainsi, avant 1917, aucun des plans consultés aux Archives nationales du Québec n'en fait mention. II faut attendre 1923 avant de repérer un tracé sur La carte routière de la province de Québec.

1836    Neuvième rang Est          Ouverture

Arrivée de Joseph Pellerin, vers 1836-1837, sur le lot 9 du 9e rang (Mailhot, tome I, p.217). Le recensement de 1861 indique que les lots 1 à 10 sont exploités

ou occupés (rang complet).

 

1836    Dixième rang                        Ouverture

Achat par Pierre Richard d'une terre dans le 10e rang pour l'établissement de ses fils (Mailhot, tome I, p. 219). Comme le lot n'est pas précisé, il est difficile de savoir s'il s'agit du segment est ou ouest.

 

P.337

1836        Dixième rang                 Le recensement de 1861 indique que les lots 1 à 9 sont occupés ou exploités

(suite)                            (rang pratiquement complet).

 

 

1840        Neuvième rang Ouest      Présence repérée

En 1840, le missionnaire Clovis Gagnon disait la messe chez Joseph Verville sur le 16e lot du 9e rang.

Le recensement de 1871 indique que seul le lot 14 est occupé à cette date. Mention au PVS du 18 juin 1877 ordonnant l'ouverture d'un chemin de front : Depuis l'endroit où le chemin des 9e et 10e rangs laisse le 9e [..] sur le 16e lot du 9e rang, jusqu'à la moitié est du lot numéro 20...

NOTE

Ce tracé a été réalisé en partie seulement (du lot 16 au lot 18). Les cartes de l'époque (de 1861 à 1923) n'en laissent pas moins voir qu'à l'origine le parcours devait rejoindre la Grande Ligne (route 162).

En 1917, Napoléon Roy demanda la mise en vigueur du procès-verbal de Léon Thibodeau daté du 22 octobre 1881 qui aurait prolongé le trajet au moins jusqu'au lot 22.

Rien n'y fit, le chemin ne fut jamais construit (PVM, 5 juin 1917).

 

 

1852 Dixième rang Ouest       Présence repérée

Le 11 octobre 1852, à la séance du conseil municipal de la division numéro deux du comté de Drummond, on nomme un officier de voirie pour la partie située depuis chez Pierre Richard à la ligne de Bulstrode successivement dans les neuvième et dixième rangs ».

Le recensement de 1861 indique que les lots 11, 12, 13, 14, 22, 23, 25, 26 sont occupés ou exploités.

Le recensement de 1871 indique que tous les lots ouest sont occupés ou exploités. NOTE

Le 26 juillet 1869, le surintendant spécial mentionne qu'il est urgent de verbaliser

une route reliant le chemin de front des 10e et 11 e rangs et la rivière du Loup (entendre, rejoignant Victoriaville) en passant par la Grande Ligne. Une route, précise-t-il : absolument nécessaire aux intéressés des 10e, 11 e et 12e rangs... qui n'ont d'autre chemin qui conduit à Sainte-Victoire et à la Station d 'Arthabaska.

 

1852   Onzième rang Est           Présence repérée

Alias :   « route rurale # 1 de Princeville -; n route Baril » dans l'une de ses portions et « Petit onzième rang » (PVM 2 février 1981)

 

P.338

Date    Route, rue et rang                                              Ouverture ou présence

 

1852       Onzième rang Est               Alias :     « Petit Bois-Francs » (acte de répartition du 27 septembre 1870)

(suite)                                    Le 11 octobre 1852, à la séance du conseil municipal de la division numéro deux du comté de Drummond, on nomme un officier de voirie pour cette section du rang.

'                                                                   Mention au procès-verbal (12 septembre 1853) du conseil municipal de la division numéro deux du comté de Drummond, ordonnant l'ouverture d'un chemin de front entre les 11 e et 12e rangs, de la ligne de Somerset au Chemin provincial.

Le recensement de 1861 indique que les lots 1 à 8 sont occupés ou exploités (rang complet).

 

 

1852       Huitième rang Est               Ouverture

 

Alias :     « Petit huit ^ et « ancienne route 5 (PVM, 2 février 1981); alias « route 116 “ (des limites est de Princeville en allant vers Plessisville)

Le 11 octobre 1852, à la séance du conseil municipal de la division numéro deux du comté de Drummond, on nomme un officier de voirie pour la partie « depuis chez Pierre Prince jusqu'à la ligne de Somerset dans le huitième rang ».

Le recensement de 1861 indique que les lots 1 à 13 (sauf 12) sont occupés ou exploités (rang pratiquement complet).

NOTE

L'acte de répartition de la « route du 8e rang “, daté du 29 juillet 1879, donne la liste des propriétaires des lots 1 à 26.

En janvier 1982, à la suite d'une décision du conseil, la partie du rang 8 située dans le village et dans la ville jusqu'à la route 116 prend de nom de « rue Demers “.

1853    Rue Saint-Jacques Ouest Ouverture

(Entre l'intersection du 10e rang Ouest

et de la route 116)

                                                Alias :     “ Route des 10 et 11 (PVS, 30 mars 1856)

“Route Saint-Cyr (PVS, 30 mars 1856) dans la partie contenue dans le 10e rang (PVM, 29 décembre 1919)

« Route Gagnon “, dans la partie contenue dans le 9e rang (PVM, 29 décembre 1919) « Route Blais » (photo aérienne A479-36, archives municipales;

PVM, 6 septembre 1977 et PVM, 2 février 1981)

Mention au procès-verbal (12 décembre 1853) du conseil municipal de la division numéro deux du comté de Drummond ordonnant l'ouverture d'une route entre le cordon des 9e et 10e rangs et le cordon des 1 10e et 11 e rangs ; il s'agit de la portion représentant

 

P.339

1853       Rue Saint-Jacques Ouest                                                l'ancienne « route Saint-Cyr ». (suite)

Mention au procès-verbal du surintendant du 30 mars 1856

(*) qui fait référence à l'ouverture de la route des 10e et 71 e rangs. (*) Premier procès-verbal repéré dans l'histoire de la municipalité.

 

 

1858    Onzième rang Ouest          Ouverture

Alias :     « route rurale # 1 de Princeville (PVM, 2 février 1981)

 

Mention au procès-verbal du surintendant du 2 novembre 7858 qui fait référence à l'« ouverture d'un chemin de front depuis le lot 15 [à proximité de la 263] jusqu'au Chemin provincial -.

Le recensement de 7861 ne fait mention que de l'occupation ou de l'exploitation des lots 25 et 26. NOTE

L'acte de répartition du 2 janvier 1868 fournit le nom de 12 propriétaires implantés entre les lots 17 et 26.

 

1858    Onzième rang Centre         Ouverture

Alias :     « Route rurale # 1 de Princeville * (PVM, 2 février 1981)

Mention au procès-verbal du surintendant du 2 novembre 1858 qui fait référence à l'«ouverture d'un chemin de front depuis le lot 15 jusqu'au Chemin provincial “.

Au recensement de 1861, on note l'occupation de tous les lots du segment centre, du lot 9 au gore (segment complet).

NOTE

L'acte de répartition (29 juillet 1879) donne la liste des propriétaires concernés des lots 12 à 16.

1861          Septième rang Ouest         Présence repérée

 

Le recensement de 1861 indique que le lot 15 (premier lot du segment ouest) est occupé. Le recensement de 1871 indique que les lots 75, 16, 77, 18, 19, 20 et 21 sont occupés ou exploités.

1861    Premier rang                        Ouverture

 

Alias: « Chemin Beaudoin

Mention au PVS, 17 octobre 1861, ordonnant l'ouverture d'une route entre le 11 e lot du premier rang jusqu'à la route de la Savane dans la ligne des 8e et 9e rangs.

 

P.340

Date    Route, rue et rang                                             Ouverture ou présence

 

1861    Premier rang     (suite)

Ce procès-verbal fut abrogé plusieurs années après, ladite route ayant été jugée inutile.

                                                Le recensement de 1861 indique que les lots 2, 3, 10 et 26 sont occupés.

Mention au PVS du 4 juillet 1895 ordonnant l'ouverture d'un chemin de front dans

le premier rang « depuis la ligne de Stanfold et Somerset jusqu'au lot 12 ». Le territoire touché ici a été démembré au profit de Somerset-Sud.

 

1861       Septième rang Est              Présence repérée

 

Le recensement de 1861 indique que le lot 14 (dernier lot du segment est) est occupé. Mention au procès-verbal du surintendant spécial du 6 juillet 1869 qui fait référence à l'ouverture d'un chemin de front depuis le Chemin provincial jusqu'à la ligne qui sépare les townships de Stanfold et de Somerset; il s'agit du secteur que l'on désignait à l'époque comme “ les Bellevues » (lettre du curé Baril à l'évêque, en 1909, relativement à

un démembrement de la paroisse en faveur de Somerset).

Le recensement de 1871 indique l'occupation des lots 11, 12, 13 et 14.

1865    Douzième rang Ouest        Ouverture

(De la route 263 à la           Alias :     « Rang de la Disette et « route rurale # 1 de Princeville »(PVM, 2 route 116)                         février 1981)

Mention au procès-verbal du 29 mai 1865 :

 

Ouverture d'un chemin de front dans le 12e rang à partir du Chemin provincial [route 263] jusqu'à la ligne de chemin de fer route [116].

L'acte de répartition de la « route des 11 L' et 12e rangs “, daté du 2 janvier 1868, donne le nom des propriétaires des lots 16 à 26.

Le recensement de 1871 indique que les lots 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 23 et 26 sont occupés.

(Du rang Lainesse              Ouverture par procès-verbal du surintendant spécial (30 octobre 1873).

au rang Allard)                     Correspond au premier segment de la rue du Filtre vers Victoriaville.

 

(Du rang Allard                     Ouvert par procès-verbal du surintendant spécial (juin 1881). À ce

aux Pointes Beaudet)         moment, c'est du Filtre que l'on prolonge jusqu'à Victoriaville.

 

(Le rang des Pointes          Alias :     chemin de front du 12e rang Ouest (PVS, 30 octobre 1873).

Beaudet, au nord de la

  rivière)                                Alias :       « Rang des Pointes Beaudet » pour la partie traversant le 11 e et le 12e rang, en 1996 dans les limites de Victoriaville.

 

P.341

Date    Route, rue et rang                                               Ouverture ou présence

1865       Douzième rang Ouest        Le 12e rang a également eu un segment au nord de la rivière Bulstrode qui

            (suite)                               correspond, en 1996, au prolongement imaginaire du rang « de la Pointe Beaudet »

 (PVS 30 octobre 1873). Ce tracé a été abrogé par le PVS en juin 1881.

1866       Troisième rang Ouest        Ouverture

 

Mention au procès-verbal du 2 juin 1866 demandant l'ouverture « urgente » d'un chemin de front dans le 3e rang :

Depuis la ligne qui divise le 19e lot du 3e rang, en suivant le cordon qui divise le 3e du 4e rang [...] se termine à la moitié est du lot de terre 26 dans le 3e rang.

Ce tracé ne s'est matérialisé qu'en partie, s'arrêtant à la route 263 sur le lot 21. Le recensement de 1861 indique que les lots 20, 21 et 22 sont occupés.

Le recensement de 1871 indique que les lots 20, 21 et 22 restent les seuls occupés à cette date.

1867       Huitième rang Ouest          Ouverture

 

Mention au procès-verbal du surintendant du 4 septembre 1867 :

Ouverture d'un chemin dans le 8e rang à partir de la ligne qui sépare les townships de Stanfold et de Bulstrode jusqu'au Chemin provincial. (De la route 162 à la route 263). La confection du chemin a tardé à se réaliser et les intéressés ont eu besoin de délais supplémentaires :

Je me suis convaincu que vu le peu de moyens pécuniaires d'une partie des habitants de cette partie du 8e rang et les grandes difficultés qu'il y a à surmonter pour ouvrir un chemin dans cet endroit pour cause de mauvais terrain [..] il serait nécessaire d'accorder un nouveau délai pour terminer la dernière moitié (.. ) soit fait et terminé le 1 août 1872 pour le bois arraché [..]fasciné d'ici le 1 août 1873 et terminé le 1 août 1874. (PVS, 3 avril 1871).

Le recensement de 1861 indique que les lots à l'ouest de la 263, dans le village, sont occupés ou exploités. Au-delà, dans la paroisse il n'y a rien.

Le recensement de 1871 indique que les lots 15, 20, 23 et 24 sont occupés ou exploités. L'acte de répartition de la ' route du 8e rang » (29 juillet 1879) donne le nom des propriétaires de lots des numéros 1 à 26.

 

1871 Sixième rang Ouest            Présence repérée

Le recensement de 1871 indique que les lots 15 et 16 (les premiers du segment ouest) sont occupés ou exploités.

 

P.342

Date      Route, rue et rang    Ouverture ou présence 1874                  

Route De Billy                                        Ouverture

Alias:       « route Boisvert " (Elphège) : « À partir de la propriété de Camille Jolibois [12e rang Ouest, A3] jusqu'à la propriété de Charles De Billy [11 e rang, Gore A-18] “. (PVM,

5 mai 1969 et photo aérienne A479-34, archives municipales)

Mention au PVS du 21 octobre 1874 qui ordonne l'ouverture d'une route entre le 12e rang et le pont Duchesney (sic) (à quelques mètres au sud du pont De Billy; du nom de Simon Duchesney). En fait, avant de remonter vers la 116, la route De Billy traversait directement la rivière pour rejoindre le rang 11.

À la séance du 3 mai 1982, le conseil adopte une résolution suivant laquelle la route reliant le 12e rang à la route 116 s'appellera désormais «route De Billy » (Jean-Charles De Billy exploitera un garage, près du pont, de 1949 à 1979).

 

1877           Quatrième rang Ouest             Ouverture

 

Mention au procès-verbal du 29 juin 1877, relativement à l'ouverture d'un chemin de front dans le 4e rang depuis le lot 20 jusqu'au Grand Chemin provincial d'Arthabaska. Représente un court tronçon puisque le lot 20 (sur lequel Jérémie Pacaud a un moulin) est à proximité de la route 263.

N'existe plus en 1996.

1881        Route                                       Route verbalisée en quatre temps:

               Princeville

/ Victoriaville                            PREMIER SEGMENT

En 1856 (30 mars), on retrouve au PVS les traces du premier segment qui

(Avant la route 116)                débute au 10e rang Ouest et va rejoindre le pont De Billy. Ce tracé, en 1997, emprunte la rue Saint-Jacques Ouest.

DEUXIÈME SEGMENT

En 1867, apparaît le deuxième segment, soit du pont De Billy au rang Lainesse en suivant la voie ferrée. En 1997, cette portion correspond au segment de la route 116 située entre ces deux points.

TROISIÈME SEGMENT

Enfin, en 1873 (PVS, 30 octobre), on retrace le profil à partir du rang Lainesse jusqu'à la hauteur du rang Allard. Correspond, grosso modo, au premier segment de la rue du Filtre. QUATRIÈME SEGMENT

En juin 1881, le surintendant spécial ordonne l'ouverture d'une route qui complétera le tracé de la rue du Filtre jusqu'aux Pointes Beaudet. Voilà, le tracé entre Princeville et Victoriaville est complet.

 

P.343

Date      Route, rue et rang                                             Ouverture ou présence

 

1900          Route des Dion                   Présence signalée

Alias:      « route de Saint-Norbert et « le Petit rang (PVM 2 février 1981)

 

Mention au PVM du 5 novembre 1900 alors que l'on parle de l'entretien d'hiver de la « route des Dion “.

Mention au PVM du 5 février 1912 quand Jos Gagné et autres demandent l'ouverture d'une route sur le terrain de Calixte Dion.

Mention au PVS du 20 août 1912 ordonnant l'ouverture d'une route (*). Le tracé précisé à ce moment débute à une centaine de « pieds à l'intérieur des limites de Saint-Norbert et rejoint le 12e rang. Le surintendant indique par ailleurs que dans Stanfold ledit tracé suit une route existante.

(*)            Source : Registre pour procès-verbaux, vol. 1, comté d'Arthabaska, Bureau de la publicité des droits d'Arthabaska.

1917          Cinquième rang Est           Ouverture

 

Procès-verbal du surintendant spécial du 2 avril 1917 : dépôt d'une requête du propriétaire Lemay demandant l'ouverture d'un chemin de front vis-à-vis du lot 17. Demande répétée le 2 juillet 1918 .

  (Le lot 17 est à proximité du « Grand Chemin provincial », alias « route 263 ») 1920                                   Route 5 / Route 116        Ouverture

ROUTE 5, SES ORIGINES

 

Le 3 février 1913 le conseil de Princeville nomme deux délégués pour assister « à la grande convention qui doit se tenir à Richmond concernant la grande route projetée par le gouvernement “.

À la séance du 3 mars, ceux-ci rapportent que ladite route ^ a été considérée dans l'intérêt de la province ». On fait alors état du tracé :

Une grande route permanente entre Montréal et Québec via Richmond et de là à Sherbrooke d'où elle passerait par Magog, Waterloo et Granby.

Nouvelle convention, à Victoriaville cette fois, le 18 septembre 1917. Le village et

la paroisse y délèguent leurs représentants. Le tracé se précise. On parle d'“ une route permanente provinciale de Sherbrooke à Lévis ». Le village (6 octobre 1917) et la paroisse (4 mars 1918) donnent leur accord.

 

CONSTRUCTION

 

La route 5 est finalement construite au début des années 1920. Coût pour la paroisse :

 

P.344

Date    Route, rue et rang                                             Ouverture ou présence

1920     Route 5 / Route 116        45 230 $ pour le segment est, 43 591 $ pour le segment ouest vers Victoriaville.

(suite)                             Les travaux sont subventionnés par le fédéral dans l'ordre de 40 % (Lettre du ministre au conseil de la paroisse, le 29 janvier 1924).

Le tracé a été modifié dans les années 1950 : du rang Lainesse qu'on évite désormais, on rejoint directement la rue Notre-Dame Est à Victoriaville. À l'intérieur de Princeville, le tracé donne naissance au boulevard Baril. C'est à partir de cette date que l'on fait allusion à la « nouvelle route 5 “.

Début des années 1960, nouvelle modification. On relie directement les deux intersections suivantes : « rue Notre-Dame Est à Victoriaville / route 116 “ et « route Pouliot / route 116 “. On évite Victoriaville.

La désignation « route 5 se maintient jusqu'au début des années 1970 alors qu'elle cède la place à celle de « route 116 ». À cette époque, tant le conseil de la Paroisse que celui de

la Ville demandent au ministère l'élargissement sur 4 voies tant entre Princeville et Victoriaville qu'entre Princeville et Plessisville. En 1996, le projet était toujours en suspens.

 

1921     Deuxième rang               Présence repérée

Alias :   « chemin de Drapeau (PVM, 2 février 1981)

 

Le conseil reçoit une demande d'ouverture de chemin de front « faisant communiquer la route Grande Ligne » dans le 2e rang et la route « Grand Chemin provincial “.

Ce chemin avait déjà été verbalisé mais non mis en vigueur par procès-verbal le 28 novembre 1921 (PVM, 1 er février 1926).

1963        Domaine Plage Paquet     Présence repérée

 

Première mention de rues au procès-verbal municipal du 3 septembre 1963 alors qu'il est « résolu que le conseil de cette corporation accepte le plan fourni [...] pour les rues portant les numéros 20C-40, 20C-41, 20C-46, 20C-52, 20C-38-1. II s'agit alors de rues privées que le conseil prendra à charge pour l'entretien d'hiver à partir de 1978.

Un projet d'acquisition des rues de la Plage Paquet est déposé au conseil du 7 septembre 1979. Acquisition du côté est de la route 263 (19A-1 et 19A-2 du rang 4),

le 3 octobre 1983.

Le règlement 174 (mars 1985) fait également référence à une option d'achat des rues de la Plage Paquet à condition que lesdites rues soient cadastrées et approuvées par la CPTAQ.

 

1970   Domaine Quatre-Saisons      Présence repérée

 

Première mention au conseil du 7 décembre 1970 alors que l'on fait mention des rues « sur le terrain de camping de Denis Nadeau (21 C-1 et 21 C-2 du rang 3). II s'agit alors de rues privées.

 

P.345

Date Route, rue et rang    Ouverture ou présence

 

1978   Rue Moreau                         Présence repérée

 

À la séance du conseil du 7 août 1978, on autorise le plan de subdivision, mais le conseil ne s'engage ni à la confection ni à l'entretien.

 

P.347

Annexe B    RÉSEAU ROUTIER DE PRINCEVILLE

Date

Rue et route

Ouverture ou présence

                                                                                        

1858        Saint-Jean-Baptiste Nord Alias : « rue Saint-François-Xavier »

 

Nommée officiellement à la séance du 8 février 1858.

Prend le nom de « Saint-Jean-Baptiste Nord » à la suite de l'adoption du règlement n° 240 le 18 août 1966.

La rue Saint-Jean-Baptiste Nord sera élargie du côté est en 1972-1973. NOTE (route 263)

Comme la rue Saint-Jean-Baptiste est la partie urbaine de la route 263, voici quelques notes sur cette dernière.

Alias « route de Gentilly », « chemin de Stanfold “, “ chemin de la Savane “, « Grand Chemin provincial d'Arthabaska » et « chemin royal », la route 263 date du début

de la colonisation des Bois-Francs. C'est le « Grand Chemin provincial (1848) qui a ouvert de façon définitive le territoire de Stanfold au peuplement. Du reste, c'est précisément dans le « Grand Chemin provincial » qu'est construite la ville de Princeville.

Malgré tout, ledit chemin est longtemps demeuré de piètre qualité, et ce, même si l'on aurait pu s'attendre à une amélioration quand on a construit la route « Trans-Canada » au début des années 1940. Au milieu des années 1960, la situation s'est grandement améliorée. Dès lors, il ne reste plus à paver que la portion entre Saint-Louis et l'autoroute Jean-Lesage (alias « route 9 », « route 20 »).

1858   Jacques-Cartier (place)       À la séance du 8 février 1858, on nomme le ^ carré en face l'église » “ Place Jacques-Cartier ». Cette désignation est peu utilisée et disparaît rapidement sans raison apparente.

Date

Rue et route

Ouverture ou présence

1858     Richard (place)               À la séance du 8 février 1858, le conseil nomme l'espace compris entre le chemin de fer et la rue Saint-Georges et entre la rue Saint-Jean-Baptiste et la propriété de G. Pacaud

(98, Saint-Georges) « place Richard ».

Tout comme la désignation de « place Jacques-Cartier “, celle-ci disparaît aussitôt sa parution dans le PVM, et ce sans raison apparente.

1858  Saint-Georges                   Nommée officiellement à la séance du 8 février 1858.

 

En août 1874, le conseil prolongeait la désignation de rue Saint-Georges au-delà de la rue de la Corporation « vu qu'elle n'est que la continuation de la rue Saint-Georges .

1858     Saint-Jacques Ouest        Alias :   - rue Saint-Jacques -

Nommée officiellement à la séance du 8 février 1858.

 

P.348

Date

Rue et route

Ouverture ou présence

1858     Saint-Jacques Ouest      Prend le nom de Saint-Jacques Ouest à la suite de l'adoption du règlement (suite)       no 240 le 18 août 1966.

La dénomination du segment compris entre le pont De Billy et les limites de la ville a pris le nom de Saint-Jacques Ouest à la suite d'une décision du conseil de paroisse le 7 décembre 1987.

 

1858     Saint-Jacques Est           Alias : « rue Saint-Louis

 

Nommée officiellement à la séance du 8 février 1858.

Prend le nom de rue Saint-Jacques Est lors de l'adoption du règlement n° 240 le 18 août 1966.

NOTE

Jusqu'à l'avènement du boulevard Baril, dans le milieu des années 1950, la rue Saint-Jacques Est/Ouest était la section urbaine de l'ancienne route 5 qui reliait Lévis et Sherbrooke : partant du pont De Billy (à l'intersection de la route 116 et de la rue Saint-Jacques Ouest, en 1996), l'ancienne route 5 rejoignait le village avant de le traverser pour aller reprendre la rue Demers (alias « Petit 8 »).

1858     Saint-Jean-Baptiste Sud   Alias : « rue Saint-Jean-Baptiste » Nommée officiellement le 8 février 1858. Prend le nom de rue Saint-Jean-Baptiste Sud à la suite de l'adoption du règlement n° 240 le 16 août 1966.

L'élargissement de la rue a été demandé à de nombreuses reprises surtout à partir de 1976. Les travaux seront achevés au début des années 1980. Ceux-ci ont exigé l'expropriation de plusieurs dizaines de propriétés.

1862     Demers                          Alias :   « Petite route du 8 », alias « Petit 8 “, alias « route 5 “, alias « Ancienne route cinq La première mention repérée date du 5 février 1862 (PVS).

Initialement, la rue Demers était dans la municipalité de paroisse. Deux portions ont été annexées à la ville, la première en 1963 (annexion du 29 décembre 1962) et la seconde en 1972.

Nommée officiellement « rue Demers - en janvier 1982.

 

Date

Rue et route

Ouverture ou présence

1874     Mgr-Poirier                    Alias :   « rue de la Corporation

 

La rue Mgr-Poirier a été ouverte à la suite d'une résolution du conseil en date du 8 août 1874 sous le nom de « rue de la Corporation ». À ce moment, la description que l'on en fait établit le tracé à partir de la rue Saint-Jacques jusqu'au 10e rang.

 

P.349

1874          Mgr-Poirier                            La rue de la Corporation prit le nom de « rue Mgr-Poirier à la suite de l'adoption

(suite)                                    du règlement n° 186 le 3 novembre 1952. Ainsi nommée en l'honneur « de celui qui s'est dépensé durant vingt-huit ans au service de la paroisse “.

Le tracé partiel (de la rue Saint-Jacques jusqu'à la hauteur de la rue Gagnon) apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

L'autorisation du Ministère d'ouvrir la rue Mgr-Poirier sur la nouvelle route 5 est lue à la séance du 2 février 1959.

La rue saint-Eusèbe

À deux moments dans l'histoire, nous voyons apparaître le nom de « rue Saint-Eusèbe ». Dans l'un de ces deux cas, il est certain que celui-ci peut être confondu avec celui de « rue de la Corporation »; dans l'autre, c'est moins évident.

Ainsi, le 4 mai 1942, le conseil demande au ministre de la Voirie d'asphalter les rues Saint-Georges et Saint-Eusèbe. Or, à l'époque, selon les témoignages, la rue Saint-Eusèbe est le nom officieux qui circule pour désigner la rue de la Corporation, et ce, depuis que le curé Poirier a demandé, en chaire, ledit changement de nom.

En 1874, on voit aussi le nom de « rue Saint-Eusèbe » :

Que la rue qui se trouve au nord-est du terrain [entendre de la Corporation] en partant du chemin à aller au dixième rang porte le nom de « rue de la Corporation » et

celle du sud-ouest qui suit la même direction porte le nom de- rue Saint-Eusèbe ». (PVM, village, 8 août 1874).

Malheureusement, ces maigres indications n'ont pu nous permettre de situer le tracé exact de la rue Saint-Eusèbe. Au même titre, il nous a été impossible d'observer une résolution annulant ou modifiant ledit nom. Ce que nous indique la citation, par contre, est qu'il y a une voie qui mène au 10E rang. Pour le reste, on ne sait pendant combien de temps celle-ci est demeurée ouverte.

1874          Carignan (boulevard)         Alias :     « Petit 10 »

Au moment de nommer la rue de la Corporation, en 1874, nous pouvons lire que le tracé relie la rue Saint-Jacques et le « dixième rang » via la « rue Saint-Eusèbe ».

Le tracé du boulevard Carignan apparaît (sous le nom de « rang X “), entre autres, sur le plan déposé au moment de l'incorporation (c).

Première mention relative au développement du secteur du boulevard Carignan dans le procès-verbal du 12 octobre 1972.

Le nom de « boulevard Carignan est donné pour le segment situé dans la municipalité de la paroisse à la suite de la séance du 4 mai 1981.

 

P.350

1874       Carignan (boulevard)         NOTE

(suite)                                    Si l'on se fie à l'acte d'incorporation de la Ville de Princeville (1964), qui souligne

la présence du boulevard dans ses limites sans que rien d'autre avant ou après ne vienne contredire cette information, il apparaît que la partie du 10e rang, connue dans les limites de Princeville sous le nom de ^ boulevard Carignan “, a toujours été dans les limites

du territoire de Princeville. Ce qui étonne ici, c'est que dans les anciens procès-verbaux du village, on ne le voit jamais cité en tant que tel.

1877       Saint-Charles                      ouverte à la suite d'une résolution adoptée au conseil du 7 mai 1877, et ce de la rue Saint-Jean-Baptiste à la rue de la Corporation (Mgr-Poirier).

1944          1944       Richard              Plan de subdivision adopté le 29 avril 1944. Nommée officiellement le 19 mai 1945.

1945          1945       Racine               Alias : « rue Michaud

À la séance du 6 août 1945, le conseil autorise l'ouverture de la rue Racine (lots 2A-15 et 1 A-6) dans le développement de Delphis Michaud de Plessisville. Nommée officiellement à la séance du 6 septembre 1946 en l'honneur du premier curé Antoine Racine.

La rue a été renommée une seconde fois par règlement ( no 208) le 5 juin 1961.

1945   Baillargeon                             Première mention repérée au procès-verbal de la municipalité alors que Delphis 

                                                          Michaud de Plessissville demande à développer le secteur. Le conseil autorise

                                                      l'ouverture de la rue Baillargeon.

1947       Talbot                                    Plan de subdivision adopté à la séance du conseil du 3 novembre 1947 La rue Talbot a été construite par J. Maurice et Arsène Talbot qui ont rapidement tenté de la vendre à la Ville. La vente se concrétisera finalement en mai 1950 (règlement n° 182) pour la somme de 3000 $. La rue à ce moment est desservie par un aqueduc et des trottoirs, égaiement construits par Mm. Talbot.

1947       Prince                                    II est résolu à la séance du 3 avril 1950 ^ que la rue sans nom située en face de

la Princeville Hosiery Mills et acceptée par le conseil en 1947, portera désormais le nom de « rue Prince e en souvenir du Sieur Pierre Prince “.

1952       Martin (place)                      Au début de 1952, le conseil “ prend à sa charge une ruelle sans nom, connue et désignée sous le nom de « rue Saint-Martin » en l'honneur de Son Excellence Mgr Albertus Martin, évêque du diocèse de Nicolet.

 

1953       Saint-Henri                           Alias :     avenue des Érables “, alias « avenue de Villers “, alias « rue Turgeon »

Le 7 avril 1953, le conseil se porte acquéreur, auprès de Henri Turgeon, du lot 239 (secteur de la rue Saint-Henri).

 

P.351

1953       St-Henri                                 Le 7 juin 1954, le conseil accepte la rue de Paul de Villers.

(suite)                                              Le plan de subdivision accepté le 7 juin 1954 fait état de la « rue Turgeon ».

 

Finalement le tracé prend le nom de « rue Saint-Henri » à la suite d'une résolution passée le 5 septembre 1963. Le nouveau nom remplace ceux de « avenue des Érables (dont nous n'avons pas observé la date d'apparition au PVM) et « avenue de Villers “.

1954       Érables (des)                       Le tracé (sans le rond-point figurant sur la carte de 1996) apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

Cédée à la Ville en décembre 1972.

 

1954       Gagnon                                 Apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

Décrétée chemin municipal à la séance du 7 juin 1954. Dès lors on parle de « rue

Gagnon “.

 

1954     Houle                                     Apparaît au plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

Mise en plan à la suite d'une résolution du conseil municipal datée du 4 juin 1964. À cette date, on parle déjà de la rue Houle.

1954       Leblanc                                 Apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

1954       Leclerc                                   Apparaît au plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

Première mention au PVM le 20 mai 1955 alors que l'on fait état du développement

de Delphis Michaud. En août, le conseil demande à la Coopérative le terrain nécessaire « pour l'avenue Leclerc “.

L'arpentage de la rue a été décidé au conseil du 28 août 1961. La rue fut prolongée à la suite d'une décision du 21 juin 1971.

1954       Pellerin                                  Apparaît au plan de cadastre officiel révisé de 1954 (de la rue Saint-Jacques à la rue Leclerc).

À la séance du 4 avril 1961, Gilles Auger et Laurent Pelletier demandent « l'aménagement de la rue ».

 

1954       Pratte                                     Apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b).

Nommée officiellement par règlement ( n° 208) le 5 juin 1961 en l'honneur de

François­Xavier Pratte premier secrétaire-trésorier de la municipalité et maire de

 1864 à 1872.

 

1954     Rivard                                    Le tracé apparaît sur le plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b). Le plan

                                                      déposé

au moment de l'incorporation en 1964 (c) laisse clairement voir qu'il ne s'agit encore que d'un segment de rue et non du tracé actuel (1966) .

 

 

P.352

1954     Rivard                           Suivant le plan présenté par la firme Urbatique (d) dans le Programme détaillé de

(suite)                           rénovation, trois maisons étaient déjà en place en 1971.

Ouverte à la suite d'une décision du conseil datée du 1 er mars 1973.

 

1954     Bélanger                        Apparaît au plan de cadastre officiel révisé de 1954 (b); seule l'entrée de la rue est tracée à ce moment.

1955     Baril (boulevard)              Alias: « boulevard Lavergne

L'histoire du boulevard Baril commence en 1955 quand le ministère de la Voirie s'apprête à déplacer la « route 5 au sud du village de Princeville.

Au départ, le conseil préférerait plutôt que celle-ci continue de traverser le village ce qui, à son avis, favoriserait le commerce déjà établi, l'industrie touristique et la renommée de l'endroit. Le conseil avance, en outre, que la rue principale « est organisée pour répondre de façon adéquate à la circulation “. II faut comprendre qu'à ce moment

les limites sud de Princeville (entendre les limites à l'intérieur desquelles se retrouve l'essentiel de la population) ne dépassent guère la rue Gagnon. Aussi, en construisant la route en dehors de ces limites, on craint que la municipalité ne passe inaperçue. L'adoption d'un plan d'ensemble pour le cadastre de la partie sud de la municipalité, le 5 mai 1958, a certes étouffé une large part de ces craintes.

Quoi qu'il en soit, le tracé sud fut donc entériné. La construction débuta après que l'on eut déplacé, vers 1957, quelques bâtiments situés sur le parcours.

À l'origine (5 juin 1961), on donna à la nouvelle artère le nom de « boulevard Lavergne “ (Louis) en hommage à celui qui avait été maire de la municipalité à trois reprises entre 1875 et 1888 de même que député à la Chambre des communes et sénateur.

En 1963, le boulevard Lavergne devient le ^ boulevard Baril “, cette fois en l'honneur de Lionel Baril, le conseil considérant que ce dernier avait largement contribué

au développement de la ville. La résolution sur le changement de nom a été adoptée sur division.

À deux voies jusqu'au début des années 1980, le boulevard fut élargi à ce

 moment.

 

1958     Gaulin                           Au procès-verbal du 3 septembre 1958, on fait état d'une expropriation pour

                                                    l'ouverture d'une rue sans nom communément appelée « rue Gaulin ».

Nommée officiellement par règlement ( n° 208) le 5 juin 1961. Dès le début, les résidents ont demandé au conseil (1 er décembre 1958) de conserver à l'artère son caractère

de boulevard.

1960     Saint-Paul (place)            À la séance du 5 décembre 1960, on accepte les terrains nécessaires à l'assiette de la rue Saint-Paul que l'on décide de recouvrir de gravier par la même occasion.

 

P.353

1961       Garneau (place)                  Nom officiel donné par règlement ( n° 208) le 5 juin 1961 en l'honneur de P. U. Garneau, médecin et maire de Princeville de 1895 à 1898.

1961       Brassard (rue)                     Nommée officiellement par règlement ( n° 208) le 5 juin 1961. En souvenir du docteur Ph. Antoine Brassard qui pratiqua à Princeville de 1888 à 1948.

1962       Hébert                                    Rue projetée et désignée « rue Hébert » lors d'une réunion du conseil municipal le 22 mai 1962.

Nommée en l'honneur du notaire J.A. Hébert, maire de 1903 à 1906. La rue a officiellement été acquise de MM. Louis-David Paré et Raymond Pépin à la suite d'une résolution passée le 6 août 1962.

Prolongée en 1963.

Suivant le plan d'Urbatique (d) présenté dans le Programme détaillé de rénovation, six maisons étaient implantées en 1971.

1962    Lavergne                               Alias :     « rue Baril

Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 2 juin 1962.

Nommée officiellement le 18 décembre 1962 en l'honneur de l'abbé Édouard Baril. En 1963, quand le « boulevard Lavergne » devient le « boulevard Baril (en l'honneur de Lionel, cette fois), la « rue Baril prend le nom de « rue Lavergne ».

1962       Mailhot                                   Alias :     « rue Girouard dans sa partie débouchant sur la rue Saint-Jacques Ouest, entre la rue Lacoursière et la place Brossard. (PVM, ville, 18 décembre 1967)

Le 6 juin 1962, la Ville achète de Gaétan Mailhot l'emplacement « de sa rue » qui prévoit alors 117 terrains.

À l'origine, et à la suite d'une décision du conseil (18 décembre 1962), la partie nord/sud de la rue a été désignée sous le nom de « rue Mailhot » et le segment nord/est et sud/ouest, “ avenue Mailhot ».

Nommée en l'honneur de Charles-Édouard Mailhot, missionnaire de Princeville et historien des Bois-Francs.

Prolongée vers l'ouest à la suite de la décision municipale du 13 juin 1971.

1962       Poisson                                 Nommée officiellement le 18 décembre 1962 en l'honneur du docteur Urgel Médéric Poisson, premier médecin de Princeville.

  1962        Fréchette                               Première mention (numéro de cadastre) au PVM de septembre 1962.

 

P.354

1962       Fréchette                               Nommée officiellement le 18 décembre 1962 du nom du propriétaire de la terre, (suite)       M. Auguste Fréchette.

1964       Montclair                                Nommée officiellement à la séance du 3 décembre 1964.

Suivant le plan présenté dans le Programme détaillé de rénovation, une maison était implantée en 1971.

1964      Paré                                       Sur le plan déposé au moment de l'incorporation en 1964 (c), nous retrouvons un tracé partiel.

Rue projetée à la séance du conseil du 3 novembre 1966.

1966       Nadeau                                 Premier plan de subdivision accepté à la séance du 25 août 1966. Nommée officiellement le 5 octobre 1967.

La Société coopérative agricole avait demandé à ce que la nouvelle rue porte le nom de « rue de la Co-op “. Ce que le conseil a refusé sous prétexte que ledit nom était trop commercial.

Prolongée à la suite d'une décision à la séance du 17 mars 1981.

1967       Boisclair (place)                  Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 23 juin 1967 Nommée officiellement le 5 octobre 1967 Tracé prolongé en 1971.

1967       Saint-Onge                           Première mention (numéro de cadastre) au procès-verbal du 23 juin 1967. Nommée officiellement à la séance du 7 octobre 1980 en l'honneur de Yolande Saint-Onge, brigadière scolaire pendant plus de dix ans.

1967      Bernier                                   Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 23 juin 1967.

1969       Lacoursière                          Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 25 août 1969. Apparaît alors dans le prolongement de la rue Mailhot.

Nommée officiellement à la séance du 21 juin 1983.

1969       Bellevue                                Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 16 janvier 1969. Nom officiel le 2 juin 1969.

1971      Roux                                       Plan de cadastre accepté au conseil le 2 août 1971.

1971       Rénald                                   Plan de subdivision accepté à la séance du 3 mai 1971. Du nom du promoteur du secteur, M. Renald Jacques.

1972       Allard                                      Premières mentions (numéro de cadastre) repérées au PVM du 12 octobre 1972 et du 2 novembre 1972.

 

P.355

1972          Industriel (boulevard)         Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 1 er juin 1972.

1973          Beaudet                                 Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 5 juillet 1973.

1973          Lemieux                                Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 21 juin 1973.

La rue Lemieux a été achetée par la Ville de M. Fernand Lemieux à la suite d'une décision du conseil du 5 juin 1979.

1973          Morrissette                            Plan de subdivision accepté à la séance du 1 er mars 1973.

1973          Saint-Hilaire                         Plan de cadastre accepté à la séance du conseil du 6 septembre 1973.

1975       Saint-Pierre                          Rue projetée à la séance du 20 janvier 1975. Plan de cadastre accepté à la séance du 15 mars 1976.

1982          Frère-Rheault                       Première mention (numéro de cadastre) au PVM du 4 mai 1982.

Nommée en l'honneur du frère Donat (Jean-Baptiste Rheault), directeur jusqu'à la fin des années 1980 de l'école Sacré-Coeur.

1985   Gosselin                                   Le 3 septembre 1985, le conseil municipal adopte une résolution à l'effet d'acheter (1$) de MM. Réjean et Florian Gosselin une rue projetée que l'on nommera par la suite

« rue Gosselin “.

1987       Boulet                                    Nommée officiellement le 2 février 1987 (promoteur Jean-Luc Boulet). M. Boulet a également été largement impliqué dans l'annexion du lot 13C sur lequel se retrouve l'assiette de rue et l'agrandissement du parc industriel dans ce secteur.

1995       Noël                                       Plan de lotissement adopté le 19 novembre 1991.

Nommée officiellement du nom du promoteur dans le secteur, M. Fernand Noël, le 3 octobre 1994.

1997       Girouard                                Plan de lotissement adopté le 1 er mai 1995. Nommée officiellement le 3 mars 1997.

 

 

(a) La date indiquée représente la première manifestation que nous avons relevée au sujet de l'artère. Celle-ci peut coïncider avec la date d'ouverture, mais ce n'est pas toujours le cas.

(b) Plan du cadastre officiel révisé du village de Princeville, div, d'enregistrement d'Arthabaska, préparé conformément aux dispositions de la loi 21, Geo. V, chap. 104. Préparé le 2 juillet 1954; plan original déposé au ministère des Terres et Forêts le 25 janvier 1955.

Le plan de cadastre révisé relève des rues existantes et des rues projetées. Ainsi, un tracé peut apparaître en 1954 et ne se réaliser que plusieurs années plus tard. À titre d'exemple, la rue Rivard apparaît audit plan; toutefois elle ne sera officiellement ouverte qu'en 1973.

(c) Plan général de la ville de Princeville, Victoriaville, le 26 novembre 1963, A. Saint-Pierre & D. Saint-Pierre, arpenteurs-géomètres.

(d) Urbatique inc., Ville de Princeville, Programme détaillé de rénovation, octobre 1971, 267 pages. Lorsque nous faisons référence au “ plan d'Urbatique », nous pen­sons à celui que l'on retrouve à la page 3 du document.

NOTE : Nous rappelons que les abréviations “ PVM “ et “ PVS signifient, dans l'ordre, « procès-verbal municipal » et ^ procès-verbal du surintendant “.

 

P.357

Annexe C Les mutations du territoire municipal (cartes) : de 1807 à 1997

Érection du canton de Stanfold

Le territoire de Stanfold a été délimité une première fois en 1807 quand on érigea le canton du même nom. Les limites établies ont par la suite été reprises au moment d'ériger la pre­mière municipalité en 1845 (abolie deux ans plus tard), la paroisse canonique en 1848 et la municipalité du canton de Stanfold en 1855.

Jusque-là, l'intégrité du territoire sera sauvegardée. Après cette date, toutefois, celle-ci subira plusieurs altérations. Ainsi, entre 1855 (l'année d'érection civile) et 1995, les limites des­sinées à l'origine seront modifiées à dix reprises.

Dans tous les cas, le territoire original sera alors démembré à la faveur de Princeville (6 fois), de la municipalité de Sainte­Victoire d'Arthabaska, devenue depuis Victoriaville (2 fois), de Plessisville paroisse (1 fois) et de Saint-Rosaire (1 fois). On peut suivre l'évolution des limites territoriales municipales entre 1845 et 1997 en consultant la série de cartes ci-après.

Des cessions de territoire généralement bien acceptées Règle générale, le conseil de la Paroisse ne s'est pas opposé aux démembrements projetés. II faut dire que les dispositions du Code municipal de l'époque en matière d'annexion ne lui laissaient guère le choix. Ainsi, suivant ledit code, le lieu­tenant-gouverneur pouvait, sur simple demande déposée par la majorité des propriétaires des biens-fonds compris dans les limites du territoire visé, procéder à l'érection de municipalités, diviser celles-ci et les annexer, en tout ou en partie, à d'autres municipalités (C.M. 1916, art. 35).

La municipalité touchée par le démembrement n'en conser­vait pas moins le droit d'exprimer son désaccord, ce que ne fit qu'à une seule reprise la Paroisse, notamment au début des années 1980 dans le cadre de l'annexion par la Ville du lot 13C (voir chapitre « La vie économique »).

Projet de regroupement 1997

Au moment de compléter notre travail, les municipalités de Princeville et de Princeville paroisse évaluaient la possibilité de se regrouper.

Pour situer le contexte, et ce tant pour les lecteurs, lectrices d'aujourd'hui que pour ceux de demain, mentionnons que l'heure est actuellement aux regroupements. Les entreprises fusionnent de toutes parts, les coopératives se regroupent, les institutions tels les hôpitaux et les commissions scolaires sont forcées d'en faire autant. Bref, nous nageons en plein courant de regroupement.

Du côté municipal, bien qu'il y avait déjà un certain temps que le discours prévalait, la réforme du ministre libéral des Affaires municipales, Claude Ryan, au début des années 1990, est venue intensifier le courant. Un courant qu'a, du reste, con­tinué d'encourager son successeur péquiste, Rémy Trudel. Ainsi, en 1996, ce dernier déposait une carte provinciale visant à fondre les 416 municipalités de moins de 10 000 habitants en 179 municipalités. La publication d'une seconde carte, au début de 1997, viendra conforter la première. Princeville et Princeville paroisse n'y échappent pas et sont invitées à se regrouper.

 

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Partant d'ici qu'adviendra-t-il? II serait téméraire de faire une quelconque prédiction. Ce qu'on peut dire, toutefois, c'est que le ministre Trudel a donné à l'ensemble des municipalités visées un délai allant jusqu'au 1 Il janvier 1999 pour concrétiser leur regroupement. Après cette date, les récalcitrantes encour­ront des pénalités rattachées aux paiements de transfert, une si­tuation qualifiée d'« invivable “, entre autres, par les représentants de l'Union des municipalités régionales de comté du Québec (UMRCQ).

Changement de nom

Là-dessus, avant de passer aux cartes des mutations territo­riales, voyons de plus près les différentes dénominations qu'ont empruntées chacune de nos deux municipalités de même que l'acte d'incorporation de Princeville.

« Ville de Princeville » et « Municipalité de paroisse de Princeville ne sont pas les noms d'origine de ces territoires. Dans chacun des cas, celui-ci a été modifié à une reprise. D'abord, lorsque le 1 "juillet 1855 l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada érige la première municipalité, on voit apparaître le nom de “ Municipalité de Saint-Eusèbe-de­Stanfold », soit le nom de la paroisse canonique sur laquelle ses limites territoriales sont fondées.

Étonnamment cependant, cette désignation aura du mal à s'imposer. Plus souvent qu'autrement, en effet, la municipalité sera désignée sous le nom de « municipalité du Township de Stanfold » ou, encore, sous celui de « municipalité du canton de Stanfold ». Cette situation va persister jusqu'à la fin des années 1950. Nous ne sommes pas arrivé à repérer la source de cette confusion. Ce qu'on peut dire est que la municipalité érigée par la loi de 1845, soit dix ans auparavant et qui a été abolie par la loi de 1847, avait pour désignation municipa­lité de Canton de Stanfold “. L'habitude a-t-elle été prise dès lors? C'est possible.

Quoi qu'il en soit, on reconnaîtra formellement cette erreur en juin 1956 après lecture au conseil d'une lettre du sous-ministre

aux Affaires municipales, M. Louis Doucet. Dans les semaines qui suivirent (16 août 1956), le conseil adoptera donc une réso­lution pour changer le nom de la municipalité :

Considérant que depuis nombre d'années et cela sans que personne ne le sache, cette municipalité a été connue sous le nom de « municipalité du Canton de Stanfold » et que cette municipalité veut avoir un nom canadien-français et sans compter les erreurs occasionnées par ce nom de Stanfold dont plusieurs ne savaient pas où se trouvait cette paroisse [...] en conséquence il est résolu [...] que le nom de la muni­cipalité de Saint-Eusèbe-de-Stanfold [soit changé] en celui de « municipalité de la paroisse de Princeville ».

Sauf que cette résolution demeura lettre morte. De plus, la confusion de nom continuera de se maintenir. En fait, il faut attendre le début des années 1960 avant que l'intitulé des procès-verbaux de la municipalité porte la mention : « Province de Québec, municipalité de Saint-Eusèbe-de-Stanfold au lieu de « municipalité du Canton de Stanfold “.

Quant au changement de nom, celui-ci intervient finalement en 1969 (G.O., 16 août 1969, 101e année, no 33, p. 4416) alors que le territoire municipal prend la désignation « municipalité de la paroisse de Princeville “. Essentiellement, les raisons invoquées à ce moment reprennent les arguments de 1956.

II y aura bien, en 1987, un nouveau projet mis à l'étude visant à éliminer la confusion entre les désignations Princeville et Princeville paroisse. Le processus sera toutefois suspendu en avril 1988, la population ne souhaitant pas ce changement.

Pour ce qui est de Princeville, si on ne peut parler de véritable changement, il nous faut tout de même tenir compte de l'in­corporation de 1964 qui a fait passer l'intitulé « Village de Princeville » à « Ville de Princeville “.

 

L'incorporation de Princeville

 

Très tôt dans l'histoire du village, les élus ont souhaité que le

 

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territoire soit incorporé. À la séance du 26 janvier 1922, par exemple, une résolution, demeurée sans suite, était adoptée pour que des démarches d'incorporation soient entreprises. Une seconde tentative (7 mai 1956) a subi le même sort.

À l'automne de 1963, les choses se passeront autrement. Cette fois, le conseil est bien déterminé. Les dispositions du Code municipal, qui régit les municipalités de campagne et les villages, ne conviennent plus à la municipalité dont les préoc­cupations sont désormais celles d'une ville avec, entre autres, son développement industriel et commercial. Québec accède à sa demande et le 29 août 1964, après parution dans La Gazette officielle, Princeville prend le statut de ville.

Quelques précisions sur les cartes qui suivent

L'unique objectif des cartes ci-contre est de donner un aperçu

des transformations qu'a subies le territoire municipal depuis l'érection du canton et de la première municipalité.

Les premières cartes représentent les limites du canton jusqu'en 1963 c'est-à-dire jusqu'à ce que Princeville entre­prenne une série d'annexions. À ce moment, pour bien comprendre ce qui se passe, la carte des limites du village se substitue à celle du canton. Du coup, c'est Princeville que l'on voit s'étendre. Enfin, la dernière carte revient avec les limites du canton de Stanfold en 1997 et l'espace qu'y prend Princeville.

En terminant, précisons que l'ensemble desdites cartes est tiré de cartes récentes. À ce titre, elles comportent donc des rues ou des rangs qui ne figuraient pas nécessairement à l'époque.

 

Note au lecteur

Les cartes qui suivent, bien que passablement fidèles, ne sont pas à l'échelle. Elles sont fournies à titre indicatif pour visualiser l'essentiel des transformations du territoire au fil des ans. Pour plus d'exactitude, il est nécessaire de se référer au bureau de la municipalité concernée.

 

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Carte 1 - 1807

Érection du canton de Stanfold (8 juillet 1807)

En 1796, afin de favoriser le peuplement du territoire, l'Angleterre commence à diviser le comté de Buckinghamshire, une partie du territoire québécois que l'on retrouve, grosso modo, entre la frontière américaine et le fleuve et entre la rivière Chaudière et la rivière Richelieu (pour une description plus précise voir chapitre De la découverte de l Amérique jusqu'à Stanfold. L'opération d'ar­pentage dura quelques années à la suite desquelles 93 cantons furent tracés et désignés sous l'appellation « Cantons de l'Est “. Le canton de Stanfold, érigé en 1807, est de ceux-là. En voici les limites qui, soit dit en passant, contiennent, en 1996, une par­tie des limites de Victoriaville, Saint-Rosaire, Plessisville paroisse et Notre-Dame-de-Lourdes.

À l'ouest : la route de la Grande Ligne (route 162), de la rivière Bécancour au réservoir Beaudet à Victoriaville. Au sud : du réser­voir Beaudet en ligne droite jusqu'à l'intersection du 12e rang Est de Princeville et du 2e rang de Sainte-Sophie. II s'agit du pro­longement imaginaire du rang de la Pointe Beaudet et de la rue du Filtre en partant du réservoir Beaudet, à Victoriaville, jusqu'au 2e rang de Sainte-Sophie. À l'est : de l'intersection du « 12`' rang Est de Princeville et du 2e rang de Sainte-Sophie » jusqu'à la ri­vière Bécancour, en suivant une trajectoire parallèle à la route 162. Au nord : le tracé de la rivière Bécancour, rive sud, entre un point situé à l'est de Notre-Dame-de-Lourdes et la route 162.

 

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1845

 

Érection... de la municipalité du canton de Stanfold (18 juin 1845, 8 Vict., chap. 40). Le territoire reprend les limites du canton.

 

La municipalité du Canton de Stanfold est érigée à la suite de l'adoption de l'Acte pour abroger certaines ordonnances et pour faire de meilleures dispositions pour l'établissement d'autorités locales et municipales dans le Bas-Canada. (Cette loi faisait suite à la tentative de municipalisation du Québec de 1840.) Plus de 300 municipalités sont érigées à ce moment. Les limites de chacune s'appuient sur les fondements territoriaux que représentent les limites des paroisses canoniques et celles des cantons. Puisqu'à cette date seul le canton est érigé, la nouvelle municipalité, la « municipalité du canton de Stanfold », en prend donc le nom et les limites.

1847

Abolition... de la municipalité du canton de Stanfold. La loi de 1845 est abrogée le 1er septembre 1847 Du coup disparaissent les municipalités qu'elle avait créées.

1855

Érection... de la Municipalité de la paroisse Saint-Eusèbe de Stanfold (1 er juillet 1855). La municipalité est érigée à la suite de l'adop­tion de l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada.

Si la loi de 1840 et, en particulier, celle de 1845 font figure de « fausses-couches “, l'acte de 1855 est le certificat de naissance du régime municipal actuel. Un total de 434 municipalités sont alors érigées d'un seul coup, dont la municipalité de paroisse de Saint-Eusèbe-de-Stanfold '. Cette fois encore la loi établit, selon le cas, les assises territoriales sur les limites des paroisses religieuses, des cantons et des comtés électoraux.

La paroisse Saint-Eusèbe-de-Stanfold étant érigée depuis 1848, la nouvelle municipalité en prend donc le nom et les limites qui sont toujours celles du canton de Stanfold. Partant de là, la chose signifie qu'à ce moment, la municipalité s'étendait, entre autres, jusqu'au réservoir Beaudet, à Victoriaville, ce qui n'est pas peu de chose.

1 Le 19 avril de la même année (1855), la paroisse était érigée civilement après l'avoir été canoniquement en 1848.

 

 

 

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Carte 2 - 1857 Érection du village

Démembrement... à la faveur de l'érection du village de Princeville (1 Il janvier 1857) (18 Vict., chap. 100).   On érige le village de Princeville en détachant du territoire de la municipalité de Saint-Eusèbe-de-Stanfold les lots 11, 12 et 13 du rang. Le territoire visé est borné :

Au nord :             par la rue Demers (non incluse).     Au sud : par le boulevard Carignan (inclus selon l'Acte d'incorporation de la Ville de 1964 qui n'avait été précédé par aucune annexion touchant le secteur). À l'ouest : par le prolongement imaginaire de la rue Beaudet jusqu'au prolongement imaginaire de la rue Demers. À l'est: par une ligne parallèle à la limite ouest qu'on aurait tracée à partir de l'intersection « boul. Carignan/Saint-Jean-Baptiste » jusqu'à la rue Demers. (Pour plus de précisions, voir plus loin, la carte de Princeville avant 1963.)

 

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Carte 3 - 1890 Démembrement

Démembrement... à la faveur de l'érection de la municipalité de Sainte-Victoire d'Arthabaska (2 avril 1890) (53 Vict., chap. 78). Les lots 16 (1/4) et 26 du rang 12 sont détachés pour contribuer à l'érection de Sainte-Victoire d'Arthabaska.

Essentiellement, il s'agit, à peu de chose près, d'un parallélogramme délimité au sud par la rue du Filtre, au nord par la rue Angers et son prolongement imaginaire, à l'ouest par la Grande Ligne et à l'est par une ligne tracée à la hauteur du numéro civique 430, sur la route 116.

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Carte 4 - 1895 Démembrement

Démembrement... à la faveur de Somerset-Sud (12 janvier 1895) (58 Vict., chap. 11). On ampute les lots 1 à 12 des rangs 1, 2 et 3, les lots 1 à 10 des rangs 4 et 5, les lots 1 à 4 du rang 6 et les lots 1 et 2 du rang 7.

C'est le plus important démembrement en termes de superficie. Celui-ci touche tout le coin nord-est entre le sud du 6° rang Ouest de Plessisville paroisse et la rivière Bécancour.

 

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Carte 5 - 1896 Démembrement

Démembrement... à la faveur de l'érection de la municipalité de Saint-Rosaire (23 mai 1896) (G.O., vol. 28, p. 1396)

On ampute les lots 24 à 26 du rang 3, les lots 23 à 26 du rang 4, les lots 22 à 26 du rang 5, les lots 22 à 26 du rang 6, les lots 24 à 26 du rang 7, les lots 25 et 26 du rang 8 et le lot 26 du rang 9.

Soit une partie du territoire longeant la Grande Ligne (route 162).

 

 

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Carte 6 - 1901 Démembrement

Démembrement... à la faveur de la municipalité de Sainte-Victoire d'Arthabaska (2 juillet 1901) (G.O., vol. 33, p. 1576) Les lots 24 (1/4) à 26 du rang 10 et les lots 24 à 26 du rang 11 sont amputés.

Soit un territoire longeant la Grande Ligne en partant au nord du rang Desharnais jusqu'à la hauteur de la rue Angers dans les limites de Victoriaville.

 

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Carte 7 - Princeville avant 1963'

 

La présente carte illustre les limites du territoire de Princeville au moment de son érection en 1857. On remarquera qu'aucun se­gment de la rue Demers n'en fait encore partie. Par contre, le boulevard Carignan est inclus.

" Les rues apparaissant sur cette carte sont celles que l'on retrouve en 1997 et non celles de 1963 dont le nombre a augmenté.

 

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Carte 8 - Annexion de 1963

(1 Il janvier 1963) (Décret n° 2106,12 décembre 1962)

On ampute à la municipalité de paroisse un segment de la rue Demers et un territoire montant vers le nord, à peu de chose près, jusqu'à la hauteur du 391, rue Saint-Jean-Baptiste Nord.

 

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Carte 9 - Annexion de 1972

 

(23 septembre 1972) (G.O., vol. 104, no 38, p. 8752). Deux territoires sont amputés de la municipalité de la paroisse de Princeville :

Le premier prolonge le territoire annexé par Princeville en 1963 (au nord de la rue Demers) jusqu'aux environs du numéro 420 de la route 265, dépassé l'ancienne plage municipale.

Le second territoire est au sud de Princeville dans le parc industriel actuel.

 

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Carte 10 - Annexion de 1973

 

(29 décembre 1973) (G.O., vol. 105, no 52, p.7674)

On ampute à la municipalité de paroisse un territoire situé au sud du boulevard Baril entre le boulevard Carignan et un peu plus loin que la rue Noël.

 

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Carte 11 - Annexion de 1986

(19 juillet 1986) (G.O., vol. 118, n° 29, p. 3590). Le lot 13C est amputé à la municipalité de paroisse. Celui-ci est borné par le boule­vard Carignan, le boulevard industriel et la rue Boulet.

 

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Carte 12 - Annexion de 1995

 

(G.O., 4 mars 1995, page 287). On ampute à la municipalité de paroisse un territoire circonscrit par la rue Saint-Jacques Ouest (limites nord et ouest), la rue Beaudet et le boulevard Carignan.

 

 



Mise à jour le 26 aout 2016